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24 avril 2026Analyse : Nos journalistes ont mis en avant les points essentiels à connaître.
Notre rédaction partage son avis sur les points importants de « et si vous étiez payé pour apprendre à l’IA à faire votre travail? ».
Ce qu’il est utile de savoir
Et si votre prochain job, c’était d’apprendre à une IA à faire votre métier pour qu’elle puisse ensuite vous remplacer? Ça peut sembler complétement fou, pourtant c’est une tendance en plein essor aux Etats-Unis et surtout très lucrative. Mais c’est peut-être aussi la première fois que l’intelligence artificielle utilise l’homme et non l’inverse.
C’est un phénomène assez troublant, ou même carrément cynique. Aux États-Unis, des plateformes recrutent en ce moment des milliers de personnes: développeurs, juristes, profs, conseillers clients, journalistes… Leur mission ? Corriger les erreurs des IA, leur apprendre à mieux répondre, mieux écrire, mieux raisonner.
Exemple concret: Mercor, une entreprise américaine, qui emploie des dizaines de milliers d’indépendants dans le monde. On s’inscrit sur la plateforme, on passe un entretien d’embauche avec une intelligence artificielle, pour prouver qu’on est bien expert dans son domaine et c’est parti.
Prenez un juriste par exemple: on va lui faire lire et analyser des clauses de non-concurrence ou des contrats rédigés par ChatGPT, corriger les erreurs juridiques et les hallucinations, améliorer la formulation. Ça peut aussi être un chatbot de service après-vente qui répond à un client qui veut se faire rembourser. L’humain va corriger le ton, améliorer l’empathie.
Ça peut aussi être journaliste: on va lui faire lire des articles publiés par l’intelligence artificielle. Il donne un regard humain sur ce qui pourrait être amélioré et rendre les articles plus réalistes et donner envie à un lecteur humain de lire l’article. En clair: on utilise l’expérience des humains pour rendre les machines meilleures que les humains. Et c’est plutôt bien payé. Pour les juristes, entre 100 et 150$ de l’heure par exemple alors que l’entreprise est valorisée 10 milliards de dollars.
Des entraînements pour vous remplacer à terme?
Le problème c’est que ça ne peut durer qu’un temps : une fois que l’IA est formée, on n’a plus besoin de vous ! C’est le définition même de l’expression « scier la branche sur laquelle on est assis ». Pendant quelques mois, on vous paie pour transmettre votre savoir-faire. Puis, quand l’IA sait faire seule, la mission s’arrête. C’est la première fois dans l’histoire qu’un métier consiste à apprendre à une machine à faire disparaître ce métier.
L’ironie, c’est aussi que sur ces plateformes, on trouve souvent des demandeurs d’emploi, mis au chômage à cause de l’arrivée de l’IA dans leur entreprise ! Ça concerne tous les secteurs d’activité.
Même les comédiens sont concernés. Sur la plateforme Handshake, ils sont payés 70 euros de l’heure pour des sessions d’improvisation. Répondre, le plus naturellement et le plus spontanément possible à une question, jouer un personnage. L’objectif: générer de la data pour entraîner les grands modèles d’IA à devenir plus proches des humains dans leurs interactions, apprendre aux IA à sembler spontanées, drôles, humaines.
Or c’est cette qualité purement humaine qui est aujourd’hui la seule valeur ajoutée entre un comédien humain et un avatar virtuel. En clair, on propose à des acteurs de s’auto-remplacer. C’est la naissance d’un nouveau marché du travail où l’humain devient une matière première pour entraîner les machines.
Encore plus fou, on peut « louer son corps à une IA »
L’IA sait réfléchir mais elle ne peut pas encore se déplacer. Alors certaines plateformes utilisent des humains comme bras et jambes. Ça s’appelle RentAHuman, littéralement « louer un humain ». Vous recevez une mission sur votre téléphone. On vous dit: « allez dans un magasin, prenez une photo d’un produit, notez le prix ». Ce n’est pas une entreprise qui vous a envoyé. C’est une intelligence artificielle qui a besoin de données.
« Allez dans tel resto italien, commandez ce plat de pâtes et faites nous un retour détaillé sur le goût, la présentation, la taille des portions ». Le but c’est d’entraîner des modèles plus précis et plus « réels », de comprendre le comportement des consommateurs, d’améliorer des recommandations.
On devient les bras et les jambes de l’IA si l’on peut dire. Ça va de 1 à 100 euros la tâche et des dizaines de milliers de personnes se sont inscrites. Bref, ce n’est plus l’humain qui utilise l’intelligence artificielle. C’est l’intelligence artificielle qui utilise des humains.
Source : rmc.bfmtv.com
Conclusion : Notre rédaction suivra les développements à venir et partagera des analyses.

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