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24 avril 2026« L’idée, c’est que dans trois ans ou cinq ans, vous puissiez, en tant que propriétaire, prouver que vous avez changé de catégorie », explique Vincent Jeanbrun, ministre du Logement – franceinfo
Analyse : L’équipe éditoriale a relevé les éléments importants à connaître.
Voici notre analyse rapide sur « « L’idée, c’est que dans trois ans ou cinq ans, vous puissiez, en tant que propriétaire, prouver que vous avez changé de catégorie », explique Vincent Jeanbrun, ministre du Logement – franceinfo ».
À ne pas oublier
Sur le plateau des « 4 Vérités », vendredi 24 avril, le ministre de la Ville et du Logement précise plusieurs points du troisième programme national de rénovation urbaine annoncé la veille, et de la nouvelle loi logement souhaitée par l’exécutif. Concernant le retour controversé de milliers de passoires thermiques sur le marché locatif sous certaines conditions, il évoque « un regard » sur le diagnostic de performance énergétique sous trois ou cinq ans, qui permettrait aux propriétaires de continuer à louer leur bien.
La mesure envisagée par le gouvernement d’autoriser à nouveau certains propriétaires de logements mal isolés à louer leur bien se précise. Jeudi 23 avril, le Premier ministre et le ministre du Logement, Vincent Jeanbrun, ont détaillé un nouveau projet de loi pour répondre à la crise du logement en France. « Entre 650 000 et 700 000 logements » devraient ainsi être maintenus ou remis sur le marché, avec l’obligation « très, très claire de faire les travaux » pour les propriétaires, confirme le ministre ce vendredi 24 avril dans les « 4V ».
Ce texte correspond à une partie de la retranscription de l’interview ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.
Alexandre Peyrout : Vous étiez à Marseille hier pour annoncer un grand plan choc pour le logement et dans ce plan, il y a une mesure qui fait beaucoup parler, c’est l’assouplissement des règles sur la location des passoires thermiques, des logements qui avaient été interdits à la location en 2021. Vous voulez maintenant les remettre sur le marché. Est-ce que ça signifie que le gouvernement n’a plus d’ambition écologique ?
Vincent Jeanbrun : Non, c’est tout l’inverse. Mais c’est une ambition concrète et pragmatique. Vous savez, on parle de quasiment 700 000 logements, ça signifie plusieurs millions de personnes, plusieurs millions de Français qui peuvent demain être mis à la rue parce qu’on ne pourra plus leur louer leur logement. Ces gens, évidemment, il faut qu’on leur préserve le droit d’avoir un logement. Et puis l’ambition écologique, c’est de faire en sorte que les logements en question puissent être transformés. Or, on se rend compte d’une chose, c’est que si vous empêchez le propriétaire de louer, vous le privez d’une ressource qui pourrait venir financer les travaux.
Ça représente combien de logements qui pourraient être remis sur le marché ?
On est entre 650 000 et 700 000 logements, c’est considérable, avec le dispositif qu’on propose, c’est-à-dire un assouplissement de trois ans pour les maisons individuelles, de cinq ans pour les appartements collectifs, avec, par contre, évidemment une obligation très, très claire de faire les travaux. On estime qu’on peut permettre aux gens de continuer à habiter dans un logement, au moment où la crise est telle que si vous enlevez 700 000 logements du marché, ça va aggraver cette crise.
Mais comment est-ce qu’on s’assure qu’ils vont être faits, ces travaux ? Est-ce qu’il y aura des contrôles sur les propriétaires ?
Vous savez, pour pouvoir louer, vous devez faire le DPE, le diagnostic de performance énergétique. Aujourd’hui, ces notes, elles existent, sinon on ne parlerait pas de passoire, on dirait F et G. Et l’idée, c’est que, dans trois ans ou cinq ans, en fonction de la typologie du logement, vous puissiez, en tant que propriétaire, prouver que vous avez changé de catégorie.
Ça passera par quoi ? Par une signature de contrat, est-ce qu’il y aura des contrôles a posteriori et des sanctions ?
Il y aura évidemment un regard sur, est-ce qu’au bout de trois ans, au bout de cinq ans, la lettre du DPE a changé. Ça paraît évident. Et ce sont des choses qu’on va travailler avec le Parlement.
Vous dites, on va reloger du monde, mais est-ce que ça n’a pas quelque chose d’indécent de dire au locataire : désolé, il n’y a pas le choix, mais comme il n’y a pas assez de logements décents, vous allez devoir vivre dans des logements où il fait 12 degrés l’hiver ?
Non, alors d’abord, il ne s’agit pas de dire qu’il va faire 12 degrés l’hiver…
Dans des passoires thermiques, c’est le cas.
Dans ce cas-là, on est dans un logement indigne. Attention, il ne faut pas confondre un logement où effectivement il y a de la déperdition thermique et donc ça coûte plus cher en chauffage, ce qui est un problème et c’est pour ça qu’on veut continuer à rénover ces logements, et ce que vous évoquez, où là on est sur du logement indigne, indécent, non habitable, ce n’est pas du tout la même chose.
Vous avez également annoncé un nouvel acte de rénovation urbaine pour les quartiers. C’est ce qu’on appelle l’acte 3 de l’ANRU. Concrètement, qu’est-ce que vous voulez changer dans les quartiers ?
C’est vraiment une nouvelle très attendue par beaucoup de communes en France et donc par des millions d’habitants, cette ambition de lancer un nouvel ANRU, un nouveau programme d’innovation urbaine. On se souvient que Jean-Louis Borloo avait lancé le premier, et c’est pour moi une immense fierté aux côtés du Premier ministre de lancer ce troisième volet. Un volet que j’appelle l’ANRU 3, mais peut-être même l’ANRU 360, c’est-à-dire un ANRU un peu différent.
