
PODCAST – « Apex », un gros nanar 4 étoiles
29 avril 2026
Point recommandations des analystes: Airbus, Clariane
29 avril 2026Analyse : L'équipe a relevé certains éléments clés de cette actualité.
Un point rapide sur l'article « « Dao » : un mariage, un rite funéraire, et tout le monde dans la boucle » selon nos journalistes.
Résumé des éléments principaux
« Dao » en langue diola, ça signifie « mouvement perpétuel et circulaire, qui coule en toute chose et unit le monde » – petit mot en trois lettres pour une grande idée. C’est le principe du nouveau film du réalisateur franco-sénégalais Alain Gomis. Un vrai faux documentaire ou une fausse vraie fiction qui raconte en près de trois heures deux cérémonies : un rite funéraire en Guinée-Bissau et un mariage en région parisienne. Deux cérémonies qui rassemblent une famille franco-africaine et ses proches. C’est une merveille que ce film, il m’a procuré une sensation d’excitation et de plénitude à peu près analogue à ma découverte de Mektoub my love de Kechiche, film également long, tissé de longues séquences qu’on laisse vivre, mélange d’acteurs professionnels et non professionnels : ce sont deux cinémas différents mais deux cinémas qui parviennent à dessiner chacun une communauté, ce terme si abstrait qui devient sur écran une réalité sensible et presque charnelle. La boucle dynamique de Dao, c’est à la fois une forme dans le film, et un mouvement qui se communique au spectateur, mouvement chaleureux, inclusif et irrésistible.
Ce que raconte le film, ce sont donc deux grands rassemblements familiaux. L’un commémore une mort, l’autre célèbre un amour, les deux consacrent la vie. Dans un village de Guinée-Bissau, une famille nombreuse composée de membres locaux, d’autres venus de France, d’autres encore du Portugal. Tous viennent rendre un dernier hommage au patriarche Louis Mendy, dont on comprend qu’il a été enterré l’année précédente, et dont le visage souriant orne des T-shirts floqués pour l’occasion. Le rituel consiste en une grande soirée de danse, de chants, et de festin, suivie d’un moment théâtralisé pendant lequel la famille s’adresse au mort, et lui demande si dans sa vie il a bien agi, avant d’être finalement symboliquement rééloigné des vivants. Dans le village, anciennes et jeunes générations s’embrassent, se découvrent, se heurtent parfois, négocient le coût de la fête et le prix des bêtes.
Monté en parallèle, le mariage d’une des petites filles de Louis Mendy bat son plein dans une ancienne ferme louée pour l’occasion dans la campagne française. Les petits jouent au foot, vite rejoints par les grands qui confisquent le jeu, un cousin fanfaron provoque un type peu commode au sujet de la polygamie, on chante tous ensemble Lauryn Hill a cappella, un neveu présente une fiancée très enceinte à des anciens franchement hostiles.
Tout cela s’organise sous l’œil souvent distant, peut-être un peu inquiet, peut-être un peu blasé, de Gloria, une femme entre deux âges, celle qui enterre son père dans le pays où elle est née et marie sa fille dans le pays où elle vit. Autour d’elle, le film s’enroule comme un morceau de jazz – que Gomis connaît très bien, notamment pour avoir réalisé un film formidable sur Thelonious Monk – avec des thèmes, des variations, des refrains et des impros, des moments calmes, et des moments d’emballement où rien ne semble plus maîtrisé.
Vrai faux / Faux vrai
Le dispositif de Dao est limpide car ses coutures sont dévoilées dans un prologue et des intermèdes, dans lesquels on assiste au casting et aux répétitions organisés par le cinéaste. Il filme donc à la fois des membres de sa propre famille, des acteurs non professionnels, notamment celle qui joue l’héroïne, et des visages connus qui, d’un coup, surgissent à l’image le temps de quelques minutes : Nicolas Bouchaud, grand comédien de théâtre, Samir Guesmi, ou encore Thomas Ngijol, au cœur d’une des séquences les plus drôles, bouleversantes et dangereuses du film.
Dans ce frottement entre le vrai et le faux, le joué, l’improvisé, et le non-joué, dans cet artifice toujours montré et formidablement assumé se fonde paradoxalement la vérité de ce que raconte ce film. Une vérité qui est tellement dure à atteindre au cinéma : celle de la famille, celle de l’amour, de la lassitude, de la haine, de la tristesse et de la joie dans la famille. Il y a là une manière de fabriquer de l’authenticité, ça peut paraître contradictoire apparemment, mais c’est bien ça que Gomis parvient à faire dans ce film qui est véritablement un chef-d’œuvre.
Source : www.radiofrance.fr
Conclusion : L’équipe éditoriale continuera à analyser les faits.

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