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Notre rédaction partage son avis sur les points importants de « « Half Man » de et avec Richard Gadd, est une série volontairement très dure à regarder ».
Résumé des éléments principaux
Il y a des séries qui nous font décrocher au bout d’un épisode, d’autres que l’on dévore sans interruption. Et puis il y a celles pour lesquelles il faut s’accrocher, car elles sont difficiles mais importantes. Half Man fait partie de cette dernière catégorie. La nouvelle série de Richard Gadd, le créateur de Mon petit renne, est un condensé de violence, d’homophobie et de masculinité toxique.
Le premier épisode sort ce vendredi 24 avril sur HBO, après avoir été présenté en ouverture du festival Canneséries la veille. On ne vous le recommande pas pour une soirée détente sur le canapé, tant il est anxiogène. Mais la mini-série de six épisodes d’une heure que le HuffPost a pu voir en avant-première, mérite de persévérer. Le rythme de diffusion de HBO, avec un nouvel épisode chaque semaine, laisse un peu le temps de digérer.
Malgré la brutalité de la série, dont plusieurs scènes nous ont donné la nausée, son créateur ne cherche à choquer. « C’est l’histoire d’un personnage qui incarne à la perfection la violence masculine et la répression. Pour rendre justice à ce sujet auquel la société est tant confrontée, la bonne façon était selon moi de montrer à quel point cette violence peut devenir extrême », explique Richard Gadd au HuffPost depuis Cannes.
Half Man suit le destin croisé de deux frères, Niall et Ruben. Ils ne sont pas liés par le sang mais sont interdépendants sur tout le reste. Leurs pères sont absents (mort pour le premier, alcoolique pour le second) et leurs mères vivent ensemble, comme de « très bonnes amies », la dénomination des couples lesbiens dans les années 80.
La série réalisée par Alexandra Brodski s’étale sur trente ans, de leur adolescence au mariage de Niall, où Ruben se présente sans avoir été invité. À chaque épisode, leur face-à-face en marge des festivités progresse, puis bascule sur un long flashback, permettant de comprendre le lien malsain qui les unit.
Destins croisés de deux frères
Le premier épisode s’ouvre donc sur les deux frères adultes, joués par Richard Gadd (Ruben) et Jamie Bell (Niall), avant de laisser place à leur version adolescente. Les jeunes acteurs Stuart Campbell (Ruben) et Michell Robertson (Niall) portent avec brio la première moitié de la série.
Anne Binckebanck/HBO
Stuart Campbell et Mitchell Robertson jouent les jeunes Ruben et Niall dans les premiers épisodes de « Half Man ».
À 15 ans, Niall est timide et réservé. Il n’a pas encore un corps de jeune homme, ce qui lui vaut d’être maltraité par les autres garçons à l’école dans une scène effroyable. Ruben a des muscles, des tatouages et deux années de plus. Lorsqu’il vient vivre chez lui après deux ans dans un établissement pour jeunes délinquants, Niall voit d’abord en lui un rival, puis un protecteur.
Forcé de faire de la place pour lui dans sa chambre, en arrachant ses posters, il lui en fait aussi dans sa vie, en effaçant qui il est. La répression de l’homosexualité, particulièrement chez les hommes, est un thème majeur de la série, abordé avec justesse. Rapidement, les deux frères ne se lâchent plus et Niall fait tout avec son mentor : de son premier joint jusqu’à sa première fois, avec la copine de Ruben.
« Half Man » dérange et c’est volontaire
Cette première scène de sexe dérangeante, insoutenable à regarder, plante le décor de l’étrange tension sexuelle entre les deux hommes. Tout au long de la série, les bagarres entre Ruben et Niall prennent des tournures d’agression sexuelle incestueuses qui ne sont jamais verbalisées, laissant le spectateur seul avec son sentiment de malaise.
Et c’est volontaire. « Certains y voient une scène de sexe, d’autres de viol. Je pense que cela reflète de nombreuses expériences d’abus », estime Richard Gadd, ajoutant : « Quand on est jeune, certaines choses peuvent nous mettre mal à l’aise, sans que l’on se rende compte de ce que l’on vient de vivre. Je voulais que cette scène de la première fois provoque l’inconfort du spectateur et le force à s’interroger ».
Et l’inconfort ne s’arrête pas au premier épisode, loin de là. La série fait l’effet d’une bombe dont la minuterie redémarre après chaque explosion. Ces dernières sont souvent impulsées par la rage incontrôlable de Ruben. Le personnage est un exemple poussé à l’extrême de la masculinité toxique, dont la violence est la seule échappatoire à ses émotions et traumatismes. Richard Gadd est terrifiant dans ce rôle sombre et viriliste, grognant comme une bête sauvage (son inspiration : « le sanglier », nous glisse l’acteur).
Tout en muscle et en grognements gutturaux, Richard Gadd est terrifiant dans la peau de Ruben.
La violence a ses limites
Le défaut majeur de Half Man, malgré les excellentes performances et une réalisation léchée, réside cependant dans le manque d’évolution de ce personnage. Là où une série comme Adolescence était difficile à regarder mais d’intérêt public — elle est d’ailleurs proposée en support pédagogique par l’Éducation nationale — Half Man se limite à montrer les conséquences désastreuses du masculinisme, sans réellement en aborder ni les causes ni les solutions.
Un choix assumé par Richard Gadd, pourtant convaincu que la rédemption est possible, à condition que la société nous le permette : « Ruben a toujours été cible de mépris. Dès son plus jeune âge, il a été jugé et presque mis au pilori. On ne lui a pas permis de réussir. Je ne pense pas que quiconque dans son entourage le croit capable de changer, alors qu’en réalité, il pourrait tout à fait ».
Avec cette absence de prise de conscience du personnage, la série fait l’effet d’un coup de poing dont la douleur reste vive longtemps après, et sans rien pour l’apaiser. Elle n’est donc pas à montrer à de jeunes spectateurs. À Canneséries, la projection était d’ailleurs interdite aux moins de seize ans. Mais pour un public averti et qui saura en tirer ses propres conclusions, Half Man reste un portrait haletant de deux hommes qui ne savent pas comment en être un.
Source : www.huffingtonpost.fr
Conclusion : Un suivi attentif permettra de compléter notre point de vue.

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