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24 avril 2026
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24 avril 2026Analyse : Voici un aperçu des faits selon nos journalistes.
Selon nos experts, « pourquoi le carburant est aussi bon marché là-bas » mérite une attention particulière.
Résumé à retenir
Malgré un prix de l’essence bien plus bas qu’en Europe, la hausse récente du carburant aux États-Unis alimente un mécontentement important des ménages, en raison de leur dépendance à la voiture et du poids économique et psychologique du carburant.
Les Américains sont excédés. La flambée des prix de l’essence fait à nouveau la une aux États-Unis. Après avoir dépassé les 3 dollars en mars, les prix ont franchi la barre symbolique des 4 dollars le gallon, un niveau inédit depuis quatre ans. De quoi alimenter un mécontentement croissant des consommateurs américains, qui dénoncent une pression accrue sur leur pouvoir d’achat.
Dans ce contexte, la sensibilité des ménages est particulièrement forte. Selon une enquête relayée par Business Insider, près de 69% des Américains se disent très préoccupés par le prix de l’essence. Et les effets sont concrets: d’après une étude LendingTree, 31% des consommateurs ont déjà modifié leurs habitudes de dépenses, tandis que 62% anticipent un répercussion significatif sur leur situation financière.
Mais au fait, ça représente quoi cette barre irritante de 4 dollars le gallon d’essence? Un gallon représente près de 3,8 litres. Donc 4 dollars le gallon, c’est 1,06 dollar le litre. Et converti en euro, cela ne fait plus que 86 centimes le litre d’essence. Autrement dit, l’Amérique est à cran alors que son essence coûte… deux fois moins cher qu’en France.
Comme vous pouvez le constater dans le graphique ci-dessus, les prix américains sont parmi les plus bas du monde. Au 20 avril, le litre d’essence était vendu en moyenne l’équivalent de 98 centimes d’euro outre-Atlantique contre environ de 2 euros en Allemagne ou en France, 1,80 euro au Royaume-Uni ou encore 1,20 euro en Chine. Certes, les Américains roulent beaucoup, 21.000 km par an en moyenne par automobiliste selon le gouvernement contre 12.000 km en France. Mais l’écart de prix n’en reste pas moins considérable.
Quand un plein de 50 litres d’essence coûte actuellement 100 euros à la pompe en France, un Américain paie l’équivalent de 49 euros. Bien moins que ce que payait un Français quand le carburant était au plus bas en février dernier…
Et c’est la fiscalité qui explique l’essentiel de la différence. Outre-Atlantique, les taxes représentaient en mars selon S&P Energy environ 60 cents pour un gallon qui était vendu 3,64 dollars au client final, soit moins de 16,5% du prix total. La taxe fédérale ne représente que 18,40 cents le gallon, soit l’équivalent de 5 centimes d’euros par litre.
Aux États-Unis, la fiscalité sur les carburants repose historiquement sur une logique simple: financer les infrastructures routières. Depuis la création en 1956 du Highway Trust Fund sous le président Eisenhower, les taxes sur l’essence sont principalement affectées à l’entretien des routes et des autoroutes. Le principe est celui du « user pays » (« l’usager paye »): l’automobiliste finance directement le réseau qu’il utilise. Si une petite partie des recettes peut soutenir certains projets de transports publics, cela reste marginal. Cette approche explique en grande partie pourquoi les taxes sur les carburants sont parmi les plus basses au monde outre-Atlantique.
Ce n’est que plus récemment dans les années 2000 et surtout 2010 que certains États américains, comme la Californie, ont introduit des taxes plus élevées et des réglementations environnementales pour limiter l’usage de l’essence.
À l’inverse, en Europe, elles pèsent entre 50% et 60% du prix à la pompe. TVA, accises, taxes environnementales: le carburant constitue une source importante de financement public et un levier de politique énergétique.
En France, les taxes sur les carburants représentent près de 50 milliards d’euros par an, faisant de l’essence non seulement un enjeu énergétique mais aussi une ressource fiscale majeure pour l’État et les collectivités. Par exemple, sur les 170 millions d’euros de surplus de taxes depuis la flambée des prix en mars, « 80 millions d’euros reviennent à l’État, le reste est affecté aux collectivités territoriales et à la Sécurité sociale », a précisé Bercy.
Résultat: quand les recettes totales des taxes sur le carburant s’élèvent à près de 50 milliards d’euros par an en France, elles ne pèsent « que » 95 milliards de dollars aux États-Unis (88 milliards d’euros) selon les estimations du Census Bureau. Les recettes américaines sont à peine 1,8 fois supérieures dans un pays qui compte six fois plus d’automobilistes.
Premier producteur mondial
Autre élément avancé: la position énergétique des États-Unis. Le pays est aujourd’hui le premier producteur mondial de pétrole, bien au-delà de son niveau lors des chocs pétroliers des années 1970. Cette puissance de production lui permet de mieux amortir les crises internationales et de limiter l’impact des tensions sur les prix domestiques. Une situation très différente de celle des économies européennes, plus dépendantes des importations.
Mais cet élément explicatif est secondaire par rapport à la fiscalité. Les gros pays producteurs de pétrole n’ont pas tous une essence bon marché. Si c’est le cas en Arabie Saoudite avec un litre d’essence vendu moins de 60 centimes le litre actuellement, il est bien plus cher en Norvège où les prix à la pompe sont grosso modo les mêmes qu’en France.
Les Américains sont donc bien mieux lotis que les Européens mais ce différentiel de prix ne suffit pas à apaiser les tensions. Dans un pays où les alternatives à la voiture restent limitées, le carburant est une dépense incontournable. La moindre hausse est immédiatement ressentie.
Au-delà de l’impact économique, c’est aussi le poids psychologique qui joue. Les prix à la pompe, affichés partout et consultés régulièrement, occupent une place particulière dans la perception de l’économie. Ils deviennent un marqueur direct du pouvoir d’achat.
La question dépasse désormais le seul cadre économique. Elle s’impose comme un enjeu politique majeur. Dans plusieurs reportages, des électeurs expliquent que leur vote pourrait être influencé par le niveau des prix de l’essence, devenu un symbole du coût de la vie et, plus récemment, du coût des tensions internationales. Certains phénomènes, comme la hausse des vols de carburant, témoignent également d’un climat de tension croissant.
Au total, même si les prix restent inférieurs à ceux observés en Europe, leur impact économique est loin d’être négligeable. Selon des économistes du Stanford Institute for Economic Policy Research, la flambée des prix de l’essence pourrait coûter en moyenne 857 dollars supplémentaires par an aux ménages américains. L’effet volume, lié à une consommation très élevée, amplifie considérablement la facture.
Source : www.bfmtv.com
Conclusion : Les faits continueront d’être suivis pour fournir une analyse complète.

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