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24 avril 2026Vrai ou faux. Avec la hausse des prix des carburants, les parlementaires actionnaires de TotalEnergies ont-ils pour objectif de « s’en mettre plein les poches » ? – franceinfo
Analyse : L'équipe partage son regard sur les points principaux de cette information.
L'article « Vrai ou faux. Avec la hausse des prix des carburants, les parlementaires actionnaires de TotalEnergies ont-ils pour objectif de « s’en mettre plein les poches » ? – franceinfo » a retenu l'attention de notre équipe.
Ce qu’il faut observer
L’accusation est portée par toute la sphère insoumise, en pleine hausse du prix des carburants. De Jean-Luc Mélenchon qui écrivait sur X le 30 mars que « 14 parlementaires de la majorité de Lecornu,, dont la présidente de l’Assemblée nationale, sont actionnaires de Total ! Pourquoi ne proposeraient-ils pas eux-mêmes à leurs amis les autres actionnaires de bloquer les prix de l’essence ? Sinon des méchantes langues diront qu’ils refusent le blocage des prix pour protéger leurs revenus », au coordinateur de La France insoumise Manuel Bompard, qui a affirmé le 15 avril sur Public Sénat que « vous avez une quinzaine de députés, 20 parlementaires, 14 de la coalition présidentielle qui possèdent près de 400 000 euros d’actions de Total », en passant par l’eurodéputée LFI Manon Aubry qui a déclaré le 12 avril sur CNews et Europe 1 qu’il « y a une quinzaine de députés à l’Assemblée nationale qui possèdent des parts dans Total, donc dont l’objectif n’est pas de légiférer contre Total parce qu’ils s’en mettent plein les poches ».
Le site internet L’Insoumission publie par ailleurs une liste de ces parlementaires qui seraient actionnaires du groupe TotalEnergies. Le Vrai ou Faux a voulu vérifier.
En épluchant les déclarations d’intérêts faites par tous les parlementaires, peu après leur élection ou leur réélection, auprès de la Haute autorité pour la transparence de la vie publique, nous avons compté 12 députés actionnaires de TotalEnergies, principalement des centristes (MoDem, Horizons, LIOT) ou macronistes (Renaissance), des élus de droite (Les Républicains) et quelques-uns d’extrême droite (Rassemblement national et Union des droites pour la République, le parti d’Éric Ciotti).
Nous avons aussi compté sept sénateurs, dont trois socialistes, trois Les Républicains et un indépendant. Ce qui fait un total de 19 parlementaires, qui sont aussi actionnaires de TotalEnergies.
Tous n’ont pas autant d’actions. Le parlementaire qui a le moins d’actions TotalEnergies en possède dix, pour une valeur de 760 euros (selon le cours de l’action Total le 24 avril). Celui qui en a le plus possède 539 actions, pour une valeur de 40 964 euros. La valeur de ces actions, qui constituent leur patrimoine, fluctue en fonction du marché, mais il ne s’agit pas de sommes qu’ils ont sur leur compte bancaire.
En 2025, une action Total rapportait 3,40 euros de dividendes, en hausse de 7,6% par rapport à 2024, selon le site du groupe. Les parlementaires actionnaires du groupe sont donc censés avoir perçu entre 34 euros et 1 833 euros de dividendes cette année-là. On ne sait pas encore ce qu’il en sera en 2026, mais TotalEnergies prévoit déjà une hausse de ses résultats au troisième trimestre de cette année grâce à l’augmentation de ses marges de raffinage, selon Les Echos investir. Le Financial Times affirme que TotalEnergies a réalisé près d’un milliard d’euros de bénéfices depuis le début de la guerre au Moyen-Orient.
Il faut préciser que le capital social du groupe est constitué de plus de 2,2 milliards d’actions, selon le guide de l’actionnaire rédigé par TotalEnergies. Cela signifie que le parlementaire qui a le plus d’action Total ne possède que 0,00002% du capital du groupe et qu’il n’a donc pas de pouvoir d’influence sur les décisions qui y sont prises.
