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29 avril 2026À son procès dans l’affaire libyenne, Nicolas Sarkozy piégé par sa propre stratégie de défense
Analyse : Cette nouvelle a été étudiée par nos journalistes pour une synthèse rapide.
Notre rédaction a sélectionné quelques points clés concernant « À son procès dans l’affaire libyenne, Nicolas Sarkozy piégé par sa propre stratégie de défense ».
Points importants
PASCAL POCHARD CASABIANCA / AFP
Nicolas Sarkozy, photographié en 2012 à Ajaccio en compagnie de Claude Guéant (Photo by PASCAL POCHARD CASABIANCA / AFP)
Quand on traite aussi mal ses amis, nul besoin d’ennemis. Nicolas Sarkozy est de retour à la barre ce mercredi 29 avril pour le procès en appel sur le financement libyen de sa campagne, et sera interrogé sur les déclarations de son bras droit Claude Guéant. Absent du procès pour raison de santé, l’homme de 81 ans est sorti du silence à la surprise générale, outré par la stratégie de défausse de son ancien patron. Lequel se retrouve désormais en difficulté.
Après sa condamnation en première instance pour « association de malfaiteurs », Nicolas Sarkozy n’a qu’un enjeu pour son procès en appel. À défaut de réussir à convaincre la cour sur l’absence de méfaits (les preuves étant multiples), l’ancien chef d’État doit montrer qu’il n’en était ni l’instigateur ni le complice. Il a donc choisi de charger ses anciens collaborateurs, et en premier Claude Guéant, lui-même condamné en première instance à 6 ans de prison ferme.
Nicolas Sarkozy a tout d’abord qualifié de « faute » les rencontres de son ancien directeur de cabinet et de Brice Hortefeux avec Abdallah Senoussi. Beau-frère de Kadhafi et numéro 2 du régime, l’homme a été condamné en France pour terrorisme et faisait l’objet d’un mandat d’arrêt international. Selon l’accusation, il est au centre du « pacte de corruption » qui prévoyait une aide juridique en sa faveur contre de l’argent liquide du régime libyen pour financer la campagne de Sarkozy. L’ancien président a ensuite sous-entendu que Claude Guéant ait pu œuvrer pour son enrichissement personnel. Puis a dit avoir été surpris en découvrant « des éléments apparus dans le dossier qui ne pouvaient pas relever de son travail », sous-entendant ici une activité parallèle et personnelle de son bras droit. « J’ai été surpris, interloqué, parfois j’ai eu l’impression de ne pas avoir affaire à la même personne », a-t-il déclaré.
La fin du confortable silence de Guéant
Cette stratégie qui vise à faire porter toutes les responsabilités sur Claude Guéant a été « comme un coup de poing dans l’estomac de l’intéressé », a fait savoir son avocat maître Philippe Bouchez El Ghozi sur RTL. Et elle a, selon lui, « fait basculer le procès en défaveur » de l’ancien président. Le clan Sarkozy-Guéant-Hortefeux s’affichait jusqu’ici sinon uni, au moins solidaire. Mais après les sous-entendus exprimés par l’ancien président, l’intéressé, « scandalisé » de voir « sa probité mise en cause », a décidé de prendre la parole. Il a alors méthodiquement mis à mal la ligne de défense de Nicolas Sarkozy, qui consiste à faire croire que ses collaborateurs ont agi sans son aval. Dans deux attestations lues par son avocat les 14 et 21 avril, il a déclaré avoir « forcément » informé Nicolas Sarkozy de sa rencontre avec Senoussi, même si cela n’a pas été fait « immédiatement ». Puis il a raconté, citation à l’appui, une scène d’un dîner officiel en juillet 2007 entre Nicolas Sarkozy et Mouammar Kadhafi, où le chef d’État français le élément venir pour lui demander de s’occuper du cas Sennoussi.
« Claude, voyez cela », lui aurait lancé Nicolas Sarkozy. Enfin, il assure que ses divers voyages effectués en Libye se sont faits à la demande du président de la République élu. Nicolas Sarkozy a opposé un « démenti le plus formel » à ces déclarations au moment de leur lecture. L’ancien ténor de la droite devra, ce mercredi, en apporter les preuves solides. Et la tâche s’annonce ardue.
« Ce serait bien qu’un jour tu les balances… »
Car en attaquant son ancien bras droit, l’ex-président s’est mis dans une position délicate. D’une part, parce que la très longue relation professionnelle entre les deux hommes rend difficilement audible le scénario d’un Claude Guéant agissant seul, que ce soit pour ses intérêts ou ceux de son patron. On rappellera par ailleurs que le « pacte de corruption » mis en avant pas l’accusation concerne la période où Nicolas Sarkozy était ministre de l’Intérieur (souvent désigné comme « l’homme le mieux informé de France ») et Claude Guéant son fidèle directeur de cabinet. Les deux ont d’ailleurs gravi les échelons du pouvoir ensemble : Claude Guéant a été nommé au poste stratégique de secrétaire général à l’Élysée après l’élection de Nicolas Sarkozy (qui a fini par le nommer ministre). Avant d’en dresser un portrait peu flatteur aujourd’hui, l’ex-chef de l’État dépeignait lui-même son ex-bras droit comme un « honnête homme » et ce, jusqu’en en première instance.
Surtout, en faisant porter le chapeau à Claude Guéant, Nicolas Sarkozy s’est privé d’un paratonnerre très confortable. En première instance, l’ancien numéro 2 de l’Élysée avait affirmé n’avoir pas tenu Nicolas Sarkozy informé des tête-à-tête clandestins avec Senoussi, déclaration sur laquelle il est donc revenu après avoir été lâché par son mentor. Serait-il capable d’autres sorties dévastatrices pour l’ancien président ? Après sa première attestation, il n’a pas hésité à en écrire une deuxième pour maintenir ses propos malgré les démentis apportés. « Je suis désolé de dire que là encore Nicolas Sarkozy se trompe », a-t-il écrit alors que l’ancien président niait la scène du dîner avec Kadhafi. De même, « Nicolas Sarkozy dément m’avoir connu avant 2002, malgré ses facultés de mémoire exceptionnelles (il se dit volontiers hypermnésique), il se trompe », écrit-il encore.
Au micro de RTL le 15 janvier, son avocat a déclaré que son client en avant « encore sous le pied ». Assez pour faire transpirer l’ancien président ? Dans une conversation téléphonique enregistrée en 2013 lors de l’enquête, Claude Guéant confiait en effet à sa fille savoir « quelques petits trucs quand même » pour se protéger. « Ce serait bien qu’un jour tu les balances… », lui répondait son interlocutrice. Dans un autre échange, elle insistait : Nicolas Sarkozy « a intérêt à se méfier parce que le jour où tu vas décider de balancer, tu vas voir… ». Ce jour est arrivé, et c’est Nicolas Sarkozy lui-même qui l’a provoqué.
Source : www.huffingtonpost.fr
Conclusion : Nous restons vigilants sur les évolutions de cette information.

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