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23 avril 2026Un an et demi après un plan de sauvegarde de l’emploi et la perte de 29 postes à Carcassonne, la crainte d’une fermeture pour le site d’embouteillage de l’Uccoar et ses 47 salariés
Analyse : Voici les points saillants relevés par nos journalistes.
Notre équipe propose un aperçu rapide des éléments de « Un an et demi après un plan de sauvegarde de l’emploi et la perte de 29 postes à Carcassonne, la crainte d’une fermeture pour le site d’embouteillage de l’Uccoar et ses 47 salariés ».
À retenir absolument
Détenu depuis 2020 par le géant de l’agriculture InVivo, via sa filiale Cordier by InVivo, le site carcassonnais de l’Uccoar redoute d’être sacrifiée. Un choix nié par la direction, mais que les salariés redoutent après des annonces livrées en comité de groupe. Un comité social et économique doit livrer des réponses le 11 mai 2026.
C’est toute la force de l’indomptable rumeur. Ces on-dit qui font si vite leur chemin, rappelle un poème posthume d’Hugo : « Ce mot – que vous croyez qu’on n’a pas entendu, Que vous disiez si bas dans un lieu sourd et sombre Court à peine lâché, part, bondit, sort de l’ombre ». Dans l’Aude, le monde viticole bruisse donc de la rumeur : 2026 sonnera la fin du site carcassonnais de l’union des caves coopératives de l’Ouest audois et du Razès (Uccoar). Triste anniversaire, 50 ans après la création de la coopérative. Une structure détenue depuis 2020 par InVivo, titan agricole aux 11,7 milliards de chiffre d’affaires, actionnaire majoritaire depuis 2020 de Vinadeis, la fusion de l’Uccoar et de Val d’Orbieu.
Un site frappé à l’automne 2024 par un plan de sauvegarde de l’emploi, (PSE) avec 29 des 76 postes à supprimer, et l’ambition de se concentrer sur le segment du sans alcool pour Cordier by InVivo, la filiale Vin d’InVivo, alors que la consommation chute. Près d’un an et demi après le PSE, de nombreux employés ont été redéployés dans d’autre sites. Mais cinq salariés sont encore en congés de reclassement. Pour un géant comme InVivo et son directeur général Thierry Blandinières, qui a repris en 2024 le management de sa filiale vin, c’est bien du côté des marques et des bouteilles que Cordier doit miser : Café de Paris, avec ses « bulles alternatives », des effervescents sans alcool ou aromatisés au litchi et des « Ready to drinks » ; Mythique, son IGP Pays d’Oc ; Bonne nouvelle, et ses promesses de « moment de convivialité, sans alcool et faible en calories » ; ou encore Low Matter What, la « nouvelle génération de vins légers en alcool (6 %) ».
Pas concerné par le protocole d’accord avec AdVini
Un paysage dans lequel le site d’Uccoar, historiquement dédié au bag-in-box, semble avoir difficilement sa place, alors qu’InVivo est loin, très loin des ambitions affichées à son arrivée dans le monde du vin en 2015 : en 2024, le CA était de 277 M€, à bonne distance des 500 M€ envisagés 10 ans plus tôt. Et ce n’est sans doute pas pour rien que, lorsque Cordier by InVivo et AdVini, le géant héraultais aux 266 M€ de CA et 900 collaborateurs, signent le 12 mars 2026 un protocole d’accord, le site d’Uccoar, avec un résultat net 2025 de – 1,7 M€, ne figure pas dans la corbeille du marié. Le « rapprochement » entre les sociétés passe par la cession d’une partie des actifs de la filiale d’InVivo, ainsi que deux de ses marques phares, d’une valeur fixée à 4,6 M€ : Maison Cordier, sa signature de vin de Bordeaux, et Café de Paris avec son site de production girondin. En échange, l’entrée au capital d’AdVini à hauteur de 7,8 %.