Voici la liste complète des parlementaires qui ont des actions TotalEnergies :
- Jean-Philippe Tanguy, député RN de la Somme : 10 actions
- Nicolas Turquois, député MoDem de la Vienne : 12 actions
- Olivier Fayssat, député UDR des Bouches-du-Rhône : 17 actions
- Jordan Guitton, député RN de l’Aude : 38 actions
- Véronique Louwagie, députée LR de l’Orne : 56 actions
- Nicolas Ray, député Les Républicains de l’Allier : 78 actions
- Sylvie Robert, sénatrice PS d’Ille-et-Vilaine : 88 actions
- Gilbert-Luc Robert Devinaz, sénateur PS du Rhône : 90 actions
- Lucien Stanzione, sénateur PS du Vaucluse : 100 actions
- Agnès Firmin Le Bodo, députée Horizons de Seine-Maritime : 120 actions
- Graziella Melchior, députée Renaissance du Finistère : 139 actions
- Agnès Canayer, sénatrice apparentée LR de Seine-Maritime : 144 actions
- Yaël Braun-Pivet, députée Renaissance des Yvelines et présidente de l’Assemblée nationale : 150 actions
- Jean-Luc Brault, sénateur Les Indépendants : 164 actions
- Jean-Marie Fievet, député Renaissance des Deux-Sèvres : 209 actions
- Sabine Thillaye, députée MoDem d’Indre-et-Loire : 241 actions
- Catherine Dumas, sénatrice LR de Paris : 269 actions
- Christian Cambon, sénateur LR du Val-de-Marne : 390 actions
- Jean-Luc Warsmann, député LIOT des Ardennes : 539 actions
Nous avons contacté Manon Aubry et Manuel Bompard pour savoir s’ils avaient des éléments qui permettraient de montrer que ces élus agissent dans leur intérêt financier, comme l’a affirmé l’eurodéputée. « Ce que nous disons plus précisément c’est qu’une quinzaine de parlementaires de coalition gouvernementale n’ont pas intérêt à ce qu’il y ait un blocage des prix du fait de la détention d’actions de l’entreprise, a répondu Manuel Bompard. Je n’ai jamais dit qu’ils prenaient leurs décisions dans leur intérêt personnel d’actionnaire, mais c’est un risque qui a précisément conduit le législateur à exiger une certaine transparence sur le sujet. »
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« À ma connaissance, aucun des parlementaires actionnaires de Total n’a exprimé de position allant à l’encontre des intérêts de cette même entreprise », a pour sa part répondu Manon Aubry. À ses yeux, l’opposition de ces parlementaires au blocage des prix des carburants est clairement un « conflit d’intérêt ». « On peut légitimement se poser la question sur la corrélation entre leurs intérêts financiers personnels et leurs positions politiques : quand une partie de leur rémunération dépend du cours de bourse et des profits de Total, le moins que l’on puisse dire c’est qu’ils ne sont pas incités à réguler ses marges », conclut-elle.
Nous avons contacté tous les parlementaires concernés. Tous n’ont pas répondu, mais ceux qui l’ont fait contestent évidemment tout conflit d’intérêt. La plupart ne se sont d’ailleurs pas exprimés publiquement sur la hausse du prix du carburant depuis le début de la guerre au Moyen-Orient ni sur les solutions qu’ils envisagent. Plusieurs élus expliquent avoir contracté un plan d’épargne en actions (PEA) dans les années 1990 ou 2000 et avoir investi dans Total à une époque où le gouvernement encourageait à le faire pour soutenir les entreprises françaises.
