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29 avril 2026Reuters.com
29 avril 2026« Les grands profiteurs de guerre, ce sont les États-Unis », estime Agnès Pannier-Runacher, ex-ministre de l’Énergie – franceinfo
Analyse : Quelques éléments à retenir de cette information pour nos lecteurs.
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Points importants
L’ancienne ministre de l’Énergie et députée EPR du Pas-de-Calais rappelle que la France applique déjà « une surtaxe sur les grandes entreprises », et appelle à s’en remettre à des projets comme le « plan d’électrification » pour pallier la crise énergétique et la dépendance de la France aux pays exportateurs de pétrole et de gaz. « On est dans la main de Poutine, de Trump, des pays du Moyen-Orient », pointe-t-elle dans « La Matinale » du 29 avril.
Pour Agnès Pannier-Runacher, « les profiteurs » de la crise de l’Énergie générée par la guerre au Moyen-Orient sont avant tout les États-Unis, et non les patrons des grandes entreprises pétrolières comme Total. « Les profits sont réalisés dans les pays d’extraction », assure l’ancienne ministre de la Transition énergétique, préconisant par ailleurs d’« accompagner la sortie du gaz » et de « rendre le choix de l’électricité plus désirable ».
Ce texte correspond à une partie de la retranscription de l’interview ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.
Martin Baumer : À 8 heures, dans quelques minutes, Total dévoilera ses résultats du premier trimestre. Quand on imagine que ces résultats peuvent être dopés par la crise des carburants, par davantage de ventes, est-ce qu’il faut taxer les superprofits de ces compagnies, et notamment de Total ?
Agnès Pannier-Runacher : La France le situation. C’est-à-dire que la France a mis une surtaxe sur les grandes entreprises. Cette surtaxe, elle existe depuis deux ans. Donc, à la différence des autres pays, elle s’applique aujourd’hui au profit des grandes entreprises en France.
Dont Total et les compagnies pétrolières ?
Dont Total, c’est la seule compagnie pétrolière dont on peut se prévaloir, mais évidemment elle s’applique sur le bénéfice réalisé en France.
Qui est plus faible ?
Oui, Total est assez faible en réalité, puisque c’est vrai que les profits sont réalisés dans les pays d’extraction. Aujourd’hui, les grands profiteurs de guerre, ce sont les États-Unis. C’est là où on a la concentration du gaz et du pétrole sans avoir, comme au Moyen-Orient, des bombardements qui perturbent la circulation, la livraison de pétrole et de gaz, et les installations. Donc c’est vraiment les États-Unis qui sont les profiteurs de guerre.
Donc Total n’est pas un profiteur de crise aujourd’hui.
Écoutez, je n’ai pas d’informations sur les résultats de Total…
Est-ce qu’il faut une loi peut-être pour entériner un peu plus dans le temps, comme le réclament les écologistes, une taxation sur ces superprofits ?
Non, je le dis très simplement : la France taxe, c’est un des pays qui taxe le plus au monde ses entreprises, c’est d’ailleurs un problème de compétitivité. Donc, aujourd’hui on peut se prévaloir de taxer les superprofits et ce qu’on sait aussi, c’est que lorsqu’on a voulu en 2022 taxer les superprofits des énergéticiens au moment de la crise, on nous promettait six milliards d’euros de rentrées fiscales, on en a eu 10 fois moins. Donc il ne faut pas que ce soit le prétexte à ne rien faire à côté pour les Français et c’est pour ça qu’il faut agir sur les autres volets. Je pense notamment au plan d’électrification, qui est absolument essentiel.
On apprend justement dans Le Parisien que les prix du gaz vont fortement augmenter d’ici à 2030, entre 43 et 52 %. Quelle est la solution ? Est-ce qu’il faut forcer une sortie du gaz en France et justement électrifier l’économie, généralement ?
En réalité, il faut accompagner la sortie du gaz, c’est-à-dire rendre le choix de l’électricité plus désirable que le choix du gaz. Ça veut dire qu’à chaque fois que vous avez un problème avec votre chaudière gaz, vous vous disiez que c’est le bon moment pour passer à l’électricité. Et que vous ayez le coup de pouce de l’État pour vous accompagner. Quand je dis lorsque vous devez remplacer votre chaudière gaz, de toute façon, c’est inéluctable. Vous savez qu’une chaudière gaz, c’est à peu près 15 ans. Donc, dans les 15 ans qui viennent, on a l’opportunité de changer les chaudières gaz. C’est le moment de passer à la pompe à chaleur…
Avec un engagement, quand même, un accompagnement de l’État, on imagine des villes, des bailleurs… Tout le monde doit y mettre du sien ?
Oui, tout le monde doit y mettre du sien parce que tout le monde ne vit pas en habitat individuel. Et en habitat collectif, c’est rarement vous qui choisissez votre mode de chauffage. Donc il est important que dans le logement HLM où les charges vous sont répercutées mais ce n’est pas vous qui choisissez le mode de chauffage, que dans les copropriétés, on puisse choisir un mode de chauffage qui soit compétitif, et l’électricité a un avantage énorme : c’est qu’on la produit en France, on en a beaucoup et elle est compétitive.
On vit aujourd’hui une crise des énergies. Est-ce qu’il y a ce risque de pénurie selon vous ? Est-ce que Patrick Pouyanné de Total a raison de brandir ce risque de pénurie, qui semble être un gros mot pour le gouvernement ?
Je n’ai pas d’informations qui me feraient dire qu’il y aurait un risque de pénurie, mais je ne suis plus au gouvernement, j’ai fait le choix d’en sortir il y a six mois. Il faut toujours être vigilant sur l’énergie, parce qu’on sait que des difficultés d’approvisionnement peuvent créer des tensions. Aujourd’hui, ce n’est pas le cas.
La France est vulnérable aujourd’hui ?
Quand on importe 99 % de son pétrole et de son gaz, bien sûr qu’on est vulnérable. On est dans la main de Poutine, on est dans la main de Trump, on est dans la main des pays du Moyen-Orient. Et c’est pour ça que moi, en tant que ministre de l’Énergie, je me suis battue pour baisser notre dépendance aux énergies fossiles. Ce n’est pas qu’un sujet climatique. C’est un sujet de souveraineté, c’est un sujet d’indépendance pour la France. Et nous avons la chance de disposer du nucléaire et du renouvelable pour justement se passer du gaz et se passer du pétrole. Donc il faut accélérer.
Cliquez sur la vidéo pour regarder l’entretien en intégralité.
Source : www.franceinfo.fr
Conclusion : L’équipe éditoriale restera vigilante et partagera ses observations.

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