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5 mars 2026Cet accord de l’Union européenne avec l’Inde est une très bonne nouvelle pour les vignerons français
JEAN-MARC BARRERE / Hans Lucas via AFP
L’Inde et l’UE ont officialisé ce mardi 27 janvier la conclusion d’un vaste accord de libre-échange commercial, qui profite entre autres aux vignerons. (Photo d’illustration de bouteilles de vin rouge dans un supermarché Leclerc, le 6 janvier 2026.)
De nombreux vignerons français vont avoir la banane. Après 20 ans de négociations, l’Inde et l’Union européenne (UE) ont officialisé ce mardi 27 janvier la conclusion d’un vaste accord de libre-échange commercial, qui va créer « une zone de libre-échange de deux milliards de personnes ».
Il prévoit une réduction drastique des taxes indiennes sur la quasi-totalité des importations européennes, en particulier celles frappant les voitures, le vin et les pâtes, selon une déclaration de l’UE.
Les droits de douane indiens sur les véhicules doivent ainsi passer 110 à 10 %, ceux sur les vins baisser de 150 à 20 % et ceux sur les pâtes ou le chocolat, actuellement à 50 %, être totalement supprimés, selon Bruxelles, qui estime à quatre milliards d’euros le montant annuel de la réduction de ses taxes.
Crise de la consommation en France
Alors que le traité européen avec les pays du Mercosur devrait apporter aux vignerons une première bouffée d’oxygène, ils peuvent désormais se réjouir de ce nouvel accord qui devrait porter ses fruits. L’ouverture à ces deux nouveaux marchés, en Amérique latine et en Asie, est en effet une sacrée aubaine alors qu’une crise de la consommation touche la filière viticole et que des « dizaines de milliers d’hectares » de vignes ont été arrachées ces dernières années, rappelle François Labet, coprésident des Vins de Bourgogne, à la radio Ici.
« La filière viticole est toujours plus encline à concrétiser ces accords internationaux. Un traité tel que le Mercosur, c’est pour nous une garantie de stabilité des taxes d’importation. C’est une facilité douanière pour exporter nos vins vers ces pays-là », détaille Thiébault Hubert, président du syndicat professionnel, la Confédération des appellations et des vignerons bourguignons (CAVB), toujours auprès de nos confrères d’Ici. Depuis le début de sa carrière, celui qui est aussi vigneron n’a jamais vendu une seule bouteille au Brésil et espère vite que ça change.
En France, « le marché du vin est en récession car les gens consomment moins d’alcool et chaque fois que l’on peut nous faciliter des accords de libre-échange, c’est une bonne nouvelle », affirme de son côté l’autre co-président des Vins de Bourgogne, Laurent Delaunay, au Parisien. Avant d’exposer un constat clair : « Cent millions de bouteilles de Bourgogne, une bouteille sur deux produite chaque année, sont exportées dans 180 pays ».
Un marché indien très dynamique
L’accord entre l’UE et l’Inde vient donc comme une deuxième cerise sur le gâteau, en rendant les vins européens bien plus abordables et attractifs pour les consommateurs indiens. D’autant que l’Inde est aujourd’hui un des marchés de consommation de vin les plus dynamiques au monde, souligne le journal spécialisé du vin Vinetur.
Actuellement, « les vins français ont un prix moyen à l’importation élevé – plus de 11 dollars le litre – et sont privilégiés dans les hôtels de luxe et les cadeaux d’entreprise », poursuit le magazine en ligne. Mais la baisse des droits de douane ouvrira probablement la porte à de nouveaux clients moins « prestigieux ».
Au-delà des seuls vignerons, Bruxelles lorgne avec gourmandise sur l’immense marché que représente le pays le plus peuplé de la planète, avec son 1,5 milliard d’habitants et sa très forte croissance, de 8,2 % en glissement annuel au dernier trimestre. Selon les projections du Fonds monétaire international (FMI), l’Inde devrait rafler cette année au Japon le titre de quatrième économie mondiale, derrière les États-Unis, la Chine et l’Allemagne. Et elle pourrait monter sur le podium avant 2030, selon son gouvernement. Des chiffres aussi alléchants pour l’agriculture française.

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