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21 avril 2026Safran : En raison des risques posés par la guerre au Moyen-Orient sur ses activités d’après-vente, Jefferies ne conseille plus d’acheter l’action Safran, qui chute de 4,8%
Analyse : Voici les faits principaux observés par nos rédacteurs.
Selon notre équipe, l'article intitulé « Safran : En raison des risques posés par la guerre au Moyen-Orient sur ses activités d’après-vente, Jefferies ne conseille plus d’acheter l’action Safran, qui chute de 4,8% » mérite un regard attentif.
Points essentiels
(BFM Bourse) – La banque a révisé son opinion sur l’équipementier et motoriste aérien car la guerre contre l’Iran risque de se traduire par un moindre dynamisme de ses activités d’après-vente. Ce alors que la valorisation du groupe lui semble « juste ».
Safran est à la peine en Bourse ce mardi 21 avril. Le motoriste et équipementier aéronautique abandonne 4,8% en début d’après-midi, ce mardi 21 avril, accusant le plus fort repli du CAC 40.
La société dirigée par Olivier Andriès pâtit d’un abaissement de recommandation de la part de Jefferies qui est passée d' »acheter » à « conserver » sur le titre, tout en ajustant son objectif de cours à 310 euros contre 350 précédemment.
Pour justifier sa décision, Jefferies invoque les répercussions sur le groupe liées au conflit au Moyen-Orient et plus exactement sur ses juteuses activités d’après-vente (« aftermarket »), qui rassemblent la révision, les réparations, la maintenance et les ventes de pièces détachées.
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Safran assis sur des perspectives florissantes
Rappelons que la trajectoire boursière de Safran reste étroitement liée à celle du trafic aérien.
Plus ce trafic est élevé, plus les cycles de vols des avions sont importants et plus les compagnies aériennes et les loueurs doivent amener leurs appareils dans les ateliers pour avoir recours aux services d’après-vente de la société aéronautique.
Safran ne communique par les marges de ces métiers, mais il est communément admis que l’entreprise tire le gros de sa rentabilité de ces services dans la propulsion aéronautique.
Pour donner un ordre d’idée, l’an passé, la marge opérationnelle ajustée de Safran dans sa division « propulsion » dans sa globalité a atteint 23%. En comparaison, Airbus affiche une rentabilité plus de deux fois moindre dans sa division d’aéronautique civile (10,3% de marge opérationnelle ajustée).
Par ailleurs, ces activités « d’aftermarket » bénéficient d’une forte croissance, les « services pour moteurs civils » ayant dégagé une progression des revenus de 30% l’an passé.
Ces résultats fort enviables s’expliquent par le positionnement de marché de Safran. Le groupe est, sur ce point, porté par CFM International, sa coentreprise avec l’américain GE Aerospace. CFM produit le CFM56, le moteur le plus vendu au monde, et le LEAP, qui équipe les monocouloirs de nouvelle génération d’Airbus (A320neo) et Boeing (737 Max).
La position de marché dominante de cette société dans les monocouloirs offre un gisement de croissance robuste pour les activités d’après-ventes. Selon des données communiquées fin 2024 par Safran, 23.000 moteurs CFM56-5B-7B étaient en service. Et 70% n’avaient effectué aucune visite en atelier.
Des craintes du côté des compagnies aériennes
Mais une chute du trafic aérien est évidemment susceptible de perturber cette mécanique bien huilée.
Or, le conflit en Iran a évidemment provoqué une baisse du trafic aérien, plusieurs compagnies du Golfe suspendant ou réduisant leurs opérations.
De plus, la hausse des cours du pétrole entraîne de facto un renchérissement des coûts du kérosène et donc de la facture carburant des compagnies aériennes, clientes de Safran.
Ce mardi, Pascal Bouchiat, le directeur général finances et systèmes d’information de Thales, l’a encore expliqué aux analystes. Le dirigeant a indiqué que plusieurs compagnies aériennes avaient décidé de stopper des vols qui n’étaient plus rentables en raison de la hausse des prix du kérosène.
Dans une moindre mesure que Safran, Thales est exposé à la chute des activités d’après-vente, via son activité d’avionique (les équipements électroniques embarqués dans le cockpit) dans l’aéronautique civil.
Pascal Bouchiat a expliqué que l’activité de Thales au premier trimestre n’avait pas été affectée par ces tendances en raison d’effets de latence. Mais « nous devrions voir des impacts dès le deuxième trimestre », a ajouté le dirigeant.
Moins de ventes de pièces détachées?
Pour revenir à Safran, Jefferies explique dans sa note que le premier trimestre de la société n’a, comme Thales, probablement pas été perturbé par la guerre au Moyen-Orient.
« Les résultats du premier trimestre devraient être solides pour les acteurs du marché des services d’après-vente, qui ne sont pas encore affectés par la hausse des prix du carburant liée au conflit au Moyen-Orient », écrit Jefferies.
Néanmoins, « nous prévoyons que cette situation deviendra plus marquante d’ici le troisième trimestre, en supposant que les prix du carburant ne baissent que partiellement avant l’été », ajoute la banque.
« Il faudra toutefois rester attentif à toute déclaration concernant un ralentissement de la croissance du trafic aérien et aux décisions des compagnies aériennes concernant l’étendue des visites en atelier », complète l’intermédiaire financier.
En clair, Jefferies estime que les compagnies aériennes pourraient se montrer moins gourmandes sur le périmètre de ses services d’après-vente qu’elles demanderont lorsqu’elles effectueront les visites en atelier avec leurs appareils.
« Safran ayant connu une forte croissance de son activité de pièces de rechange ces deux dernières années, principalement grâce aux contrats de maintenance, nous percevons des risques d’évolution défavorable pour les flottes d’anciens modèles (10% des heures de vol du groupe sont actuellement assurées par des appareils de plus de 20 ans), en particulier pour le CFM56 qui représente l’essentiel de l’exposition de Safran aux flottes d’anciens modèles », développe encore l’intermédiaire financier.
Pour cette raison, la banque a abaissé sa prévision de croissance de ventes de pièces détachées chez Safran pour 2026, passant d’environ 15% à environ 5%.
En face de ces risques, la banque estime que le groupe bénéficie d’une « juste » valorisation, l’action s’échangeant avec un ratio de valeur d’entreprise rapportée au résultat opérationnel de 20, proche de son pic de pré-pandémie (21-22 fois).
Julien Marion – ©2026 BFM Bourse
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Source : www.tradingsat.com
Conclusion : L'équipe continuera de suivre cette situation et partagera les développements.

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