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22 avril 2026Analyse : Cette information a été analysée pour vous fournir un résumé clair.
L'équipe propose un aperçu synthétique de « la guerre au Moyen-Orient risque de faire s’envoler les prix des préservatifs ».
À retenir
Le plus grand fabricant mondial de préservatifs prévient que ses prix pourraient augmenter de 20 à 30 %, voire davantage, en raison des perturbations des chaînes d’approvisionnement causées par le conflit au Moyen-Orient.
La guerre au Moyen-Orient, déclenchée fin février par l’offensive israélo-américaine contre l’Iran, ne frappe pas que les prix de l’énergie. Le conflit touche également des biens de première nécessité sanitaire : les préservatifs. Ces derniers risquent ainsi de voir leur prix augmenter, en raison du blocage du détroit d’Ormuz et des difficultés qui en découlent, selon plusieurs acteurs.
Karex, le géant basé en Malaisie qui produit plus de cinq milliards de préservatifs par an, exporte vers plus de 130 pays et approvisionne des marques majeures comme Durex et Trojan, ainsi que le NHS britannique et des programmes d’aide de l’ONU, a ainsi tiré la sonnette d’alarme. Son PDG, Goh Miah Kiat, a annoncé à Reuters une hausse de prix de 20 à 30% imminente, avec de nouvelles augmentations possibles si le conflit venait à durer. «La situation est vraiment très fragile, les prix sont élevés. Nous n’avons pas d’autre choix que de répercuter les coûts sur les clients», a-t-il déclaré.
Du caoutchouc synthétique et du nitrile utilisés dans la fabrication, jusqu’aux matériaux d’emballage et aux lubrifiants comme les feuilles d’aluminium et l’huile de silicone, les coûts ont explosé sur l’ensemble de la chaîne de production depuis fin février. «C’est clairement l’un des plus gros ajustements de prix que nous ayons faits depuis très longtemps», a reconnu le directeur général de Karex.
«Les matières premières pétrochimiques sont aussi en pénurie»
Le principal responsable de cette inflation est la perturbation des flux de pétrochimie en provenance du Moyen-Orient et l’étranglement du détroit d’Ormuz, qui privent les industriels asiatiques de matières premières essentielles. Parmi elles, la naphta, dont 41% de l’approvisionnement asiatique provient du Moyen-Orient, mais aussi l’huile de silicone et l’ammoniaque, des dérivés pétroliers indispensables à la production de préservatifs. «On entend beaucoup parler du pétrole brut et de son impact sur le diesel et l’essence, mais les matières premières pétrochimiques sont aussi en pénurie», explique à CNN Angie Gildea, responsable mondiale pétrole et gaz chez KPMG.
Les délais de livraison s’allongent également de manière préoccupante. Les expéditions vers l’Europe et les États-Unis prennent désormais près de deux mois, contre un seul auparavant. «Beaucoup de préservatifs se retrouvent sur des navires qui ne sont pas encore arrivés à destination, alors qu’ils sont très attendus», a averti Goh Miah Kiat, ajoutant que de nombreux pays en développement manquent déjà de stocks. Le contexte logistique est aggravé par d’autres facteurs régionaux : des pays comme le Myanmar et le Cambodge ont commencé à rationner le carburant, tandis que certaines écoles au Vietnam ont imposé des cours à domicile, les trajets étant devenus trop coûteux. Des analystes craignent que ces difficultés n’entravent également la capacité des ouvriers à rejoindre les usines, ralentissant ainsi la production. Le tout, dans un contexte de hausse de la demande, à l’échelle mondiale, de 30%.
L’Hexagone, où plus de 115 millions de préservatifs masculins ont été vendus en 2024 selon Santé publique France, pourrait être touché, en aval. Karex indique disposer de suffisamment de réserves pour tenir encore quelques mois, et cherche à augmenter sa production face à cette demande croissante. Mais si les perturbations persistent, c’est l’accès à la contraception dans les pays les plus vulnérables qui risque d’en souffrir le plus.
Durex confronté à une augmentation des coûts
Quelques heures après les déclarations de Goh Miah Kiat, le groupe britannique Reckitt Benckiser, qui compte Durex, Harpic ou Nurofen parmi ses marques, a prévenu que l’envolée des hydrocarbures avec la guerre au Moyen-Orient pourrait lui coûter cher. «Un scénario avec un prix du pétrole à 110 dollars le baril pour le reste de l’année 2026 signifierait un influence brut d’environ 130 à 150 millions de livres» sur ses coûts de production annuels, prévient le groupe dans un communiqué annonçant aussi un chiffre d’affaires en baisse de près de 12% au premier trimestre.
Durex, plus particulièrement, a pâti de «la mise en place de la TVA sur les préservatifs en Chine au début du trimestre», ce qui a pesé sur la demande. «Le choc des prix de l’énergie provoqué par les événements au Moyen-Orient devrait peser sur la demande des consommateurs et augmenter les coûts, compromettant les progrès réalisés dans le resserrement du contrôle des finances» du groupe ces dernières années, selon Russ Mould, analyste chez AJ Bell. De quoi faire baisser Reckitt de 5% à la Bourse de Londres, mercredi
Source : www.lefigaro.fr
Conclusion : Un suivi régulier permettra de mieux comprendre cette information.

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