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5 mars 2026« Le syndicalisme, ce n’est pas que des banderoles, c’est aussi des propositions » : les pistes de Force Ouvrière pour créer de l’emploi dans les Pyrénées-Orientales
Le secrétaire général de la confédération syndicale Force Ouvrière était dans le département des Pyrénées-Orientales, ce mercredi 4 mars 2026. En compagnie de Jérôme Capdevielle, le délégué départemental, Frédéric Souillot a visité l’entreprise Sterimed à Amélie-les-Bains, leader mondial dans la fabrication d’emballages de stérilisation pour les fabricants de dispositifs médicaux, les hôpitaux et l’industrie pharmaceutique. Entretien.
Quel est le sens de cette visite dans les Pyrénées-Orientales ce mercredi ?
Frédéric Souillot : Quand on nous dit qu’en France on ne travaille pas assez, nous répondons que nous ne sommes pas assez à travailler. Alors qu’en 2025, on a fermé plus d’usines qu’on en a ouvertes en France, nous militons pour la mise en place d’une vision prospective du développement industriel. Un vrai commissariat au plan, sinon, à terme, nous n’aurons plus d’industrie. Tout le monde parle de « réindustrialisation », mais chez FO, nous voulons aller au-delà du slogan.
Jérôme Capdevielle : Les chiffres de l’emploi dans le département sont si catastrophiques que les syndicats ne peuvent s’en désintéresser. Nous avons plus perdu de postes chez les 18-25 ans en 2025 que les autres départements de la région. Comment on réagit collectivement face à ça ? Le syndicalisme, ce n’est pas que des banderoles, c’est aussi des propositions.
Quelles sont-elles ?
J.C. : Dans le département qui affiche le plus fort taux de chômage de métropole (12 %), si on veut plus d’emplois, alors que le tourisme et l’agriculture sont en souffrance, l’industrie peut être une solution. Une ville comme Rodez a réussi à attirer des usines, pourquoi nous n’y arrivons pas ici ? Il faut aussi faire comprendre que le social n’est pas l’ennemi de l’économie. Ça marche ensemble.
F.S. : Sterimed en est un parfait exemple. Le dialogue social, excellent au sein du CSE, a permis l’amélioration des conditions de travail accompagné d’un partage de la valeur. Grâce aux excellents résultats dégagés pendant la pandémie, les salariés de Sterimed ont perçu l’équivalent de quatre mois de salaire supplémentaires.
Mais comment développer l’industrie dans les Pyrénées-Orientales ?
F.S. : Quand on n’a pas les usines, pour les attirer, il faut des aides. Mais nous militons pour la conditionnalité de ces fonds publiques. C’est-à-dire qu’il faut les flécher vers des secteurs ou des territoires, et surtout les conditionner au soutien à l’emploi local.
J.C. : Il faut travailler en dehors du format politique trop soumis à un calendrier électoral. Nous subissons les clivages politiques depuis des années et les solutions n’arrivent pas. Pour réindustrialiser, il faut réunir autour d’une même table le préfet, le Département, la communauté urbaine, la Région et les filières professionnelles.
« Il manque un projet de territoire à ce département pour le rendre plus attractif »
Y a-t-il d’autres freins locaux ?
J.C. : Si nous avons déjà des réussites dans le nautisme à Canet avec des fleurons comme Catana et Windelo, c’est aussi parce que la filière est structurée avec un lycée professionnel dédié à ces métiers.
F.S. : Diam et Sterimed sont, eux, liés à la filière bois, mais l’établissement qui forme à ces métiers est… dans les Vosges. Chez Sterimed, 50 % des recrutements se font hors département. Nous croyons aux filières professionnelles et nous souhaitons une réflexion sur l’orientation, la reconversion, l’emploi tout au long de la vie et la protection sociale collective.
Le développement économique passe donc aussi par la formation ?
J.C. : Aujourd’hui, un jeune en fin d’études dans les Pyrénées-Orientales a deux options : soit il est prêt à quitter le département pour trouver un emploi, soit il veut rester ici, mais nous sommes incapables de lui présenter les métiers d’aujourd’hui et de demain. Et nombre d’entre eux sont dans une voie sans issue. Tandis que, d’un autre côté, on se paie le luxe d’avoir des pénuries de main-d’œuvre dans certains secteurs.
F.S. : Il faut repenser la façon dont on présente les choix d’orientation aux jeunes et à leurs familles. La Région a son rôle à jouer pour anticiper l’évolution du modèle industriel et proposer les formations adaptées.
D’autres pistes sont-elles envisageables ?
J.C. : Dans les Pyrénées-Orientales, nous avons déjà des pépites que j’ai voulu montrer à Frédéric Souillot mais il y a encore des opportunités de développement. Par exemple, nous demandons la création d’une green valley. Singulier par sa géographie et premier affecté par le changement climatique, le Pays catalan pourrait tirer son épingle du jeu dans les filières de la transition énergétique, la gestion de l’eau et l’agriculture durable.
F.S. : Il manque un projet de territoire à ce département pour le rendre plus attractif.

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