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5 mars 2026Aux municipales, Bruno Retailleau n’aurait peut-être pas dû se pencher sur les alliances de la gauche
JULIEN DE ROSA / AFP
Bruno Retailleau, en conférence de presse le 4 mars 2026
L’arroseur arrosé. Ce jeudi 4 mars, le président des Républicains Bruno Retailleau a consacré une conférence de presse à la dénonciation de ce qu’il a appelé les « accords de la honte » passés entre la France insoumise et les socialistes, communistes et écologistes dans certaines villes pour les municipales des 15 et 22 mars. Une sortie qui a valu à l’ancien ministre de l’Intérieur un retour de bâton immédiat, le PS lui répondant en évoquant les accords locaux entre des candidats de droite et d’extrême droite.
Lors de cette conférence organisée au Blanc-Mesnil, en Seine-Saint-Denis, aux côtés de Thierry Meignen, la tête de liste de la droite dans cette commune qui affirme affronter « deux listes d’extrême gauche qui revendiquent le logo LFI », le patron de LR a presenté une carte. On y voit les 112 communes « dans lesquelles des accords ont lieu au premier tour entre LFI et au moins un des trois autres principaux partis de gauche ». Dans le détail, 44 accords rassemblent les quatre formations, dont plusieurs préfectures comme Chartres, Beauvais ou Niort.
« C’est une bande de tartuffes », a dénoncé le déjà candidat à la présidentielle à propos de dirigeants de gauche. Car si des accords locaux ont donc pu être noués par endroits, aucun accord national n’existe. À l’inverse, alors qu’un fossé séparait déjà la France insoumise des autres partis, les récentes polémiques autour du mouvement mélenchoniste (sur la mort du militant identitaire Quentin Deranque ou la prononciation du nom Epstein par exemple) ont même poussé le PS à acter dans un communiqué qu’il « ne saurait y avoir d’accord national » au second tour avec la France insoumise « compte tenu de l’inquiétante dérive de la direction du mouvement. »
Dénonçant « l’incroyable hypocrisie » des dirigeants socialiste, écologiste et communiste, Bruno Retailleau les a appelé à « clarifier leur position ». Derrière cette dénonciation, c’est surtout la crainte de rapprochement entre les listes de gauche au détriment des candidats soutenus par LR qui sous-tend cette sortie de Bruno Retailleau. Il a ainsi accusé le maire sortant de Marseille, proche des socialistes, Benoît Payan d’avoir « d’ores et déjà tendu la main » au LFI Sébastien Delogu. Il a d’ailleurs conseillé à la candidate de la droite LR Martine Vassal, encore un peu plus distancée dans les sondages depuis qu’elle s’est réapproprié la devise pétainiste « Travail, famille patrie », de se maintenir au second tour.
Balayer devant sa porte
Mais il faut parfois balayer devant sa porte. Alors que le contenu de la conférence de presse de l’ex-patron de Beauvau s’était répandu, le secrétaire général du PS Pierre Jouvet a contre-attaqué. Les cas pointés du doigt par Bruno Retailleau « sont des listes citoyennes (et locales) qui n’ont pas été validées par la direction nationale du PS », a-t-il déclaré sur Public Sénat. Avant de rendre public un autre décompte sur RTL : « Nous avons dénombré 150 villes en France dans lesquelles LR est en alliance soit avec le RN, soit avec Reconquête », a assuré l’eurodéputé.
Et de lister plusieurs villes, comme Saint-Rambert-d’Albon (Drôme) où « des maires LR qui prennent sur leur liste, en troisième position par exemple, des assistants parlementaires de députés RN. » Ou encore Dijon où, a-t-il tonné, la liste LR est soutenue officiellement par le Reconquête. Pierre Jouvet a encore cité l’exemple de Bourg-en-Bresse où des personnalités locales des Républicains figurent sur la liste de Benoît de Boysson (investi par le mouvement d’extrême droite d’Éric Zemmour Reconquête).
Le secrétaire général du PS a ainsi estimé que la sortie de Bruno Retailleau visait avant tout à faire « diversion » sur des rapprochements particulièrement gênant pour le président de LR. Car si Bruno Retailleau assure porter une ligne différente de celle de l’extrême droite, il est de plus en plus régulièrement sommé, y compris en interne, de clarifier sa position vis-à-vis du Rassemblement national.
Après la réplique socialiste, Bruno Retailleau a d’ailleurs pris soin de rappeler qu’il avait « interdit l’utilisation (du logo LR) » sur la liste de Bourg-en-Bresse et refusé l’investiture de la tête de liste.
En plus des 380 villes où elle conduit une liste, LFI dit être engagée dans 124 listes de gauche, conduites par des candidats sans étiquette, des Écologistes, des communistes, des partis d’outre-mer et, dans une demi-douzaine de cas par des socialistes. Elle estime que les quatre partis de gauche sont réunis, le plus souvent dans des listes citoyennes, dans une cinquantaine de villes.

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