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Le Nouvel Obs avec AFP
Jean-Luc Mélenchon en meeting à Perpignan, le dimanche 1ᵉʳ mars. JC MILHET/HANS LUCAS VIA AFP
Article actualisé après la réaction de Jean-Luc Mélenchon et de Place publique lundi matin.
Quatre jours après son meeting à Lyon où son passage sur la prononciation du nom « Epstein » a provoqué une vive polémique et relancé les accusations d’antisémitisme à son endroit, Jean-Luc Mélenchon a de nouveau ironisé sur un nom d’origine juive, dimanche 1er mars au soir, lors d’un meeting à Perpignan, en parlant cette fois-ci de Raphaël Glucksmann.
Au détour d’une phrase où il évoque l’eurodéputé, le tribun insoumis soupire : « Monsieur Glucksman et je ne sais qui encore, Glucksmann pardon…, après j’en ai pour des heures », en prononçant la fin du nom [an] la première fois, [ane] la seconde.
« OK Jean-Marie Le Pen », a simplement posté sur X Raphaël Glucksmann en réaction, au-dessus de l’extrait vidéo des déclarations de Jean-Luc Mélenchon. Jean-Marie Le Pen, fondateur du Front national, aujourd’hui décédé, avait suscité l’indignation avec un jeu de mots resté célèbre, « Durafour crématoire », associant en 1988 le nom du ministre Michel Durafour aux camps de la mort nazis. Il avait été condamné par la justice.
« On ne joue pas […] sur des noms à consonance juive ou à consonance étrangère. Ce n’est pas la tradition de la République », a complété lundi matin Raphaël Glucksmann sur Franceinfo.
Lors de ce même meeting de Perpignan, Jean-Luc Mélenchon s’est pourtant de nouveau défendu de tout antisémitisme. « Je ne suis pas antisémite, a-t-il clamé dimanche. Je ne le suis pas pour d’innombrables raisons, et je n’ai pas l’intention d’aller présenter des justifications et des certificats de baptême à je ne sais qui. » « Nous combattons l’islamophobie, nous combattons le racisme antijuifs », a-t-il encore déclaré.
Ce lundi matin, dans un message posté sur X, Jean-Luc Mélenchon s’est dit « désolé » tout en pointant une « polémique absurde ». « J’ai déformé par erreur beaucoup de noms dans ce discours : celui de notre candidat Mickaël Idrac, Violette Spillebout, Raphaël Glucksmann, Clinton et Trump. Celui de Glucksmann provoque des réactions alors même que j’ai rectifié sur-le-champ. J’en suis le premier désolé pensant à ceux que cela blesse. Je retiens la leçon. On ne m’y reprendra pas », écrit-il.
« Pour ceux qui m’écoutent de bonne foi, je le répète comme dans mes discours à Lyon et à Perpignan : il faut refuser absolument de réduire quelqu’un à une religion ou une culture et refuser tout autant de réduire une religion ou une culture à un individu censé en être membre », ajoute le leader insoumis.
Olivier Faure : « Tout ça finira mal »
Dimanche soir, cette nouvelle sortie a provoqué des réactions politiques, notamment à gauche. « Tout ça finira mal… Je ne peux m’empêcher de penser à toutes celles et ceux qui ont suivi sincèrement La France insoumise et qui ne souhaitent pas être entraînés dans ce qui n’est plus un dérapage mais une stratégie qui dérive sur les eaux noires de l’antisémitisme », a écrit sur X le premier secrétaire du Parti socialiste Olivier Faure.
« En renouvelant un jeu de mots à la Jean-Marie Le Pen sur la prononciation des noms de juifs, Mélenchon assume tout. Dérives antisémites et complaisance pour la violence, c’est une stratégie électorale limpide. Il veut être le plus détestable. Voilà la rare chose qu’il réussit », a estimé également sur X le député socialiste et candidat à la présidentielle Jérôme Guedj.
« Jean-Luc Mélenchon sombre à nouveau dans un “moment Durafour”. Ce n’est pas une sortie de route, c’est une stratégie délibérée qui nourrit l’antisémitisme. Il provoque et récidivera », a estimé de son côté le macroniste Clément Beaune, haut-commissaire au Plan.
Jusqu’ici, le Parti socialiste (PS) et Les Ecologistes n’ont pas complètement fermé la porte à des accords avec La France insoumise (LFI) entre les deux tours des élections municipales des 15 et 22 mars. Mais ce serait au cas par cas et à condition que les candidats concernés adoptent des positions claires sur l’antisémitisme mais aussi sur la violence politique, après la mort du militant d’extrême droite radicale Quentin Deranque, sous les coups d’activistes d’ultragauche, pour certains liés au député LFI Raphaël Arnault.
Parmi les socialistes, des voix s’élèvent pour réclamer une rupture complète avec le parti de Jean-Luc Mélenchon, dont celles de l’ex-président François Hollande, de Jérôme Guedj ou de la présidente de la région Occitanie Carole Delga.
Place publique, le parti de l’eurodéputé Raphaël Glucksmann, a rappelé lundi de son côté dans un communiqué qu’il ne forme « aucune alliance, même locale et isolée » avec La France insoumise pour les élections municipales et affirme avoir suspendu ses adhérents qui auraient dérogé à la ligne.

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