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23 avril 2026Bruno Retailleau et Gabriel Attal accélèrent vers la présidentielle 2027 et espèrent doubler Édouard Philippe
Analyse : Notre rédaction met en avant les points essentiels à retenir.
Selon notre équipe, l'article intitulé « Bruno Retailleau et Gabriel Attal accélèrent vers la présidentielle 2027 et espèrent doubler Édouard Philippe » mérite un regard attentif.
Résumé pour le lecteur
Le président du parti Les Républicains et celui de Renaissance sont devancés dans les sondages par l’ancien Premier ministre Édouard Philippe, candidat le mieux placé de la droite et du centre pour l’élection présidentielle. L’un comme l’autre placent leurs pions et commencent à accélérer avec 2027 en ligne de mire. Suffisant pour rattraper leur retard?
A priori, Gabriel Attal et Bruno Retailleau ont plus d’une divergence. Le patron de Renaissance juge que les positions de son homologue du parti Les Républicains « glissent vers l’extrême droite », quand celui-ci déclarait récemment qu’un prétendant macroniste « ne pourra pas être élu » président de la République, appelant à une « rupture radicale ».
Certes, mais les deux candidats à l’Élysée, l’un putatif, l’autre officiellement déclaré, partagent au moins une chose: dans les sondages, ils sont dans le rétroviseur d’un certain Édouard Philippe, qui est pour l’instant le mieux placé dans la longue liste des ambitieux de la droite et du centre (Xavier Bertrand, David Lisnard, Michel Barnier, Gérald Darmanin, Laurent Wauquiez…)
L’étude Elabe pour BFMTV du 28 mars dernier donne ainsi l’ancien Premier ministre entre 20,5 et 25% des intentions de vote, un score lui permettant d’accéder au second tour face au Rassemblement national.
Ni Gabriel Attal, ni Bruno Retailleau ne peuvent en dire autant, se retrouvant devancés de peu par la gauche. Le premier, testé dans une seule configuration, à la place d’Édouard Philippe, est à 11,5%. Le deuxième oscille entre 7 et 10% des intentions de vote.
Pour eux, les choses sont très claires, il leur faut doubler le maire du Havre, réélu aux dernières municipales. Autrement dit: être celui qui affronte l’extrême droite en finale, beaucoup se projetant dans cette configuration à un an de la joute élyséenne.
Sérénité
Les deux camps refusent de tomber dans l’affolement face au favori actuel du « bloc central ». Côté Gabriel Attal, c’est l’une de ses proches, la députée Prisca Thevenot, qui temporise.
« Vous avez Édouard Philippe qui est un candidat déclaré depuis maintenant deux ans et un autre qui n’est pas encore déclaré. Donc on compare quoi en fait? On compare des sondages mais sur des personnalités qui ne sont pas du tout au même niveau dans leur démarche personnelle pour l’année prochaine », souligne l’ancienne porte-parole du gouvernement, même si la candidature de son champion ne fait guère de doute.
Et d’insister: « Une fois que l’on sera entré en campagne, une dynamique se mettra place, on pourra l’évaluer et bien évidemment regarder les sondages. »
Parmi les soutiens de Bruno Retailleau, le sénateur Les Républicains Max Brisson relativise également la photographie actuelle des études d’opinion.
« L’histoire montre que les favoris de 11-12 mois avant l’élection ne sont jamais élus. En 2016, Alain Juppé était à 35% d’intentions de vote favorables pour l’élection présidentielle… Je crois que le jeu est très très ouvert », lâche-t-il, en référence au mentor d’Édouard Philippe, vaincu lors de la primaire de la droite par François Fillon.
« Je ne vois pas un monde dans lequel Édouard Philippe est au deuxième tour »
Pas de panique donc, mais cela n’empêche pas Bruno Retailleau et Gabriel Attal de chercher à se distinguer d’Édouard Philippe. Le premier tire à boulets rouges sur le bilan du macronisme, fustigeant pêle-mêle, dans une interview au Figaro le 25 mars, « l’endettement pharaonique du pays » ou le manque de « fermeté » sur le plan migratoire. Un tableau sombre qui impacterait directement son concurrent d’Horizons, en dépit de ses prises de distance avec le président de la République, veulent croire les retaillistes.
« Je ne vois pas un monde dans lequel Édouard Philippe est au deuxième tour de l’élection présidentielle parce qu’il a été le Premier ministre d’Emmanuel Macron, le Premier ministre qui a couvert les affaires Benalla, qui a fait les 80 km/h, qui a mis les Français dans la rue », cingle Pierre-Henri Dumont, secrétaire général adjoint de LR.
Tant pis si Bruno Retailleau a lui-même fait partie du gouvernement entre septembre 2024 et octobre 2025. Il s’agissait d’oeuvrer comme un « ministre de l’Intérieur en cohabitation », dit l’intéressé, promettant un changement net, bien à droite, par rapport à l’exécutif actuel.