Vous voulez intégrer les questions de sécurité, de santé notamment ? Ça veut dire quoi ? Mettre plus de policiers, plus de médecins dans ces quartiers, notamment ?
Pas forcément. C’est que quand on rénove le quartier, on pense à de la démolition-reconstruction, on pense à un réaménagement de quartier. On met la question de la sécurité au cœur des problématiques. Historiquement, l’ANRU se disait : est-ce qu’on démolit ou pas un logement en fonction de la qualité du bâtiment ? Nous, ce qui nous intéresse, ce ne sont pas les logements, ce ne sont pas les bâtiments, ce sont les gens. Et notamment, la sécurité est devenue un enjeu fort dans ces quartiers. Avec une idée simple : c’est que peut-être que cette barre-là, elle est relativement en bon état, mais on va la démolir quand même parce que ça va permettre de désenclaver le quartier, de créer de la circulation et de la sécurité, par exemple. Et chose importante de cet ANRU, c’est qu’il ne concernera pas uniquement les grands ensembles, les grands quartiers, dans les quartiers prioritaires, mais aussi les villes moyennes. Et ça, c’est une nouveauté, c’est très attendu et très important.
Donc, un spectre plus large, mais ça signifie forcément que ça va coûter cher. Le précédent ANRU avait coûté jusqu’à 12 milliards d’euros. Est-ce que vous savez combien ça va coûter et comment est-ce que vous allez le financer dans la mesure où on a déjà du mal à financer, par exemple, les aides carburants ?
Vous savez, l’ANRU a ça d’extraordinaire, que ça mobilise un tout petit peu d’argent d’État. Sur les 12 milliards, beaucoup d’argent des partenaires sociaux avec Action Logement, qui représente le patronat et les syndicats de salariés qui financent ce qu’à l’époque on appelait le 1 % patronal, qui finance. C’est le plus gros financeur de l’ANRU. Vous avez les bailleurs sociaux qui cotisent et vous avez la Caisse des dépôts. Ce qui fait que l’État lui-même, donc l’impôt direct des Français, on est à moins de 10 % sur les deux précédents ANRU. Donc vous voyez, on est sur quelque chose où ce sont les partenaires sociaux et les bailleurs, à la Caisse des dépôts, qui financent un projet qui derrière — vous parliez de 10 milliards — génère en investissement pour notre pays plus de 40 milliards. Donc moi, j’ai tendance à penser que ça en rapporte de l’argent à notre pays. Et ça change la vie des gens, ce qui est le plus important.
Dans ce projet de loi que vous allez présenter prochainement pour une adoption, vous l’espérez, avant la fin de l’été, il y a aussi le cas de pouvoir redonner du pouvoir aux maires dans l’attribution des logements sociaux. Est-ce que ce n’est pas la porte ouverte au clientélisme et à l’arbitraire ? Est-ce que demain, un maire ne pourra pas faire un peu n’importe quoi, loger un proche ou au contraire empêcher un opposant d’accéder aux logements sociaux ?
D’abord, merci de parler de ce troisième axe dans le plan, c’est-à-dire un plan de décentralisation. On fait confiance au terrain, on fait confiance aux élus locaux et aux préfets. Ensuite, pas du tout, l’idée c’est évidemment de proposer que les maires aient une participation très active à la politique de peuplement. Pardon, c’est un mot un peu technique, mais en gros faire en sorte que les habitants de sa propre ville puissent bénéficier des logements sociaux, par exemple, qui seraient construits sur sa ville.
Là aussi, il y aura des garde-fous ?
Mais bien sûr, déjà aujourd’hui, vous avez ce qu’on appelle des commissions d’attribution de logement, qui sont paritaires. Ça se fait dans la transparence.
Ce n’est pas les maires demain qui choisiront individuellement ?
Exactement. Il faut être très clair là-dessus. On ne choisit pas Mme untel à l’appartement 12B, mais je donne des critères qui font que je souhaite que les habitants soient priorisés. L’artisan, le boulanger qui a besoin d’un salarié parce que sinon la boulangerie va fermer… Qu’on puisse critériser ce type de choses. C’est très important. Et moi, j’étais maire, je fais confiance aux maires.
Une dernière question. Vous étiez membre des Républicains à votre entrée au gouvernement avant d’en être suspendu par Bruno Retailleau. Justement pour cette raison, Bruno Retailleau qui a été désigné candidat pour 2027 par les adhérents de LR. Est-ce que vous voterez pour lui en 2027 ?
Je crois à la nécessité d’avoir une candidature unique du bloc central et de la droite.
Bruno Retailleau peut l’être ?
Je me battrai pour que tous ceux qui sont candidats aujourd’hui puissent s’entendre et qu’on ait une candidature gagnante. Aujourd’hui, aucune des candidatures annoncées ou pressenties n’est gagnante seule. Il faudra ce rassemblement et donc je le soutiendrai.
Vous avez toujours votre carte chez Les Républicains ?
Nous avons été suspendus et on n’a pas eu le droit de réadhérer, donc malheureusement, non. C’est pour ça que je n’ai pas pu voter au congrès qui a eu lieu il y a quelques jours. Mais vous savez, au-delà des personnes, c’est le fond qui est intéressant. Et moi, je suis un peu inquiet de ce que j’ai entendu hier dans la bouche de Monsieur Retailleau, au pied d’un quartier sensible dans les Hauts-de-Seine à Nanterre, où globalement, il a promis simplement d’envoyer les chars dans les quartiers. Je crois que les quartiers méritent mieux que des chars. Ils méritent plutôt un grand programme de rénovation urbaine, comme on l’a proposé hier avec le Premier ministre.
Source : www.franceinfo.fr
Conclusion : Notre rédaction reste attentive à l'évolution de cette actualité.

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