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23 avril 2026Le détroit du Bosphore : un espace stratégique et diplomatique tout autant que commercial : épisode 4/6 du podcast Les détroits : clés du commerce international
Analyse : Voici les faits principaux observés par nos rédacteurs.
Voici les éléments principaux de « Le détroit du Bosphore : un espace stratégique et diplomatique tout autant que commercial : épisode 4/6 du podcast Les détroits : clés du commerce international » pour nos lecteurs.
À retenir
Sa situation exceptionnelle en fait l’un des axes importants du commerce mondial. On dit le détroit mais il serait plus exact de parler des détroits puisque le détroit du Bosphore se prolonge par celui des Dardanelles qui ouvre sur la mer Égée et la Méditerranée. Et c’est donc une voie maritime essentielle pour tous les pays riverains de la mer noire, Roumanie, Bulgarie, Géorgie mais surtout bien sûr l’Ukraine et la Russie. Un rôle qui apparu au grand jour au début de la guerre en Ukraine lorsque la Turquie, qui est gardienne des détroits, a négocié un accord avec la Russie et les Nations unies, pour le passage des cargos de céréales ukrainiennes, accord depuis déchiré par Moscou. Mais il n’y a pas que le grain ukrainien qui transite comme le rappelle Sinan Ülgen, directeur du centre de recherche indépendant EDAM, à Istanbul :
« Il y a, précise le chercheur, ancien diplomate*, deux types de volumes qui passent par les détroits. Le premier, ce sont les produits pétroliers, pétrochimiques qui vont de la Russie vers les marchés internationaux. Et l’autre, ce sont essentiellement les denrées alimentaires, et là c’est la Russie, mais aussi l’Ukraine en premier lieu, qui sont concernés. C’est leur voie d’exportation principales pour ce type de produits. »*
Un rôle stratégique
On estime qu’environ 3% du commerce maritime mondial transite par les détroits ce qui peut sembler assez faible mais c’est 20% environ des exportations mondiales de blé d’Ukraine, de Russie et de Roumanie. Quelque 40 000 bâtiments et cargos empruntent les détroits du Bosphore et des Dardanelles ce qui en fait l’une des voies les plus fréquentées. Le nombre de navires tend toutefois à décroître parce que le volume par bâtiment augmente, par exemple avec les super tankers. La navigation y reste tout de même dense, complexe aussi en raison des courants.
Et c’est un détroit naturel. Comme le détroit d’Ormuz ou celui de Gibraltar, à la différence du canal de Panama ou de celui de Suez par exemple. La navigation y est donc gratuite, pas question d’instaurer un péage pour les cargos et autres porte-conteneurs, quel que soit leur pavillon. Mais si le trafic commercial est important, le détroit du Bosphore a avant tout un rôle stratégique, entre les mains de la Turquie. Un rôle qui lui a été dévolu par la Convention de Montreux.
Détroit mais aussi verrou
Le traité de Lausanne avait déjà donné à la Turquie cette supervision des détroits mais en 1936 par la convention de Montreux, qui affirme la liberté de circulation, elle en devient la seule gardienne et dispose aussi du droit de le fermer aux navires belligérants en cas de guerre et ce fut le cas dès le début de la guerre en Ukraine, comme le rappelle Sinan Ülgen. « C’est le grand enjeu stratégique. Et on l’a vu très clairement avec la guerre en Ukraine où le contrôle qui a été octroyé au gouvernement turc par le Convention de Montreux a été mis en œuvre, ce qui a permis à la mer Noire de rester une zone plutôt pacifique. Le traité de Montreux a été utilisé comme un instrument de stabilité pour la région de la mer Noire, qui est une région importante pour la sécurité de l’Europe. »
Un espace diplomatique donc tout autant que commercial.
Source : www.radiofrance.fr
Conclusion : Un suivi régulier permettra de mieux comprendre cette information.

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