Pour ce qui est de Gabriel Attal, la confrontation avec Édouard Philippe est évidemment bien moins frontale. L’ex-chef de Matignon n’a-t-il pas souhaité la création d’un « comité de liaison », censé permettre aux différentes chapelles présidentielles de dialoguer entre elles? Avec cette idée partagée qu’Édouard Philippe et lui finiront par se rassembler – un scénario moins évident pour ce qui est de Bruno Retailleau.
Oui, mais l’heure n’est pas encore à l’union. D’où le discours de Gabriel Attal parsemé de quelques piques à l’endroit de son rival. Son interview au Point de jeudi dernier est là pour en attester.
Reporter la retraite 67 ans? « En plus de créer de la désespérance face à une mesure perçue comme brutale, c’est inefficace », glisse-t-il, alors qu’Édouard Philippe s’était montré favorable à un relèvement de l’âge légal de départ à « 65, 66 ou 67 ans » dans une interview à Challenges le 30 septembre 2021. Aussi, le boss de Renaissance rappelle que, lui, n’a « jamais appelé à (la) démission » d’Emmanuel Macron, contrairement à son concurrent.
Gabriel Attal et Bruno Retailleau accélèrent
Tout comme Bruno Retailleau, officiellement désigné candidat par les militants ce week-end, Gabriel Attal a mis le pied sur l’accélérateur, lui qui publie ce jeudi 23 avril, « En homme libre », un livre à la fois politique et personnel.
L’homme de 37 ans se lance dans un tour de France, étape préalable à une officialisation de candidature. Il sera notamment à Lyon le 28 avril, avant de se rendre à Bordeaux puis à Strasbourg, les 5 et 20 mai. Aussi, un grand meeting est prévu à Paris le 30 mai.
Rythme soutenu également pour Bruno Retailleau, qui a annoncé sur LCI l’organisation d’un meeting le 20 juin prochain à Paris, la création de « comités pour que les Français puissent se regrouper » en Hexagone et en Outre-Mer, et une présentation régulière de son programme. « Tous les 15 jours, je déploierai des idées nouvelles, des propositions pour améliorer la vie des Français », a-t-il promis.
Un travail qui peut payer sur le long terme pour représenter « la seule offre crédible », espère son collègue Pierre-Henri Dumont.
Dévoiler des mesures permet aussi de se distinguer d’Édouard Philippe. Lequel « a fait le choix de présenter, comme il dit, ‘un programme massif’ visiblement plus tard », et non après les municipales, souligne l’entourage de Gabriel Attal, ajoutant: « Nous, on a fait le choix différent. Un choix de proposer régulièrement et de manière très concrète. »
L’objectif est que « Gabriel Attal et le parti continuent à proposer des choses nouvelles comme on l’a toujours fait depuis plus d’un an et demi, que ce soit sur la réforme des retraites à l’automne dernier, que ce soit sur le régalien et la protection des jeunes avec l’interdiction du voile pour les mineurs de moins de 15 ans, l’interdiction des réseaux sociaux, la lutte contre le harcèlement scolaire », nous dit-on.
Édouard Philippe « avance à son rythme » et « absolument pas en fonction des autres »
Autour du principal intéressé, en dynamique depuis sa réélection au Havre, l’on joue la carte de la sérénité, se plaçant au-dessus de la mêlée. « On a le calme des vieilles troupes. On trace notre sillon, on ne s’intéresse pas spécialement à ce que font les autres. Et pour l’instant, les sondages nous donnent plutôt raison », affirme un proche.
Édouard Philippe « avance à son rythme, celui qu’il a choisi pour la campagne. Et absolument pas en fonction des autres », abonde l’entourage du candidat, qui rappelle que ce dernier a « repris les déplacements », en se rendant dans le Finistère la semaine passée.
Quant au programme, l’ancien LR « juge inutile de l’annoncer un an avant. Que ce n’est pas le moment. Ce qui ne l’a pas empêché de faire déjà des propositions sur le deal fiscal, ou encore la famille », nous glisse-t-on.
« Je veux prendre les Français au sérieux et leur proposer, au moment de l’élection présidentielle, quelque chose qui soit portée par l’espoir d’une France qui va mieux, mais qui soit aussi de nature à répondre aux problèmes qui se posent. Pour cela, il faut travailler, prendre le temps, écouter, réfléchir », a expliqué l’intéressé lors d’une interview pour Le Télégramme.
Le 10 mai prochain, il réunira les cadres de son parti à Reims, tandis qu’un « grand meeting de mobilisation » est prévu « avant les vacances d’été ».
Pour s’imposer face à lui, Gabriel Attal comme Bruno Retailleau seront mis au défi de convaincre leur propre camp. L’un suscite la défiance de certains macronistes les plus convaincus, qui lui reprochent sa franche émancipation vis-à-vis du président. L’autre a vu sa stratégie être contestée par différents cadres, tels Xavier Bertrand, Michel Barnier ou Laurent Wauquiez.
Source : www.bfmtv.com
Conclusion : L’équipe éditoriale continuera à analyser les faits.

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