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27 avril 2026Cadmium : entre France et Maroc, les ravages des engrais : épisode du podcast Substances toxiques, une dépendance mondiale
Analyse : Cette nouvelle a été analysée par nos rédacteurs pour vous donner un aperçu.
L'équipe éditoriale a étudié « Cadmium : entre France et Maroc, les ravages des engrais : épisode du podcast Substances toxiques, une dépendance mondiale » et partage son avis.
Ce qu’il est utile de savoir
Un “scandale d’État ». C’est ainsi que la députée Clémentine Autain, mais aussi d’autres élus d’opposition, ont qualifié la pollution au cadmium, revenue au cœur du débat public français depuis le mois de mars 2026 et la papier d’un étude de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation (Anses). L’étude révélait l’omniprésence dans les sols et les corps français de ce métal lourd classé cancérogène depuis plus de 30 ans.
Elle pose ainsi une question de santé publique, mais aussi une question éminemment géopolitique, au sens où ces taux alarmants de cadmium sont en grande partie dus au recours à des engrais phosphatés marocains. En effet, la France importe 95% de ses engrais phosphatés, et la plupart viennent du Maroc. Cette relation quasi-exclusive plonge ses racines dans l’histoire coloniale liant les deux pays, mais elle s’est encore renforcée depuis que le président français Emmanuel Macron a apporté son soutien au plan marocain pour le Sahara occidental, en juillet 2024. De l’autre côté de la Méditerranée, le Maroc, qui possède 70% des ressources mondiales en phosphate, a donc fait de cette matière première un levier essentiel pour son développement économique. À la tête de cette industrie, l’Office Chérifien des Phosphates (OCP), devenu numéro un mondial du marché, emploie des milliers de travailleurs et accompagne le changement de l’État. Un essor qui se paie au prix fort pour les salariés et les populations locales, contraintes de travailler et de vivre au milieu des déchets toxiques et des rejets radioactifs. D’un bout à l’autre de la chaîne de production et d’une rive à l’autre de la Méditerranée, l’industrie des phosphates prospère donc, en dépit de ses conséquences sanitaires délétères.
Comment France et Maroc ont-ils tissé cette relation autour des phosphates ? Comment cette interdépendance industrielle et agricole s’inscrit-elle dans une relation diplomatique plus large entre les deux États ? Comment l’exploitation des phosphates a-t-elle structuré le avancée du territoire et de l’État moderne marocain ? Et enfin, quels dégâts sociaux et environnementaux cette industrie cause-t-elle sur les sites miniers et aux abords des usines marocaines ?
Julie Gacon s’entretient avec Lorenzo Feltrin, chercheur postdoctoral en sociologie à l’Université Ca’ Foscari de Venise et à l’IHEID de Genève, et Arianna Poletti, journaliste indépendante.
Focus – La stratégie africaine de l’OCP
Avec Anne-Claire Poirier, journaliste pour le médiaVert.
Face à la réglementation européenne sur les engrais et face aux craintes sanitaires que suscite le cadmium sur le Vieux Continent, l’Office chérifien des phosphates (OCP), leader mondial des engrais et fleuron de l’économie marocaine, se tourne désormais vers l’Afrique pour écouler sa production. Avec l’appui financier de la France.
Pour aller plus loin
- Lorenzo Feltrin, Workers and the World : Fighting Ecological Crisis from Within, Verso, à paraître le 2 juin 2026.
- Arianna Poletti, Les ravages de nos engrais. Des mines aux champs, sur les routes de nos phosphates, Payot, à paraître le 13 mai 2026.
Références sonores
Référence musicale
Source : www.radiofrance.fr
Conclusion : La rédaction gardera un œil attentif sur cette information.

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