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30 avril 2026
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30 avril 2026Mercure : les orpailleurs africains empoisonnés : épisode du podcast Substances toxiques, une dépendance mondiale
Analyse : Cette nouvelle a été passée en revue par notre équipe.
Notre rédaction a sélectionné quelques points clés concernant « Mercure : les orpailleurs africains empoisonnés : épisode du podcast Substances toxiques, une dépendance mondiale ».
Ce qu’il est utile de savoir
En novembre 2025, la COP‑6 de la Convention de Minamata réunissait à Genève les États engagés dans la lutte contre la pollution au mercure, un produit chimique que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) classe parmi les plus préoccupants pour la santé publique. Au centre des discussions figurait l’orpaillage, principal secteur utilisateur de ce métal lourd. Dans de nombreux pays africains – Mauritanie, Mali, Burkina Faso, Niger, Soudan, Kenya, Tanzanie… –, le mercure demeure l’outil le moins coûteux pour amalgamer l’or et le séparer de la gangue rocheuse. Mais sa toxicité extrême, sa capacité à se bioaccumuler et à contaminer durablement sols, eaux et organismes vivants en font un poison majeur, responsable de graves atteintes sanitaires et environnementales.
Essor de l’orpaillage
L’essor actuel de l’orpaillage connaît un renouveau depuis deux décennies, porté par la remontée du cours de l’or. Dans des régions où les opportunités économiques sont rares, l’or apparaît comme un recours immédiat : un orpailleur peut gagner deux fois plus qu’un agriculteur. Ainsi, au moins 60 millions de personnes dépendent aujourd’hui, directement ou indirectement, de cette activité informelle en Afrique. Les jeunes, autrefois attirés par l’Europe, traversent désormais le Sahara pour rejoindre les sites aurifères.
Lorsque l’or est extrait de la roche, l’amalgamation au mercure reste la méthode dominante : le métal liquide capte l’or, puis l’amalgame est chauffé pour libérer l’or. Le mercure s’évapore alors, intoxiquant les opérateurs et polluant durablement l’air, les sols et les eaux. Le cyanure, utilisé dans la lixiviation – une technique plus efficace mais plus coûteuse – n’est pas moins dangereux en cas d’accident : des cuves mal étanches ou endommagées peuvent contaminer les populations, les nappes phréatiques et les rivières.
Des interdictions du mercure peu appliquées
Si de nombreux pays africains ont interdit le mercure en application de la Convention de Minamata, ces interdictions restent peu ou pas appliquées. La formalisation de l’activité minière artisanale se heurte à la réalité du terrain et aux enjeux politiques. L’orpaillage demeure l’un des rares leviers économiques pour des territoires en quête de ressources, et les États redoutent les tensions sociales qu’un encadrement plus strict pourrait provoquer. Quant aux programmes de sensibilisation, comme ceux du Programme des Nations Unies pour le transformation (PNUD), ils profitent surtout à une élite d’orpailleurs déjà bien équipés, tandis que la majorité des exploitations informelles échappent à tout contrôle.
Quelle place l’orpaillage occupe-t-il dans l’économie informelle de l’espace sahélo-saharien ou de la région des Grands Lacs ? Comment la hausse du cours de l’or rend-elle cette activité encore plus centrale pour les pays aurifères ? Quels dégâts le mercure et le cyanure causent-ils sur les orpailleurs et leur environnement ? Comment ces enjeux écologiques et sanitaires sont-ils pris en compte par les populations touchées et par les États ?
Julie Gacon s’entretient avec Joseph Bohbot, géographe, enseignant-chercheur à l’Université Paris-Sorbonne, affilié au laboratoire Médiations, et Laurent Gagnol, géographe et maître de conférences à l’Université d’Artois, spécialisé sur l’espace sahélo-saharien.
Focus – Au Pérou, une initiative de mineures pour de l’or sans mercure
Avec Agathe Fourcade, journaliste correspondante pour Libération et France 24 au Pérou.
Dans la région de Madre de Dios, au sud-est du Pérou et dans l’ouest de la forêt amazonienne, des femmes propriétaires de mines d’or se sont constituées en réseau avec un objectif : extraire de l’or sans mercure. Une initiative qui vise à protéger l’environnement, alors que l’orpaillage artisanal au mercure empoisonne la forêt et les corps.
Pour aller plus loin :
Joseph Bohbot est notamment l’auteur de l’article « L’activité minière artisanale dans l’ouest du Kenya : entre dynamiques locales & dynamiques transfrontalières »Ouverture dans un nouvel onglet, L’Espace Politique [En ligne], 49-50 | 2023-1/2.
Laurent Gagnol est notamment l’auteur de l’article « Expansion extractiviste en Mauritanie. Vers une industrialisation ‘par le bas’ avec la formalisation de l’exploitation artisanale et semi-industrielle de l’or ? »Ouverture dans un nouvel onglet, EchoGéo [En ligne], 71 | 2025
Références sonores
Référence musicale
Source : www.radiofrance.fr
Conclusion : Quelques éléments à garder en tête pour suivre cette actualité.

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