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22 avril 2026Analyse : L'équipe éditoriale a examiné cette actualité et partage son point de vue.
Nos rédacteurs considèrent que « comment le RN tente de clarifier son programme économique auprès des patrons » est un article à suivre.
À ne pas oublier
Après sa rencontre avec le Medef ce lundi 20 avril 2026, Jordan Bardella a tenté de clarifier la ligne économique du Rassemblement national. Mais entre discours social et positionnement pro-entreprises, le flou persiste. Alors comment Jordan Bardella tente de lever les contradictions autour du programme économique du RN? On en parle dans le podcast du « Titre à la une ».
Ce lundi 20 avril 2026, Jordan Bardella a rencontré le Medef (Mouvement des entreprises de France). Le président du Rassemblement national a salué des échanges « courtois » à l’issue d’un rendez-vous qu’il s’est gardé de qualifier d’ »audition ».
Objectif: présenter les grandes lignes du programme économique du RN, dans un contexte de rapprochement avec le patronat. Le parti défend notamment une baisse des impôts de production, une simplification des normes et une stratégie de réindustrialisation.
Mais il maintient aussi des mesures plus interventionnistes, en particulier sur le pouvoir d’achat. Malgré plus de deux heures d’échanges, le programme est jugé flou, voire contradictoire, par certains chefs d’entreprise.
Pour le Medef, l’enjeu est double: comprendre ces propositions et tenter de peser, sans pour autant afficher de soutien. Pour en parler, le nouvel épisode du podcast Le Titre à la Une reçoit Xavier Timbeau, économiste et directeur principal de l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE).
On entend de nombreuses critiques formulées à l’égard du programme économique du Rassemblement National, jugé flou. Arrivez-vous à vous y retrouver?
Le programme du Rassemblement National est effectivement complexe. On sent une tension générale entre, d’un côté, Marine Le Pen qui porte une vision populaire et populiste axée sur le pouvoir d’achat des classes moyennes, la protection du travail et le soutien aux petits patrons, tout en opposant le peuple aux élites économiques et de l’autre, Jordan Bardella.
Ce dernier s’inscrit dans une perspective beaucoup plus libérale, proche de la tradition de Jean-Marie Le Pen, avec un discours contre les normes, contre l’intervention de l’État et contre les impôts. Cette dualité rend le programme peu clair. Le Rassemblement National semble chercher le soutien du Medef, mais cela impliquerait de pencher davantage vers la ligne de Jordan Bardella que vers celle de Marine Le Pen.
À l’Assemblée nationale, les députés RN ont refusé de relever la contribution sociale généralisé (CSG) sur les revenus du capital et ont voté contre la contribution exceptionnelle sur les hauts revenus ou la taxe Zucman. Dans les faits, il semble que la position pro-entreprise de Jordan Bardella l’emporte?
Elle semble gagner du terrain, mais le Rassemblement National s’est aussi opposé à la réforme des retraites et au recul de l’âge de départ, bien que sa position sur ce sujet soit restée ambiguë. Il a également défendu la revalorisation des retraites, ce qui va à l’encontre d’une ligne strictement libérale anti-impôts. Cette confusion persiste et le parti cherche aujourd’hui une forme de clarification, ou du moins l’apparence de la clarté.
De nombreux patrons souhaitent utiliser la TVA pour financer la protection sociale au lieu de prélever les salaires, mais Marine Le Pen s’y oppose. Est-ce un clivage important?
C’est crucial pour Marine Le Pen, qui se pose en défenseuse du consommateur et des classes populaires. La TVA sociale consiste à faire financer la protection sociale par la consommation, un impôt très impopulaire. Dans l’esprit des gens, c’est aux entreprises ou aux revenus du capital de payer. Pour Marine Le Pen, la TVA sociale fait payer le consommateur plutôt que le capital, alors que le patronat préfère logiquement l’inverse.
Jean-François Copé qualifie le programme économique du RN de « socialiste ». Arrivez-vous à définir une doctrine? Est-ce un programme de gauche ou de droite?
C’est difficile à qualifier car les tensions internes poussent vers des directions opposées. La ligne libérale de Jordan Bardella coexiste avec la ligne plus sociale de Marine Le Pen. Cette dernière vise à conquérir l’électorat populaire avec un discours axé sur le pouvoir d’achat et l’accès aux services publics. L’opération de séduction auprès du Medef vise peut-être à montrer que le Rassemblement National est capable de dépasser ses contradictions et possède une ligne tranchée, mais cela reste à démontrer.
À quoi ressemblerait une économie française gouvernée par le RN?
C’est une question difficile car plusieurs sujets s’entrechoquent: des mesures sociales (retraite, indexation des pensions, baisse de la TVA) face à un discours libéral de « choc de simplification ». Jordan Bardella s’attaque aussi aux normes européennes, faisant ressurgir un fond anti-européen sous un vernis pro-entreprise. Le Medef s’interroge sur sa capacité à conduire une politique complexe sans sombrer dans une approche « trumpiste » sans expérience, qui pourrait être désastreuse. Enfin, face au déficit public français, on peut douter que la seule suppression des aides aux étrangers soit une mesure à la hauteur des enjeux budgétaires.
Si le RN arrivait au pouvoir, pourrait-il maintenir ces deux tendances ou faudra-t-il choisir?
Il faudra choisir. Sur la question des retraites, soit on adopte une ligne pro-business en reculant l’âge de départ pour réduire le coût du travail et gagner en compétitivité, soit on suit l’approche sociale en augmentant les salaires, réduisant la TVA et gelant l’âge de départ. Dans ce second cas, il faudra réduire d’autres dépenses ou augmenter les impôts, comme taxer les plus riches, une idée populaire mais contraire aux intérêts du Medef.
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Source : www.bfmtv.com
Conclusion : Cette situation sera observée de près par nos journalistes.

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