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Will not stop until the objectives are met. Unrelenting. Unapologetic.
5 mars 2026Derrière l’arrivée d’Amélie de Montchalin à la Cour des comptes, la fin de mandat critiquée de Macron
LUDOVIC MARIN / AFP
Derrière l’arrivée de Montchalin à la Cour des comptes, la fin de mandat critiquée de Macron.
Sans transition. La ministre du Budget Amélie de Montchalin rejoint officiellement la Cour des comptes ce lundi 23 février, quelques heures après avoir quitté le gouvernement. Une nomination inédite à plus d’un titre, puisqu’elle sera par exemple la première femme à la tête de l’institution plus que bicentenaire, mais largement critiquée.
Les compétences de la Lyonnaise, pur produit du macronisme, ne sont pas remises en question par ses contempteurs. De la gauche à l’extrême droite, nombreux louent le sérieux de cette économiste de formation, diplômée de HEC, entre autres, lors des récentes discussions budgétaires. Les reproches se portent bien davantage sur Emmanuel Macron.
En choisissant l’une de ses plus proches sur le plan idéologique, le locataire de l’Élysée est accusé de fragiliser l’institution chargée de surveiller le bon usage des deniers publics. Certains pointent plus largement une volonté de « verrouiller » les hautes institutions de l’État, un an avant de passer les rênes du pouvoir.
« Confondre indépendance et subordination »
Dans un premier temps, les oppositions pointent le risque de conflit d’intérêts pour une ministre sortante chargée de se prononcer sur le déficit public ou les choix budgétaires d’un gouvernement dont elle aura fait partie. « Quand le président de la République confond indépendance et subordination, ou donne l’impression de le faire, cela nous pose un problème », déplore par exemple le député socialiste Arthur Delaporte.
Une difficulté reconnue par plusieurs spécialistes. « Elle va être à la fois juge et partie sur les comptes de 2025 et les prévisions pour 2026 », résume ainsi François Ecalle, ancien magistrat de la Cour des comptes et spécialiste des finances publiques. Ce qui pourrait pousser Amélie de Montchalin à se déporter temporairement de certains sujets, même si l’institution défend « un dispositif déjà très solide en interne » pour préserver « l’indépendance et l’objectivité des rapports ».
Autant de précautions qui ne semblent pas de nature à rassurer les plus sceptiques. D’autant moins que la ministre du Budget quitte ses fonctions sur une polémique, accusée par la gauche d’avoir menti sur le cas des millionnaires qui échappent à l’impôt. Elle a réfuté une information de son ancien collègue au gouvernement Éric Lombard, avant que celle-ci soit confirmée par une note du Sénat.
Dans le cas d’Amélie de Montchalin, d’autres facteurs suscitent les crispations. Elle rejoint par exemple la tête de la Cour des comptes à 40 ans, quand ce poste prestigieux est généralement confié à d’anciens ministres ou parlementaires, profils expérimentés en fin de carrière. Le mandat, irrévocable, est seulement borné par une limite d’âge théorique à 68 ans. Elle pourrait donc y rester 28 ans.
Pluie de nominations
« La décision d’Emmanuel Macron (…) fait voler en éclats cet usage républicain », regrettent ainsi des magistrats financiers dans une tribune collective publiée dans les colonnes du Monde. Ils appellent à une « réforme » pour répondre à cette « faille institutionnelle » de la Ve République. Ce même système qui permet au chef de l’État de procéder à de très nombreuses nominations stratégiques, souvent parmi ses plus fervents soutiens.
L’arrivée d’Amélie de Montchalin à la Cour des comptes intervient il est vrai après plusieurs mouvements déjà contestés par les oppositions. Parmi eux, on se souvient de Richard Ferrand, premier des macronistes, envoyé à la tête du Conseil constitutionnel, ou de Stéphane Séjourné, proche parmi les proches, à la Commission européenne. Ce n’est donc pas la première fois que le locataire de l’Élysée est accusé de privilégier ses proches pour des postes majeurs, quand ses prédécesseurs s’attachaient parfois à chercher des profils plus consensuels.
Il n’empêche, ce procès revient avec plus de vigueur à l’approche de 2027. Les plus offensifs dans l’opposition, et certains au sein même de son camp, lui reprochent de vouloir « verrouiller l’État », avant de quitter le pouvoir dans un an. Une façon, accuse par exemple Jordan Bardella, de contraindre les plans de ceux qui sont tentés de tordre les institutions, le Rassemblement national en tête.
D’ici son départ, le président de la République doit encore procéder à plusieurs nominations stratégiques : Il va choisir, par exemple, le vice-président du Conseil d’État et le successeur de François Villeroy de Galhau après sa démission surprise de la Banque de France. Plusieurs de ses proches, le secrétaire général de l’Élysée Emmanuel Moulin et l’actuel préfet d’Île-de-France Marc Guillaume, sont sur les rangs. De quoi anticiper les prochaines controverses.

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