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30 avril 2026« Il y a du vrai quand on dit que TotalEnergies profite de la crise », reconnaît un économiste de l’énergie – franceinfo
Analyse : Notre équipe propose une lecture synthétique de cette actualité.
Voici l'avis général de nos rédacteurs sur « « Il y a du vrai quand on dit que TotalEnergies profite de la crise », reconnaît un économiste de l’énergie – franceinfo ».
Résumé à retenir
Alors que les prix des carburants ne sont pas prêts de baisser, TotalEnergies annonce un bénéfice de plus de 5 milliards d’euros au premier trimestre. Selon Thierry Bros, spécialiste de l’énergie, l’entreprise « aurait les moyens de baisser davantage ses prix à la pompe ».
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Donald Trump avertit que la fermeture du détroit d’Ormuz pourrait durer plusieurs mois, un moyen pour les États-Unis de tenter de faire plier l’Iran en l’asphyxiant économiquement. Cette annonce a provoqué une nouvelle envolée des prix du pétrole sur les marchés boursiers, qui va continuer d’alimenter la flambée des prix des carburants. C’est dans ce contexte économique tendu que le géant pétrolier Total Énergies annonce un bénéfice en hausse de +51% par rapport au premier trimestre 2025.
Le plafonnement des prix dans ses stations-services n’a impacté que « très légèrement ses profits », d’après Thierry Bros, professeur à Sciences Po, spécialiste des questions relatives aux énergies et au climat.
Franceinfo : TotalÉnergie réalise 5 milliards d’euros de bénéfices au premier trimestre, soit +51 % sur un an. Ce résultat exceptionnel est-il exclusivement dû à la guerre ?
Thierry Bros : absolument, oui. Le prix du baril continue d’exploser. Total intervient sur toute la chaîne pétrolière, en particulier en amont, dans l’exploration et la production, une industrie de rente, où il essaye de minimiser ses coûts.
« Un baril lui revient à environ 35 dollars. Le prix du marché aujourd’hui étant à 125 dollars le baril, la différence, c’est un profit très important, que Total partage avec le pays producteur. »
Thierry Bros, expert des questions énergétiquesà franceinfo
Donc il y a du vrai quand on dit que Total profite de la crise.
Sébastien Lecornu demande une redistribution des profits liés à la guerre, Total répond qu’il a déjà redistribué en plafonnant ses prix en France. Est-ce-que c’est vrai, et combien ça lui a coûté ?
Oui c’est vrai, cette opération commerciale a fait baisser très légèrement ses profits. Mais sa rentabilité repose en très grande partie sur l’exploration et la production. Donc Total aurait les moyens de baisser encore davantage ses prix à la pompe, voire de vendre à prix coûtant en France. Mais ça serait considéré comme une distorsion de concurrence par la Commission européenne. Et vendre à prix coûtant dans toute l’Europe, pas sûr que Total accepterait. Quant à la vente à perte, je ne suis pas certain que ce soit légal.
Donald Trump prévient que le blocus du détroit d’Ormuz pourrait durer plusieurs mois. Est-ce que la France est prête à y faire face ?
Nous ne sommes jamais prêts à affronter ce genre de risque. Le prix du baril augmente de 30 dollars par mois, et ça devrait continuer. Ça peut entraîner, pas seulement la destruction, souhaitable, de la demande, mais des récessions économiques, et se traduire par une pénurie, comme en Asie. L’État français a des réserves stratégiques, il a déjà puisé dedans, mais il ne pourra reconstituer les stocks qu’après la fin de la guerre. Ce qu’il faut faire, c’est suivre les recommandations de l’Agence internationale de l’énergie, même si ce n’est pas populaire.
« Il faut dire aux gens qu’ils rentrent dans un monde où le pétrole est plus cher et qu’ils vont devoir adapter leur comportement : baisser la vitesse sur les autoroutes, faire du télétravail et moins voyager en avion. »
Thierry Brosà franceinfo
Le contexte va accélérer la transition énergétique, parce qu’il n’y a pas de bouclier tarifaire et que les Français se rendent compte que le prix du baril monte. En ce sens, le bouclier tarifaire mis en place en 2022 était une erreur politique. Mais d’un autre côté, si on laisse les prix monter, on pénalise les Français qui n’ont plus les moyens de payer.
Le risque de pénurie touche aussi le transport aérien. À quoi faut-il s’attendre ?
L’Agence internationale de l’énergie l’a dit, il va falloir clouer des avions au sol l’été prochain. Ça arrive déjà en Asie, par exemple au Vietnam, où il y a beaucoup moins de vols. En France, les grands aéroports sont alimentés par oléoduc directement depuis les raffineries. Donc tant qu’on aura du pétrole qui arrive, il y aura du kérosène. C’est une question de souveraineté énergétique.
Source : www.franceinfo.fr
Conclusion : Ces informations seront suivies attentivement par notre rédaction.

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