
le suspect comparaît ce lundi devant la justice
27 avril 2026
le rapport du député Charles Alloncle menacé de censure par la commission
27 avril 2026Analyse : Notre équipe partage son regard général sur cette actualité.
L'article « Au Mali, la surprenante passivité des Russes face aux attaques rebelles » a retenu l'attention de notre équipe.
Éléments essentiels
Les images vidéo sont surprenantes : une colonne de véhicules transportant des soldats russes quitte la ville de Kidal, dans le nord du Mali, hier matin, une défaite sans avoir tiré un seul coup de feu. Les nouveaux maîtres de la ville sont des rebelles touaregs alliés à des djihadistes.
Cette retraite russe est d’autant plus significative que, la veille, les djihadistes du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans, le GNIM, ont revendiqué des attaques simultanées dans plusieurs parties du pays, y compris Bamako, la capitale. Et dans leur communiqué, ils demandaient aux Russes de ne pas s’en mêler, afin de préserver toute future coopération.
De fait, les 2500 militaires russes présents au Mali, membres de l’Africa Corps, l’organisation qui a succédé au groupe Wagner, sont restés passifs alors que le régime de Bamako était confronté à la pire crise sécuritaire depuis sa prise du pouvoir il y a cinq ans. Une déconvenue pour les putschistes maliens qui avaient chassé l’ancien colonisateur, la France, en 2022, et un véritable échec pour la Russie, accueillie initialement en sauveur.
Le régime malien a assurément subi des coups sévères. Le puissant ministre de la Défense a été tué samedi dans l’attaque de sa résidence, les djihadistes et les rebelles ont attaqué simultanément plusieurs régions sans avoir été repérés, et il semble qu’ils ont pu étendre leur contrôle sur des pans entiers du pays.
La prise de Kidal est hautement symbolique. Ce fief de la rébellion touareg a été reconquis en 2023 par l’armée malienne appuyée par les Russes, après onze ans entre les mains des partisans de l’Azawad, le nom donné par les rebelles à leur région. Cette victoire, acquise peu après le départ des Français et de la force des Nations Unies, avait renforcé le prestige du colonel Assimi Goïta, le chef de la junte.
Trois ans plus tard, cette stratégie est en échec. La confiscation du pouvoir, avec la dissolution des partis et la nomination sans élections du chef de l’État, passe mal dans une partie de la population, souvent prise entre deux feux. Il y a quelques mois, Bamako a subi un véritable siège qui empêchait le carburant d’arriver des pays voisins. S’il est difficile de prédire si le pouvoir malien peut tomber, il est assurément en mauvaise posture.
Le risque est double : d’abord pour le Mali, qui risque d’être morcelé entre les indépendantistes touaregs au nord, et les différents groupes djihadistes qui se disputent le territoire. Pour la région ensuite, car le GNIM, à la manœuvre au Mali, est un groupe affilié à Al Qaeda, qui a des visées régionales. Le Niger et le Burkina Faso, membres avec le Mali de l’Alliance des États du Sahel, seraient à leur tour visés en cas de prise de Bamako. Et au-delà les pays côtiers qui sont déjà menacés par des incursions djihadistes.
Cette situation catastrophique est l’épilogue de plus d’une décennie ratée, depuis que la France était intervenue en 2014 pour sauver Bamako d’une colonne djihadiste. La contre-offensive française avait permis au Mali de reconquérir le nord qui lui échappait.
Mais la suite n’a pas été à la mesure de ce succès initial, suscitant une frustration croissante qui a conduit aux putschs militaires, au départ des Français, remplacés par les Russes. Quatre ans plus tard, c’est de nouveau l’échec, pour le plus grand malheur des populations.
Source : www.radiofrance.fr
Conclusion : Nous vous tiendrons informés des prochaines évolutions.

9999999