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28 avril 2026Hamid Sardar, le réalisateur qui capture les steppes mongoles: « J’ai besoin de trouver ces horizons vastes pour me permettre d’exister »
Analyse : Voici une vue d’ensemble des faits selon notre équipe.
Notre équipe propose une synthèse des informations de « Hamid Sardar, le réalisateur qui capture les steppes mongoles: « J’ai besoin de trouver ces horizons vastes pour me permettre d’exister » ».
Récapitulatif des informations
Hamid Sardar est de ceux qui ne se contentent pas de regarder le monde, il le traverse, l’habite et l’écoute. Photographe, cinéaste, explorateur, il a choisi des territoires que peu d’hommes fréquentent encore, les steppes mongoles, les hauts plateaux tibétains, les confins où la vie humaine semble comme suspendue à des équilibres très fragiles. Il a partagé la vie de peuples nomades, accompagné des chasseurs à l’aigle, observé des communautés vivant au rythme des saisons, dans des conditions extrêmes. Ses films et ses photographies de cavaliers mongols ne sont pas de simples témoignages, ils sont des fragments de vie. Son regard interroge aussi notre monde, c’est en ça d’ailleurs qu’il nous tend la main. Il met en lumière des modes de vie menacés, des cultures fragiles, mais aussi une autre manière d’exister, plus lente. C’est ce qu’on découvre d’ailleurs dans son dernier film Tumur, le bandit des steppesOuverture dans un nouvel onglet.
franceinfo : Quand vous repensez à votre enfance, est-ce qu’il y avait déjà cette envie d’ailleurs, ce besoin de sortir du cadre ou est-ce que c’est quelque chose qui s’est imposé plus tard ?
Hamid Sardar : Depuis l’enfance, j’avais toujours une attirance pour la steppe, la vie nomade. Je ne sais pas pourquoi, je ne peux pas l’expliquer. Je ne veux pas l’expliquer parce que c’est quelque chose de très instinctif et intuitif. On est tous attirés par une partie de cette planète, une géographie. Pour moi, c’était la steppe d’Asie centrale, pas seulement la vie nomade, mais tout l’imaginaire qui va avec. J’ai commencé à raconter cette histoire à travers d’abord mes recherches ethnographiques et après par le moyen des films.
Vous gardez quoi de cette enfance et de l’Iran ?
C’étaient surtout les étés quand nous partions au Nord, au bord de la mer Caspienne. J’étais là avec mes cousins, mes frères, mes sœurs. On était relâchés dans la nature sauvage, avec des panthères, des sangliers, des ours, des serpents et c’était ma jeunesse. La mer Caspienne et les forêts qui étaient un peu tropicales à côté, c’était cette jeunesse-là qui m’a formé un peu. Je voulais peut-être quelque part, recapturer ce paysage dans mes voyages.
C’était un voyage qui a commencé, qui était interrompu par la révolution et je l’ai continué un peu dans mes études, dans mes recherches, dans mes films.
Est-ce que c’est une fuite ou est-ce que c’est une forme d’appel ?
Les deux, je pense qu’on ne peut pas séparer l’appel de la fuite, parce que si on écoute seulement cet appel, c’est qu’on a besoin de fuir quelque part. Pour moi, c’est comme ça. J’ai un sentiment de lassitude et une frustration, comme un nuage qui descend, sûrement comme une espèce de dépression quand je suis entre quatre murs sans horizon. J’ai besoin de voyager, j’ai besoin de trouver ces horizons vastes pour me permettre d’exister, de connecter à ma nature. C’est de là que la création vient après, c’est une forme de récompense. C’est un moyen de donner à ces peuples, à ces horizons, à ces paysages après qu’ils m’ont donné tellement.
Comment gère-t-on la tristesse de devoir fuir un pays qu’on aime et de voir des gens souffrir ?
Il faut l’assumer. Le seul moyen, c’est avec l’amour, avec la compassion parce qu’on ne peut pas répondre avec la colère, la frustration. On ne peut pas se tourner contre soi-même ou contre les autres. Il faut toujours voir tout ça comme une comédie, une tragédie humaine qui a toujours existé, pouvoir s’en tirer et voir la lumière qui est toujours là. Cette lumière jaillit seulement quand il y a un peu de compréhension, même avec votre ennemi et vos adversaires.
On a le sentiment que le sablier ne s’écoule plus, quand on regarde vos films. Est-ce que c’est une réalité ou est ce que c’est une illusion très fragile ?
C’est une réalité, mais une réalité fragile. Il y a une part d’illusion, mais le monde change, on ne peut pas le nier. Avec le changement climatique, avec les nomades qui vont de plus en plus vers des villes, séduits par l’argent et tout ce qui va avec. C’est un mode de vie qui commence à disparaître. Il y a quand même dans ces régions un peu lointaines, à la frontière, des endroits un peu perdus où la mémoire des ancêtres persiste.
Il y a une autre forme de mémoire qui habite ces gens, et moi, je veux les documenter avant qu’ils ne disparaissent, avant qu’ils ne changent trop.
Vous avez aussi cette rigueur sur l’engagement de nous faire comprendre que certaines communautés et certains peuples n’ont pas oublié ce que nous, parfois, nous avons oublié.
Absolument. Je ne fais pas des films pour dire qu’il faut aller sauver ces gens-là. Mais pour moi, c’est intéressant de voir ce que nous on a perdu avec le miroir de ces peuples autochtones, des peuples premiers et surtout leurs récits, leurs légendes et leurs rapports avec les animaux sauvages et domestiques. C’est le analyse avec l’animal totem qu’on a eu quelque part. Mes films, mes récits essayent de réveiller quelque chose qui est refoulé, qu’on a oublié. C’est ce besoin qu’on a de reconnecter à la nature.
Source : www.radiofrance.fr
Conclusion : Un suivi attentif permettra de compléter notre point de vue.

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