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21 avril 2026Reuters.com
21 avril 2026ENQUETE. Au Liban, les secouristes sont aussi touchés par les frappes israéliennes – franceinfo
Analyse : Nous mettons en lumière certains aspects de cette actualité.
Un point rapide sur l'article « ENQUETE. Au Liban, les secouristes sont aussi touchés par les frappes israéliennes – franceinfo » selon nos journalistes.
Analyse rapide
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Le Liban dresse un lourd bilan de la guerre entre Israël et le mouvement du Hezbollah : 2 454 morts depuis le 2 mars. Parmi les civils tués, les secouristes paient un lourd tribut.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder en intégralité.
Les images filmées par l’une des équipes de France Télévisions ont fait le tour du monde. Un père découvre que son fils secouriste vient d’être tué. Ici, le scooter sur lequel Joud, 16 ans, circulait avec un autre sauveteur, tué lui aussi par un drone israélien. Les télévisions britanniques ou encore canadiennes et de nombreux réseaux sociaux ont repris notre reportage pour raconter ce drame. Nous avons voulu comprendre comment ce jeune garçon de 16 ans, photographié ici avec son père, a été tué. Avec cet homme en deuil, nous sommes de retour sur les lieux de la frappe. C’est une rue au cœur de Nabatiyé, fief du Hezbollah pro-iranien.
Ce père explique que son fils n’est pas un combattant, mais un secouriste. « Mon fils n’a jamais eu d’activité militaire ou politique. Jamais de sa vie. Les Israéliens nous donnent toujours des explications mensongères. Ils disent que nous aidons à transporter des armes. Et vous nous avez suivis en mission. Aucun de nos véhicules et encore moins les scooters ne transportent des armes », indique Mohammad Sleiman, père de Joud Sleiman.
Nous avons échangé avec l’armée israélienne pour avoir sa version des faits. Elle confirme que oui, des opérations contre des terroristes étaient en cours ce jour-là dans cette ville et que si des sauveteurs ont été tués, elle le regrette et elle ajoute… « La frappe n’a pas visé des individus identifiés comme appartenant à une journalistes spécialisés médicale ».
Pourtant, sur nos images, voici le gilet pare-balles de l’un des deux jeunes. Une nécessité pour les sauveteurs de le porter en zone de guerre, comme pour nous les journalistes. Avec ce logo dans leur dos, Joud et Ali étaient clairement identifiables comme secouristes. Dans cette ambulance, le corps du deuxième jeune tué, il porte le pantalon bleu des équipes de Nabatiyé. Deux heures avant la frappe, notre équipe filmait d’ailleurs Joud en tenue dans le centre de commandement des secouristes. Et son ami Ali Jaber, 20 ans, est photographié ici un autre jour, portant lui aussi son uniforme. Désormais, une photo des deux jeunes orne les murs de ce centre des secouristes qui, selon nos sources, ne sont pas financés par le Hezbollah. « Quand ils sont morts, mes gars ont fait imprimer cette affiche. C’est désormais ce qu’on a de plus précieux ici« , déclare Mohammad Sleiman.
L’armée israélienne, dans sa réponse, reconnaît avoir visé le scooter, mais elle ne dit pas pourquoi. Elle dit aussi avoir ses propres images de la scène, mais n’a pas souhaité nous les donner malgré nos demandes. Sur ces images, selon l’armée : « un véhicule est visible. Passant devant le scooter ciblé, suivi d’un autre véhicule, les deux voitures se percutent« .
Israël avance donc que les deux secouristes tués l’ont peut-être été lors de cette collision. Or, sur nos propres images, il n’y a aucune trace de deux autres véhicules percutés à proximité du scooter. Et elles ont été tournées seulement trois minutes après l’explosion. Les deux jeunes ont donc bien été tués sur leur scooter.
Enfin, l’État hébreu nous dit ceci. « L’armée israélienne respecte et défend la protection spéciale accordée au personnel médical, conformément aux lois internationales ». L’armée israélienne demande donc à ne pas cibler le personnel médical dans cette région du sud du Liban.
Pourtant, ces images datées du 15 avril montrent le résultat de frappes israéliennes successives sur plusieurs ambulances. Des hommes, touchés, sont pris en charge par d’autres secouristes, mais ils subissent une nouvelle frappe. Quatre sauveteurs tués ce jour-là, dont un qui appartient à l’équipe du père de Joud. Les secouristes pleurent cette fois Medhi, 31 ans, père d’un enfant.
Un sauveteur était là au moment des frappes sur les ambulances. « Les Israéliens ont tiré sur la première voiture, puis la deuxième, la troisième, et nous on était dans la quatrième. Quatre ambulances touchées en même temps, et pour quelle raison ? », questionne Mehdi Salloum, secouriste de Nabatiyé. Nous avons nous-mêmes été témoins une deuxième fois de frappes sur les sauveteurs de Nabatiyé. Nous les suivons en mission. Après une frappe de missile israélien, c’est la course pour atteindre les victimes. Mais, sept minutes après notre arrivée et celle des sauveteurs, deuxième bombardement. Nous entendons clairement des frappes d’artillerie. Elles s’abattent dans le périmètre de la zone de recherche. Troisième. Puis quatrième attaque. Les secouristes fuient les lieux. Nous aussi.
Selon les autorités libanaises, 100 sauveteurs et membres du personnel médical ont été tués depuis le début de cette guerre.
Source : www.franceinfo.fr
Conclusion : L’équipe éditoriale restera vigilante et partagera ses observations.

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