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20 avril 2026On vous explique pourquoi le gouvernement réunit un comité d’alerte des finances publiques mardi à Bercy – franceinfo
Analyse : L'équipe examine les points essentiels pour vous informer rapidement.
Voici l'avis général de nos rédacteurs sur « On vous explique pourquoi le gouvernement réunit un comité d’alerte des finances publiques mardi à Bercy – franceinfo ».
Ce qu’il faut observer
Alors que la guerre au Moyen-Orient a contraint le gouvernement à revoir ses prévisions de croissance et à prendre des mesures pour soutenir l’économie, Bercy réaffirme à la veille de la réunion que « toute nouvelle dépense devra être compensée ».
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Les répercussions de la guerre au Moyen-Orient sur l’économie française seront au cœur d’un rendez-vous crucial mardi 21 avril. Le gouvernement doit réunir dans la matinée un nouveau comité d’alerte des finances publiques. Cette instance a vu le jour en 2025, après plusieurs années d’absence de maîtrise du déficit public, et alors que la France fait l’objet depuis juillet 2024 d’une procédure européenne pour déficit excessif. Il est prévu qu’elle se rassemble trois fois par an et se réunisse à Bercy, autour des ministres concernés, des parlementaires, mais aussi des syndicats ou encore des représentants de la Sécurité sociale. La liste complète des participants invités mardi n’a cependant pas été communiquée par Bercy.
La réunion de mardi doit permettre « d’éclairer les décisions à prendre », s’il y a « d’éventuelles mesures de gestion » qu’il faudrait mettre en place « en cours d’année », a expliqué Bercy. Mais ce comité pourrait bien être l’occasion de décider d’économies à réaliser dès à présent. Les Echos ont affirmé samedi 18 avril qu’il fallait s’attendre à l’annonce d’un coup de rabot d’« environ 4 milliards d’euros » pour tenir les objectifs de déficit. Et Le Monde a avancé, lundi 20 avril, un montant plus important encore de 6 milliards d’euros de gels de dépenses. Contacté par franceinfo, le cabinet de David Amiel, ministre des Comptes publics, n’a ni confirmé ni infirmé ces chiffrages.
L’année 2025 s’était pourtant terminée sur une note positive : les prévisions anticipaient un déficit public à 5,4%, mais il s’est réduit plus vite que prévu en s’établissant à 5,1%, d’après les données de l’Insee. L’irruption de la guerre au Moyen-Orient, déclenchée par Israël et les Etats-Unis en Iran le 28 février, qui perturbe le secteur de l’énergie et l’économie tout entière, a changé la donne.
La semaine passée, le ministère de l’Economie a été contraint d’abaisser sa prévision de croissance à 0,9% pour l’année 2026, contre 1% auparavant. Le tout en maintenant sa trajectoire budgétaire de déficit public à 5%. Fin mars, la Banque de France avait déjà revu à la baisse ses prévisions de croissance pour 2026 et 2027, en raison de la flambée des prix de l’énergie et de la détérioration du contexte géopolitique. Le gouvernement a aussi relevé sa prévision d’inflation à 1,9% pour 2026, contre 1,3% auparavant.
« Nous le disons depuis le début de la guerre : celle-ci aura un répercussion sur l’économie, comme c’est le cas pour chaque crise », martelait le ministre des Comptes publics la semaine passée. L’impact de la guerre se fait sentir « sur l’activité et donc sur les autres recettes fiscales », mais aussi à travers les « surcoûts liés à l’engagement [des] forces [armées]« , expliquait David Amiel devant le Sénat.
Selon une communication de Bercy datée de début avril, la prévision chiffrée des répercussions de cette crise sur les finances publiques devrait être dévoilée à l’occasion de ce comité – attendu de pied ferme par les parlementaires. D’après les chiffres du ministère, l’impact de la crise sur la charge de la dette représente 300 millions d’euros par mois. Soit 3,6 milliards d’euros pour 2026.
« Les taux des obligations à 10 ans (…) ont nettement augmenté depuis le début de la crise », explique ainsi Bercy. En d’autres termes, les intérêts que l’Etat doit verser à ses créanciers sont alourdis en raison de la guerre, et cela se combine avec une inflation revue à la hausse.
« [Le comité d’alerte] nous permettra de faire toute la transparence sur les remontées dont nous disposerons à ce stade. »
David Amiel, ministre des Comptes publicsdevant le Sénat, le 8 avril
A cela s’ajoute – de manière plus marginale – le coût des mesures de soutien aux différents acteurs économiques touchés de plein fouet, qui s’élève à 130 millions d’euros en avril, selon les calculs de Bercy. Le gouvernement a notamment consenti à des aides ciblées pour les transporteurs, les agriculteurs et les pêcheurs. Il a aussi décidé d’une salve de mesures pour le mois de mai, dont la mise en circulation de chèque énergie pour 70 000 foyers supplémentaires.
Or, « toute nouvelle dépense devra être compensée », insiste l’entourage du ministre auprès de franceinfo. « Toute dépense publique nouvelle qui pourrait être rendue nécessaire par la crise » peut entraîner « une annulation d’une dépense qui était prévue, à l’euro près », avait déjà mis en garde David Amiel fin mars.
Parmi l’arsenal de moyens réglementaires à sa disposition, le gouvernement a la possibilité d’annuler des crédits, initialement prévus dans la loi de finances de 2026, au lieu d’utiliser la procédure – plus complexe – de la loi de finances rectificative. Cette approche est possible tant que le montant des crédits annulés ne dépasse pas 1,5% du total. C’est ce qui s’est passé en 2025. Dès le mois d’avril, le gouvernement avait acté par décret des annulations de crédits à hauteur de 3,1 milliards pour différents domaines (écologie, recherche, agriculture…).
Concernant les secteurs qui pourraient être concernés par les prochains coups de rabots, le ministre de l’Economie Roland Lescure botte en touche dans Le Parisien : « Il est encore trop tôt pour rentrer dans le détail. Il nous faudra composer avec certaines priorités, comme la souveraineté militaire, évidemment, mais également énergétique et numérique, notre capacité à développer des entreprises industrielles qui nous permettent de créer de l’emploi, ou l’éducation. »
L’éventualité d’une nouvelle baisse des dépenses fait déjà grincer des dents. « Depuis deux ans, on annonce des annulations de crédit considérables quelques mois après le vote du budget, sans passer par la case loi de finances rectificative », déplore ainsi auprès de franceinfo le député insoumis Eric Coquerel, président de la commission des finances de l’Assemblée, qui sera présent lors du comité d’alerte mardi matin.
Source : www.franceinfo.fr
Conclusion : Quelques points à garder à l'esprit selon notre rédaction.

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