
Comme à Gaza, Israël cherche à imposer une “ligne jaune” dans le sud du Liban
21 avril 2026
Thomas Portes (LFI) dénonce le manque de mixité dans le rugby
21 avril 2026Des narcos aux guérillas, des territoires hors de contrôle : épisode du podcast Colombie, bilan d’une ambition de gauche
Analyse : Cette information a été analysée pour vous fournir un résumé clair.
Notre rédaction partage quelques remarques sur « Des narcos aux guérillas, des territoires hors de contrôle : épisode du podcast Colombie, bilan d’une ambition de gauche ».
Les points essentiels à retenir
Il y a un an, en mars 2025, dans la région du Catatumbo, dans le nord-est du pays, à la frontière avec le Venezuela, plus de 50 000 personnes ont été déplacées de force, fuyant la recrudescence des violences entre groupes armés. Dans ce territoire où opèrent à la fois des dissidences armées et des groupes criminels, et où la culture de la coca explose, l’État peine à imposer son autorité, voire même à accéder au territoire.
Le Catatumbo n’est pas la seule région où la population se retrouve prise en étau entre mafieux, guérilleros et répression militaire. Les attaques font également rage dans le Cauca, région occidentale où différents gangs se disputent l’accès au Pacifique. Dans le sud-ouest du pays, les attentats à l’explosif et les embuscades faisant des victimes parmi les militaires et les civils sont aussi de plus en plus fréquents.
Certains attendaient beaucoup du projet de “paix totale” décrété par Gustavo Petro au début de son mandat en 2022. Le président avait accepté d’engager des négociations avec tous les groupes armés du pays – qu’ils soient politiques ou mafieux – en décrétant des cessez-le-feu, qui n’ont cessé d’être violés par ces groupes. Près de quatre ans plus tard, aucune de ces tractations n’a abouti à des résultats concrets.
Face à ces échecs répétés, Gustavo Petro a opéré un tournant début 2025. Le président colombien a choisi de durcir sa politique de sécurité en nommant un ancien militaire, Pedro Arnulfo Sánchez, à la tête du ministère de la défense. À partir du mois d’août 2025, il a également relancé les opérations militaires contre les économies illégales, en menant des frappes aériennes controversées dans les zones de culture de coca, notamment au Catatumbo et dans le Guaviare, au sud-est du pays.
Certaines d’entre elles ont provoqué la mort d’une dizaine de mineurs, relançant le débat sur les méthodes employées par l’armée et sur le respect du droit international humanitaire, au point que les Nations unies ont publiquement exprimé leur préoccupation en novembre 2025, pointant les risques d’escalade et les conséquences pour les populations civiles déjà fragilisées. Plongée dans une guerre civile qui oppose depuis un demi-siècle les guérillas, les narcotrafiquants et les forces gouvernementales, la Colombie traverse aujourd’hui sa pire crise sécuritaire depuis dix ans selon l’AFP.
Sur la scène politique, la violence fait aussi rage. Le 7 juin 2025, Miguel Uribe Turbay, sénateur et pré-candidat à l’élection présidentielle colombienne de mai 2026 est abattu, tandis que le député conservateur Julio César Triana est lui aussi ciblé par une tentative d’assassinat. En avril 2026, à quelques semaines de l’élection présidentielle, Paloma Valencia, candidate du principal parti d’opposition de la droite à la présidentielle déclare avoir reçu des menaces de mort, et elle ne serait pas la seule puisque Iván Cepeda, le candidat de gauche à la succession de Gustavo Petro, aurait lui aussi été inquiété. Au moins 74 candidats à des élections ont été assassinés en Colombie depuis les accords de paix en 2016 selon l’organisme indépendant Indepaz, de quoi raviver le souvenir des années 1980 et 1990, où cinq candidats à la présidence colombienne avaient été assassinés.
Quel bilan tirer de la politique de Petro en matière de construction de la paix ? La priorité donnée à la négociation a-t-elle affaibli la politique de sécurité en Colombie ? Comment la fragmentation et la criminalisation des groupes armés redéfinissent-elles la nature du conflit colombien ? À ce titre, la violence en Colombie est-elle encore politique ou principalement criminelle ?
Julie Gacon s’entretient avec Frédéric Massé, spécialiste de la Colombie, codirecteur de Red CORAL, le site d’observation du crime organisé en Colombie, et Sophie Daviaud, enseignante-chercheuse à Sciences Po Aix, spécialiste de la Colombie et des enjeux de sortie de la violence.
Focus – Violences contre les défenseur.es de l’environnement : les victimes du fleuve Magdalena
Avec Flora Lecomte, doctorante en géographie au Centre de recherche pluridisciplinaire spécialisé sur l’étude des sociétés latinoaméricaines (CREDA), spécialiste des questions politiques et environnementales.
Depuis plusieurs années, la Colombie détient le triste record d’assassinats d’activistes pour le climat, selon les rapports annuels de Global Witness, faisant du pays l’un des plus dangereux au monde pour les défenseurs du droit de l’environnement. En 2024, 48 défenseurs ont été tués en Colombie – soit près d’un tiers du total mondial –, le Cauca et la Vallée du Cauca figurant parmi les régions les plus meurtrières. Dans les régions où coule le fleuve Magdalena, qui traverse tout le pays du sud au nord entre les cordillères centrale et orientale des Andes colombiennes, les barrages hydrauliques et les exploitations minières qui viennent pomper l’eau du fleuve se multiplient. Lorsqu’elles se défendent contre ces activités extractivistes, les populations, le plus souvent indigènes, qui vivent notamment de pêche artisanale, sont régulièrement menacées de mort.
Pour aller plus loin
- Flora Lecomte, Magdalena. Femmes du Fleuve, IHEAL, 2024.
Références sonores
Référence musicale
Source : www.radiofrance.fr
Conclusion : Notre équipe continuera à suivre l'évolution de cette actualité.

9999999