C’est notamment le cas de Graziella Melchior, députée Renaissance du Finistère, 139 actions TotalEnergies. « Ces actions qui suivent leur cours n’influent en aucune manière sur mes prises de position de députée. Je ne fais aucun lien ni aucun rapprochement entre les entreprises visées par La France insoumise dont TotalEnergies et la gestion de mes affaires personnelles », assure-t-elle. La députée est vice-présidente de la Mission d’information sur les éco-organismes à l’Assemblée nationale. « Si j’étais un soutien indéfectible de TotalEnergies, je ne pense pas que je travaillerais sur ces sujets, commente la députée. Je pense être suffisamment honnête pour faire la part des choses et quand je vote, ce n’est ni en fonction de mon intérêt particulier ni en celui de TotalEnergies. »
C’est aussi le cas de Nicolas Turquois, député MoDem de la Vienne. « J’ai 12 actions Total, ça représente une somme dérisoire », relativise-t-il. Ces actions ont une valeur de 912 euros et sont censées lui avoir rapporté 40 euros de dividendes en 2025, alors qu’un député perçoit une indemnité parlementaire de plus de 7 600 euros brut par mois, selon le site de l’Assemblée nationale. « le réalité d’avoir ces actions-là n’influence en rien mon vote. 12 actions, c’est totalement accessoire pour moi dans l’absolu et je trouve que pointer ses éléments-là est assez détestable en la matière. »
la intervention est même assez épidermique chez Jean-Philippe Tanguy, député RN de la Somme, 10 actions, qui trouve ces accusations « honteuses ». « Ma possession d’actions Total vise à avoir accès aux informations mises à la disposition des actionnaires pour surveiller ce que prépare Total quant à la rumeur d’installation aux États-Unis », explique-t-il.
Le sénateur Les Indépendants du Loir-et-Cher Jean-Luc Brault avait oublié qu’il avait 164 actions TotalEnergies et trouve ces accusations « terribles ». Il a vendu son entreprise il y a quelques décennies et a lancé un « petit actionnariat géré par son banquier ». « Moi je suis même prêt à signer demain matin un papier contre Total sur les résultats de ce qu’ils font, sur les bénéfices qu’ils font », assure le centriste qui se dit ancien communiste, mais qui pense que le levier d’action est surtout sur les taxes sur le prix du carburant.
Le sénateur socialiste du Rhône Gilbert-Luc Robert Devinaz, 90 actions, nous fait savoir via sa collaboratrice que lui non plus ne se préoccupe pas vraiment de ses actions et que cela ne l’influence pas. La sénatrice socialiste d’Ille-et-Vilaine Sylvie Robert, 88 actions, abonde. Au contraire même, « j’ai toujours soutenu les positions de mon groupe visant à évoluer vers une fiscalité plus verte, notamment dans le cadre des projets de loi de finances (PLF) successifs, ainsi que sa contribution dans le cadre de la commission d’enquête sur Total Energies conduite en 2024 », assure-t-elle. Et en effet, cela se vérifie.
Pour savoir si ces députés et sénateurs sont influencés par leurs actions TotalEnergies, nous avons observé leur activité parlementaire en retrouvant les propositions de loi et les amendements qu’ils ont signés ou votés ces dernières années. Nous avons d’abord cherché s’ils avaient soutenu des mesures qui allaient contre les intérêts financiers de TotalEnergies ou s’ils se positionnaient toujours en faveur du groupe pétrolier. Mais nous avons aussi comparé leurs prises de position avec celles des autres membres de leur groupe politique pour savoir s’ils allaient parfois à contre-courant, notamment quand il s’agit du groupe pétrolier.
Notre constat est que les parlementaires sont bien plus influencés par leur groupe politique que par leurs actions TotalEnergies. Les exemples les plus frappants sont ceux des parlementaires qui signent des projets de loi, des amendements pour taxer les superprofits du groupe pétrolier, alors que cela va contre leurs intérêts financiers personnels.
