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20 avril 2026Analyse : L’équipe de rédaction a sélectionné les éléments clés à retenir.
Notre équipe met en lumière les éléments clés de « En Afrique du Sud, visite du site du futur plus grand télescope au monde ».
Ce qu’il est utile de savoir
Dans le désert du Karoo, en Afrique du Sud, un télescope d’une ampleur inédite est en cours de construction. Il permettra, par exemple, d’observer les signaux des toutes premières étoiles et galaxies qui se sont formées après le Big Bang il y a plus de 13 milliards d’années ! Ce projet fou est porté par l’observatoire intergouvernemental SKAO qui siège au Royaume-Uni et dont la France va devenir le 14e membre cette année. Emmanuel Macron a ratifié la loi d’adhésion à l’observatoire en janvier dernier et les instruments d’accession doivent être réceptionnés d’un moment à l’autre par le Royaume-Uni, aux côtés notamment des Allemands, des Chinois, des Indiens ou encore des Canadiens.
Visite sur ce site isolé de tout et ultra-sécurisé.
Dans le Karoo, un chantier hors normes au cœur du désert
C’est comme poser le pied sur une autre planète. Le désert du Karoo est une immensité de roche noire et marron. Et puis on aperçoit un champ d’antennes paraboliques blanches, les premières d’une longue série qui composeront le télescope SKA-Mid. L’une d’elles est en cours d’installation.
Tracy Cheetham est la directrice de la construction du site : “C’est la onzième antenne que l’on monte sur les 64 que l’on est en train de construire !” “On commence par le socle, ensuite c’est comme faire un puzzle.”
On pose le piédestal et on y ajoute la parabole : 56 tonnes d’acier et d’électronique pour 20 mètres de hauteur. Il faudra encore plusieurs mois de tests avant que l’antenne soit mise en service. D’autant qu’il se greffe à un télescope déjà en fonction !
Tracy Cheetham : “Le télescope radio MeerKAT est déjà en service pour la science. C’est un télescope tellement sensible qu’il capte toutes les fréquences que l’on émet.”
Les fréquences radio de tous nos engins électroniques qui brouillent celles émises par l’univers et mettent en péril l’observation scientifique… Alors, les téléphones sont interdits à des kilomètres à la ronde, et les travaux ne peuvent s’effectuer que dans de courts laps de temps, rendant le chantier d’autant plus complexe.
Dans le Karoo, un chantier hors normes au cœur du désert
Mais le jeu en vaut la chandelle, nous explique Lindsay Magnus, le directeur du télescope SKA-Mid : “On veut voir comment l’univers s’est formé, et comment il évolue ! Alors on construit un télescope radio d’une taille et d’une précision jamais vues auparavant. Plus on installe d’antennes, meilleures seront les images qu’on aura. Et plus on écarte les antennes les unes des autres, plus on distingue le moindre détail. C’est comme l’objectif d’une caméra : plus l’objectif est gros, plus on voit chaque détail à l’image.”
L’objectif de l’observatoire international SKAO, qui pilote ce télescope, est d’atteindre près de 150 antennes d’ici 2032. Mais attention, SKA-Mid n’est pas un télescope comme on l’imagine. Toutes ces antennes vont capter des données qui formeront une seule et même image du ciel une fois assemblées.
Chiara Ferrari est astronome et directrice de SKA-France : “C’est comme si on entrait dans une salle et on allumait la lumière et immédiatement on pouvait voir tout”. “SKA-Mid va permettre beaucoup d’études cosmologiques, l’étude de la formation d’étoiles dans les galaxies, l’étude des grandes structures de l’univers comme les superamas de galaxies qui contiennent des centaines de milliers de galaxies.”
Un projet scientifique mondial aux retombées bien concrètes
Mais alors que la France s’apprête à devenir officiellement le 14e Etat-membre de l’observatoire, à quoi cela sert-il ? Pourquoi mène-t-on des recherches aussi vertigineuses ?
L’astronome Chiara Ferrari explique : “Pour la connaissance. Pourquoi écrit-on des livres ? Pourquoi réalise-t-on des œuvres d’art ? C’est l’esprit humain. Et en particulier dans le cas de l’astronomie, c’est l’exploration qui est au coeur de notre être humain. C’est la première réponse et doit rester la première réponse.”
Ce n’est pas suffisant pour les gouvernements, reconnaît le Directeur Général de SKAO, Phil Diamond : “Ils peuvent être intéressés par la science mais ils veulent aussi voir les bénéfices tangibles de l’argent venant des contribuables français par exemple. Les technologies que l’on développe pour un projet comme le nôtre profitent ensuite à la société. Les astronomes australiens ont inventé le wifi, c’est grâce à la radioastronomie permet aux GPS de fonctionner, l’imagerie médicale s’est développée grâce aux technologies des radio télescopes. C’est ça qui intéresse les gouvernements.”
Mais c’est avant tout un projet dont rêvent les astronomes depuis quarante ans, rappelle Chiara Ferrari : “On sait bien sûr qu’il y aura plein de découvertes mais j’espère qu’on découvrira quelque chose qu’on n’attend absolument pas.”
Si le télescope sud-africain doit permettre d’observer les plus anciennes structures cosmiques. SKAO développe aussi un autre télescope géant en Australie qui, lui, s’intéresse à ce qu’il y avait avant même les premières étoiles et galaxies juste après le Big Bang, il y a plus de treize milliards d’années.
Source : www.radiofrance.fr
Conclusion : Cette information sera mise à jour dès que de nouveaux éléments apparaîtront.

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