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Et le site carcassonnais ? En février 2026, le mensuel spécialisé dans les boissons en grande distribution, Rayon boissons, relaie le succès de Bonne nouvelle. Et la responsable communication de Cordier by InVivo souligne le « point fort d’avoir notre outil de désalcoolisation en France et de maîtriser toute la chaîne de fabrication », lorsque sont évoqués le site Uccoar et la prestation de services de désalcoolisation. Dans sa communication, InVivo parle de ses « sites de production français à la pointe de la technologie, spécialisés en produits à fort potentiel commercial » ; avec, pour Cordier Excel Uccoar, une production de « 38 millions d’unités » de BIB ou bouteilles, sous la mention « NOLOW » (no alcohol ou low alcohol) en citant la « Spining Cone technologie » pour la désalcoolisation. Essentiel, l’Uccoar, alors ? Pas certain. Lors d’un récent comité de groupe, Thierry Blandinières aurait annoncé sa volonté de fermer le site. Pas vraiment une surprise. En octobre 2024, lors d’un débrayage, les représentants syndicaux l’avaient rappelé : « L’an passé, on avait évité la fermeture, que la direction de Cordier avait décidée. Mais InVivo s’y était finalement opposée. Mais ce PSE, c’est le résultat d’erreurs de stratégie : ils ont voulu arrêter les marques de distributeur (MDD). Bien sûr, les marges sont moins importantes qu’avec les marques, mais c’est ça qui fait tourner les usines. »
Pas eu vent de rumeur sur l’hypothèse d’une fermeture de Cordier Excel Uccoar
Sollicitée, la responsable communication de Corbier by InVivo, Caroline Galmard, assurait mardi 22 avril 2026 qu’elle n’avait « pas eu vent de rumeur sur l’hypothèse d’une fermeture de Cordier Excel Uccoar ». Egalement contactée, la DRH de la société, Sabine Arandel, n’a pas donné suite. Parmi les salariés, l’anonymat est de mise. Mais la crainte réelle, alors que « la direction de Cordier dément, en assurant que les paroles de Thierry Blandinières avaient été mal comprises. » A l’Uccoar, on se souvient de 2020, et de la fermeture par Vinadeis du site de conditionnement de Vignerons de la Méditerranée à Narbonne (Aude), où travaillaient 76 salariés. Quelle forme pourrait prendre une fermeture ? Il faudra attendre le 11 mai 2026 pour le savoir. Un comité social économique (CSE) central est prévu, et devrait être suivi par des CSE déclinés dans chaque entité de Cordier by InVivo. De quoi être fixé sur l’avenir de ce site vieux de 35 ans, dont le chai de stockage a été vendu pour 2,15 M€ selon les comptes annuels clos en juin 2025. Mais surtout un site où oeuvrent encore 47 salariés.
Comment l’Uccoar est devenu Cordier Excel Uccoar ?
L’Uccoar a été pensée par un des incontournables noms de l’histoire du militantisme et de la coopération viticoles, aux côtés des Cases, Tallavignes, Mestre, Fabre, et autres Vialade, Barsalou ou Verdale. C’est en 1976 que Roger Guitard, président de la cave coopérative du Razès, à Routier, pose les bases de l’Uccoar ; avec son directeur Péré Lahaille, l’Uccoar comptera jusqu’à 1 550 membres, sur 10 000 ha de superficie, et commercialise 2 millions d’hectos 20 ans après sa création. Précurseur du BIB, défricheur du vin désalcoolisé, Uccoar participe en 2012 au « mariage du siècle », la fusion de 2012 avec Val d’Orbieu, pour la naissance d’un géant, rebaptisé Vinadeis, ses 3 millions d’hectos commercialisés, ses 13 centres de vinification, 530 salariés. Quatre plus tôt, l’Uccoar a fermé son site de stockage et d’embouteillage de Montréal, et a investi 4 M€ pour doubler la superficie de l’usine de Carcassonne, occupée depuis 1991, bd Henry Bouffet, dans la zone de Salvaza. C’est ce site historique qui pourrait fermer ses portes. Un lieu qui symbolise les secousses, entre fusions et rachats, qui agitent le monde viticole depuis trop longtemps. Actionnaire majoritaire depuis 2020 de Vinadeis, InVivo, le 1er groupe coopératif agricole français, décide en 2021 de fusionner Cordier et Vinadeis pour créer Cordier by InVivo, le « nouvel écrin » pour les marques de l’activité vin. À la clé, une activité structurée entre deux entités, Cordier Excel, dédié à l’embouteillage et la fabrication, et Cordier Wines, pour l’oneologie, la recherche, le marketing, la vente et la distribution. L’Uccoar devient Cordier Excel Uccoar, détenu à 100 % par Cordier.
Source : www.lindependant.fr
Conclusion : Nous restons vigilants sur les évolutions de cette information.

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