C’est le cas des trois sénateurs socialistes. Sylvie Robert, Gilbert-Luc Robert Devinaz et Lucien Stanzione ont, par exemple, tous les trois signé un amendement au PLF 2023 proposé par leur groupe pour taxer les superprofits et qui visait nommément TotalEnergies. Ils ont aussi tous les trois voté pour un amendement centriste à ce même PLF 2023 qui voulait la même chose, mais qui était moins disant. Sylvie Robert a récemment signé un amendement au PLF 2026 toujours pour créer cette fameuse taxe sur les superprofits.
C’est le cas aussi de Nicolas Ray, député LR de l’Allier, 78 actions. Ces dernières semaines, il a appelé à une réduction de la TICPE, une taxe sur le carburant, afin de réduire le prix à la pompe. Il a notamment interpellé le ministre de l’Économie Roland Lescure à ce sujet en commission des Finances. Il avait déjà eu la même idée en 2023, après une flambée des prix provoquée par la guerre en Ukraine. À ce moment-là, il avait déposé une proposition de loi pour abaisser cette taxe et pour la compenser par une taxe sur les superdividendes des grandes entreprises et le groupe pétrolier était nommément cité.
On peut citer aussi Jean-Philippe Tanguy, 10 actions, qui a déjà déposé un amendement au PLF 2023 pour instituer « une contribution exceptionnelle sur les bénéfices exceptionnels des sociétés pétrolières et gazières » à hauteur de 25%. Il a aussi voté pour un amendement de La France insoumise au PLF 2026 pour taxer les multinationales sur leurs bénéfices réalisés en France, comme quasiment tout son groupe politique. « Je mène depuis un mois des investigations publiques sur les scandales de la gestion des stocks pétroliers, en particulier via l’actionnariat et les cadres détachés de Total, se défend-t-il auprès de franceinfo. J’ai fait une conférence de presse, plusieurs vidéos qui ont fait des millions de vues et j’ai obtenu l’audition publique en commission finance du PDG de la SAGESS qui est détaché de Total. J’ai aussi fait de nombreuses interventions publiques sur la situation délabrée de la raffinerie de Donges et sur le maintien de Total en France face aux menaces de délocalisation. »
Même le député qui a le plus d’actions TotalEnergies, Jean-Luc Warsmann du groupe LIOT, 539 actions, a déjà signé en 2022 un amendement pour créer une contribution exceptionnelle sur les résultats des entreprises du secteur de l’énergie. À l’époque, tout son groupe avait signé ce texte.
Cette façon de suivre son groupe est assez flagrante aussi lorsque l’on regarde les votes des députés Renaissance, MoDem ou LIOT actionnaires TotalEnergies. Lors des débats sur le PLF 2026, ceux qui ont participé au vote n’ont pas voté l’amendement insoumis pour taxer les multinationales en proportion de leurs bénéfices réalisés en France, comme leurs groupes. En revanche, comme leurs groupes, ils ont voté pour un amendement du gouvernement qui visait à reconduire la contribution exceptionnelle sur les bénéfices des grandes entreprises, introduite dans le PLF 2025.
De la même façon, quand les députés actionnaires Les Républicains, Renaissance et MoDem ont voté en 2022 pour l’installation d’un terminal méthanier flottant au Havre, ils ont voté comme les autres députés de leur groupe politique (ici et ici). On ne peut donc pas en conclure que leurs intérêts financiers personnels auraient pesé davantage sur leur décision que leurs opinions politiques. C’est d’ailleurs l’un des éléments de la réponse de la députée Renaissance Graziella Melchior, 139 actions, qui a voté pour ce méthanier en 2022, mais qui était absente lors du vote des différents amendements (LFI ou du gouvernement) au PLF 2026 pour taxer les bénéfices des grandes entreprises.« De nombreux députés, y compris des députés n’ayant pas d’actions TotalEnergies n’ont pas pris position en faveur de la taxation des marges et des superprofits de cette entreprise. La possession d’actions n’est donc pas un critère », assure-t-elle.
Source : www.franceinfo.fr
Conclusion : Les évolutions seront analysées par notre équipe pour vous tenir informés.

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