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YOAN VALAT / AFP
Macron annonce une nouvelle dissuasion nucléaire avancée, ce qu’elle implique
« Un discours de puissance assumée au service de la paix. » Emmanuel Macron a annoncé ce lundi 2 mars que la France entrait de façon « progressive » dans une nouvelle étape de sa dissuasion nucléaire, qu’il a qualifiée de « dissuasion avancée ». Ceci pour répondre aux enjeux d’un monde toujours plus « dangereux et instable. »
« Nous devons renforcer notre dissuasion nucléaire face à la combinaison des menaces et nous devons penser notre stratégie de dissuasion dans la profondeur du continent européen, dans le plein respect de notre souveraineté », a déclaré le président de la République lors d’un discours depuis la base de l’île Longue, dans le Finistère, évoquant « une période de rupture pleine de risques » justifiant « un durcissement de notre modèle. »
Concrètement, le chef de l’État a annoncé que la France allait augmenter le nombre de ses têtes nucléaires, (290 actuellement) précisant par ailleurs qu’elle ne communiquerait plus les chiffres de son arsenal, « contrairement à ce qui avait pu être le cas par le passé ». « Il ne s’agit pas ici d’entrer dans une quelconque course aux armements », a indiqué Emmanuel Macron, qualifiant malgré tout les règles de maîtrise de l’armement nucléaire de « champs de ruine ».
Les Européens associés
Parmi les autres évolutions majeures de ce discours pour un « feu nucléaire modernisé, souverain, puissant », le président de la République a évoqué toute une dimension tournée vers nos partenaires européens. L’un des enjeux les plus attendus de cette nouvelle stratégie, considérée comme la mise à jour la plus importante de ces dernières décennies par les experts.
En ce sens, huit pays européens « ont accepté » pour l’instant de participer à la « dissuasion avancée » proposée par le locataire de l’Élysée. Il s’agit du Royaume-Uni, de l’Allemagne, de la Pologne, des Pays-Bas, de la Belgique, de la Grèce, de la Suède et du Danemark. Ces pays pourront notamment accueillir des « forces aériennes stratégiques » de l’armée de l’air française, qui pourront ainsi « se disséminer dans la profondeur du continent européen » pour « compliquer le calcul de nos adversaires », a expliqué Emmanuel Macron. En clair, des avions français équipés de la bombe pourraient se déployer chez des alliés européens.
La « dissuasion avancée » pourra également impliquer du signalement, c’est-à-dire la démonstration des capacités nucléaires, « y compris au-delà de nos frontières strictes », ou encore « la participation conventionnelle de forces alliées à nos activités nucléaires », comme les exercices militaires auxquels les Britanniques ont déjà été associés récemment.
« Aucun partage de la décision ultime »
En revanche, le chef de l’État a précisé à plusieurs reprises qu’il n’y aurait « aucun partage de la décision ultime, ni dans la planification ni dans la mise en œuvre ». « Elle n’appartient qu’au seul président de la République, responsable devant le peuple français », a-t-il martelé, pour couper court aux critiques de ceux qui, dans la classe politique, l’accusent de vouloir brader la dissuasion française.
Lors de ce discours, résolument tourné vers le Vieux Continent, le chef de l’État a également évoqué la possibilité que la France, le Royaume-Uni et l’Allemagne travaillent à « des projets de missiles de très longue portée ». Dans cette même logique, Emmanuel Macron et le chancelier allemand Friedrich Merz ont annoncé la mise en place d’un groupe de « pilotage nucléaire » bilatéral.
« La France et l’Allemagne se sont engagées à prendre des mesures concrètes dès cette année, notamment la participation de l’Allemagne aux exercices nucléaires français, des visites conjointes sur des sites stratégiques et le développement de capacités conventionnelles avec leurs partenaires européens », indiquent notamment les deux dirigeants dans un communiqué commun publié juste après le discours d’Emmanuel Macron.

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