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27 avril 2026Analyse : L'équipe examine cette actualité et partage son avis global.
L'équipe met en lumière les points essentiels de « le groupe Gibert va demander son placement en redressement judiciaire ».
Les éléments principaux
Le groupe, derrière Gibert Joseph, va déposer son dossier devant le tribunal des activités économiques de Paris mardi 28 avril. Il explique ses déboires par «l’explosion des coûts fixes» mais aussi par le «déclin du marché des livres neufs».
Une enseigne bien connue des bibliophiles tangue. Le groupe de librairies Gibert va demander son placement en redressement judiciaire, mardi 28 avril, au tribunal des activités économiques de Paris. Une procédure qui intervient dans un contexte de difficultés financières persistantes, alors que l’enseigne historique du Quartier latin cherche à adapter son modèle.
Fondée en 1886 par le libraire Joseph Gibert, l’enseigne s’est imposée comme la première librairie et le premier disquaire généraliste indépendant de France, avec plus de 500.000 références neuves et d’occasion, selon plusieurs sites spécialisés. En 1929, les deux fils du fondateur, Joseph et Régis, scindent l’activité en deux enseignes, Gibert Joseph et Gibert Jeune. Elles ne se rapprocheront qu’en 2017, lorsque le tribunal de commerce de Paris acte la reprise du second par le premier.
Mais les difficultés s’accumulent au fil des années. En 2020, lors de la crise du Covid-19, plusieurs points de vente sont placés en liquidation judiciaire, tandis qu’un plan de sauvegarde de l’emploi est lancé après la vente des murs historiques place Saint-Michel. En 2021, le groupe ferme quatre librairies dans ce quartier où il était installé depuis 135 ans. Incapables de sortir la tête de l’eau, deux autres magasins ferment fin 2025, dans le Quartier latin et dans le 13e arrondissement de Paris.
Liquidation judiciaire demandée pour trois librairies Gibert Joseph
«Ça renforce nos inquiétudes»
Dans un communiqué, le groupe explique ses déboires par «l’explosion des coûts fixes» mais aussi par le «déclin du marché des livres neufs avec une compression des marges sur ce marché». Les marges dégagées par les libraires restent en effet limitées par la loi sur le prix unique du livre, en vigueur depuis 1982. Dans un rapport interne, la direction reconnaît que «malgré les efforts engagés depuis 2020 pour réduire nos coûts, ajuster notre offre et consolider notre réseau, ces mesures n’ont pas suffi à restaurer un niveau de rentabilité satisfaisant».
«C’est ce que nous disons depuis plusieurs années, ça renforce nos inquiétudes quant à l’avenir des librairies avec une situation particulièrement tendue aujourd’hui», soupire Guillaume Husson. Le délégué général du Syndicat de la Librairie Française «appelle à une prise de conscience rapide et forte des éditeurs et des pouvoirs publics pour que ça ne fasse pas tache d’huile».
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«Un virage stratégique autour du livre d’occasion»
La partie n’est pas nécessairement perdue pour le libraire, qui compte sur la procédure de redressement judiciaire pour adapter et transformer «son modèle dans le cadre juridique le plus protecteur pour l’activité», à savoir le gel des dettes ou encore la garantie des salaires. La direction se veut rassurante : «La période que nous connaissons tous est complexe, mais nous avons de vrais atouts pour réussir notre projet de transformation.»
Pour relancer son activité, Gibert, qui possède 16 magasins dans 12 villes, mise sur «un virage stratégique autour du livre d’occasion, marché porteur qui connaît 10% de croissance par an, offrant une meilleure maîtrise de la chaîne de valeur et des marges». Le groupe réalise déjà 35% de son chiffre d’affaires sur ce segment et espère doubler la part de ses ventes d’ici 2029, de 30 à 60 millions d’euros.
Interrogé l’an dernier par Ouest-France, Tony Morcet, président de la société Financière Palidis, propriétaire du groupe, expliquait «avoir entrepris un plan stratégique il y a deux ans pour améliorer et consolider l’existant et procéder à des ajustements». Sur la seconde main, Tony Morcet ne souhaite «pas une occasion subie mais travaillée», soulignant que «près de la moitié des livres d’occasion proposés sont épuisés dans le neuf». Le groupe avait d’ailleurs dévoilé en mars 2025 une stratégie visant à renforcer ce marché, accélérer l’e-commerce et lancer un réseau d’affiliation de 50 à 100 librairies d’ici 2028.
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Une équation difficile pour les libraires
Malgré ces ambitions, l’enseigne était passée de 92 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2024 à 86 millions d’euros en 2025. Le contexte reste fragile : si le marché du livre reste globalement stable en France, les librairies font face à une équation économique de plus en plus difficile, entre hausse des coûts, concurrence du e-commerce et montée en puissance du marché de l’occasion. En 2025, 307 millions d’exemplaires de livres physiques neufs ont été vendus (-2,5% sur un an), pour un chiffre d’affaires de 3,9 milliards d’euros (-1,5%), selon le cabinet NielsenIQ BookData.
Pour l’heure, Gibert n’est pas revenu vers Le Figaro. Sur le réseau social X, l’annonce suscite déjà des réactions contrastées. «Pour beaucoup de lecteurs, Gibert n’était pas un commerce, c’était un labyrinthe de trouvailles et une chasse au trésor avec une odeur de papier jauni», écrit un internaute. Un autre estime quant à lui que «la fin de Gibert n’affecte que les Parisiens du Quartier latin car ce n’était plus une librairie d’occasion mais une boutique lambda».
Source : www.lefigaro.fr
Conclusion : Nous restons vigilants sur les évolutions de cette information.

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