
Rien ne va plus entre Orban et Zelensky, l'Ukraine déconseille les voyages en Hongrie
6 mars 2026
Au 7e jour de la guerre au Moyen-Orient, Israël annonce une « nouvelle phase » en Iran et « d’autres surprises »
6 mars 2026Les États‑Unis mis en cause par une enquête du « New York Times » après la frappe sur une école
ALEX MITA / AFP
Cette image tirée d’une émission diffusée par la télévision d’État iranienne le 28 février 2026 montrerait une école de filles détruite à Minab.
Au premier jour de la guerre, le 28 février, l’Iran avait dénoncé le bombardement israélo-américain contre une école de filles à Minab. Cette attaque présenterait à ce jour le bilan humain le plus lourd du conflit, les autorités iraniennes parlant d’au moins 165 morts, dont des dizaines d’élèves. Si ces chiffres n’ont pas pu être vérifiés indépendamment par les médias, une enquête du New York Times, publiée ce jeudi 5 mars, pointe la responsabilité américaine dans ce drame.
Quelques heures après cette attaque présumée, le président iranien Massoud Pezeshkian avait mis en cause les armées israéliennes et américaines. Mais ni les États-Unis, ni Israël n’ont admis avoir commis une telle frappe, et le secrétaire d’État américain Marco Rubio s’est contenté de dire que le Pentagone menait une enquête. Sur les réseaux sociaux, des comptes à la fiabilité douteuse, pointe CheckNews ont eux accusé un missile iranien défaillant d’être responsable.
Se basant sur des images satellites et des vidéos vérifiées, le New York Times estime dans son enquête qu’un « ensemble de preuves » pointe la responsabilité vers Washington. La frappe de précision qui a touché l’école a eu lieu, d’après ce prestigieux journal, au même moment que les attaques américaines contre une base navale adjacente exploitée par le Corps des Gardiens de la révolution islamique (CGRI).
Selon le quotidien, les déclarations officielles indiquant que les forces américaines visaient des cibles navales près du détroit d’Ormuz, où est située la base du CGRI, laissent fortement penser qu’elles sont à l’origine de cette frappe.
Un bâtiment proche de sites des Gardiens de la Révolution
De son côté, l’agence de presse Reuters, s’appuyant sur deux responsables américains anonymes, a indiqué jeudi que des enquêteurs militaires américains estimaient « probable » que les forces américaines soient « responsables » de la frappe qui a touché l’école, ajoutant toutefois que les investigations n’étaient pas terminées.
S’il se confirme « qu’il s’agit d’une bombe américaine qui a touché (l’école) Shajarah Tayyebeh, une question sera probablement de savoir si la frappe scolaire était une erreur ou si elle a été ciblée sur la base d’informations obsolètes », écrit le journal. NBC révèle pour sa part ce vendredi que des officiels de la Maison Blanche ont reconnu losr d’un briefing dans la semaine que les Américains avaient bien ciblé cette zone.
La Maison Blanche a répondu à ces allégations, par la voix de sa porte-parole Karoline Leavitt, qui a répété que « le ministère de la Guerre enquêtait sur cette affaire ». Le ministère de la Guerre est le nom donné par l’administration Trump au ministère de la Défense.
L’AFP a aussi pu géolocaliser les vidéos et indique que le site visé correspond bien à un bâtiment à Minab, dans la province d’Hormozgan, qui semble être une école. L’agence a aussi établi que le bâtiment était proche de deux sites contrôlés par la puissante garde idéologique des Gardiens de la Révolution.
L’organisation de défense des droits humains Hengaw, dont le siège est en Norvège, assure, de son côté, que la cible des frappes était les sites des Gardiens de la Révolution voisins.
L’armée israélienne dit « ne pas être au courant »
L’armée israélienne, quant à elle, avait déclaré dimanche « ne pas être au courant » d’une frappe américaine ou israélienne contre une école. « Nous opérons de manière extrêmement précise », avait encore assuré le porte-parole militaire, le lieutenant-colonel Nadav Shoshani, lors d’un point presse en réponse à des questions sur la frappe.
Selon les médias d’État, les funérailles d’au moins 165 personnes ont eu lieu mardi, dont celles d’élèves tuées dans la frappe présumée. La télévision iranienne a diffusé des images montrant une foule rassemblée autour de corps enveloppés dans des linceuls blancs. D’autres images montraient des cercueils ornés de drapeaux iraniens, certains portant la photographie d’un enfant. Une troisième séquence diffusée par les médias d’État montrait une foule importante entourant des cercueils identiques avec une inscription en persan : « Funérailles des enfants morts à Minab ».
L’Unesco avait condamné mercredi « une frappe sanglante contre une école de filles » et rappelé « que les établissements scolaires bénéficient d’une protection spécifique en temps de conflit ». L’ONU réclame de son côté que l’enquête américaine soit « rapide » et « transparente ».

9999999
/2026/03/09/nantes-69aec829c688c847506272.jpg?w=960&resize=960,750&ssl=1)