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30 avril 2026
Le journal de 8h du jeudi 30 avril 2026
30 avril 2026Analyse : L’équipe éditoriale propose un résumé des informations principales.
Quelques points clés à retenir concernant « avant la présidentielle 2027, les partis comptent leurs sous ».
Les points essentiels à retenir
STEPHANE DE SAKUTIN / AFP
Marine Le Pen photographiée le 28 avril à l’Assemblée nationale. (Illustration – STEPHANE DE SAKUTIN / AFP)
Avant le décompte des voix, il faut compter les sous. Ce mercredi 29 avril, le Rassemblement national s’est une nouvelle fois plaint de sa difficulté à trouver une banque qui accepte de financer la campagne de son ou sa candidate pour 2027. À un an de l’échéance, le sujet traverse tous les partis. Et s’il suscite de l’inquiétude chez certains, quand d’autres aux poches mieux garnies se montrent sereins.
« Qui peut accepter que le premier parti de France, en nombre d’adhérents et de parlementaires (… ) ne puisse pas se financer et être financé ? C’est totalement indécent dans une démocratie comme la France », a pesté Sébastien Chenu au micro de BFMTV. Le RN est à la recherche d’une banque susceptible de lui avancer les 10,7 millions d’euros correspondant au montant maximal remboursable par l’État, pour les candidats qualifiés au second tour, avait indiqué mi-avril le trésorier du parti à l’AFP.
Une quête vaine pour l’instant. « Aujourd’hui nous faisons le tour des banques françaises, c’est la priorité et nous espérons bien qu’une (d’entre elles) contribuera au jeu démocratique », a insisté Sébastien Chenu. Le sujet est crucial pour le parti d’extrême droite sans capacité d’autofinancement, car engagé dans un remboursement « soutenu » de sa dette quasi intégralement composée de prêts de particuliers.
Trois options très encadrées pour se faire un pécule
Les règles des comptes de campagne sont strictes, avec trois sources de financement possible. Les candidat peuvent bien sûr profiter de l’argent disponible dans les caisses de leur parti. Celui-ci peut venir des cotisations des adhérents d’une part et des résultats des élections et de la représentation du parti au Parlement d’autre part : plus il y a d’élus, plus le parti est subventionné. Ils peuvent aussi solliciter des dons de particuliers (hors entreprises et associations) qui ne doivent pas excéder 4 600 euros par donateur. Enfin, ils peuvent solliciter un prêt auprès d’une banque, mais uniquement dans des établissements dont le siège se situe dans un État membre de l’UE.
Pour le Rassemblement national, cette dernière règle est la plus problématique. En 2017, face au refus des banques françaises, le parti s’était tourné vers la Russie de Vladimir Poutine pour se financer. Après le durcissement de la loi, c’est en Hongrie, alors dirigée par Viktor Orbán que Marine Le Pen avait trouvé de l’aide en 2022. Cinq ans plus tard, le problème se repose avec une difficulté supplémentaire : rien ne garantit que le successeur du nationaliste hongrois consente à aider le parti d’extrême droite.
Le refus de financement du RN par les banques françaises « est un problème », a reconnu au micro de RTL le président du Crédit Mutuel et président de la Fédération bancaire française (FBF) Daniel Baal. Mais il a refusé d’insister auprès des établissements bancaires, mettant en avant « un vrai risque » lié aux conditions de remboursement des frais engagés par l’État : un score minimum de 5 % des voix et une validation des comptes de campagne, susceptibles de refroidir les banques. Sur X, Marine Le Pen a dénoncé des propos « très problématiques ». « À part les dons, limités par ailleurs, seules les banques (européennes) peuvent financer une campagne présidentielle. Les prêts de particuliers ne peuvent pas financer une campagne présidentielle. Donc, on fait quoi ? », s’agace-t-elle.
Des partis pas tous égaux
Le RN n’est pas le seul à scruter ses finances. Les petits et moyens candidats sont aussi lancés dans une quête de financement. François Ruffin et Clémentine Autain, candidats déclarés à la tête de leurs micropartis respectifs, communiquent régulièrement sur leurs campagnes d’appels aux dons. Chez Place Publique où Raphaël Glucksmann se prépare, Le Parisien s’est fait l’écho de dîners entre l’eurodéputé et des « acteurs économiques » pour lever des fonds.
Quid des partis plus installés ? Chez Renaissance, « on est blindés », confie au HuffPost un proche de Gabriel Attal. Le parti présidentiel dispose d’environ 40 millions d’euros, en partie grâce à la vente de son siège estimé à 31 millions. Mais chez Les Républicains, les comptes sont plus tendus. La violence de la défaite en 2022 a privé le parti du remboursement de l’État et refroidi certaines banques. Bruno Retailleau peut toujours compter sur les dons des particuliers et les subventions publiques (7,4 millions en 2025) mais l’ensemble risque de ne pas suffire pour une campagne présidentielle digne de ce nom.
La promesse de Macron et Bayrou
« La démocratie, ça a un coup », s’agace sur BFMTV Sébastien Chenu, ravi de trouver une nouvelle occasion de pointer une « promesse enterrée » d’Emmanuel Macron. En 2017, le candidat Macron incluait dans son programme la création d’une « banque de la démocratie ». L’idée lui avait en réalité été imposée par François Bayrou qui avait lui-même rencontré des difficultés de financement pour le MoDem. Dans les mois qui suivent l’élection, la mesure est intégrée dans le projet de loi pour la confiance dans la vie politique, avant d’être retoquée et de disparaître des radars. De retour à Matignon en décembre 2024, le Palois remet le dossier sur la table. Il propose d’adosser cette nouvelle banque à la Caisse des dépôts et consignations pour « prendre en charge le prêt que vous auriez obtenu autrement auprès de banques privées ». Mais son départ précipité de Matignon empêche tout développement.
Sur RTL, Daniel Baal a souligné la « responsabilité des pouvoirs publics » dans le système actuel. « Le fonctionnement de la vie démocratique, le financement de la vie démocratique, in fine c’est bien l’État qui le donnée », a-t-il précisé. À un an du scrutin suprême, difficile cependant d’imaginer le gouvernement de Sébastien Lecornu se ressaisir de ce sujet technique et politiquement sensible. Mais le rêve élyséen vaut bien de casser sa tirelire ?
Source : www.huffingtonpost.fr
Conclusion : Quelques éléments à garder en tête pour suivre cette actualité.

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