Le vaccin contre la crédulité
1 mai 2026
Les français face à une flambée des prix du gaz
1 mai 2026Analyse : Notre rédaction partage quelques éléments clés à retenir.
Voici quelques observations de notre rédaction sur « Jordan Bardella, une pré-campagne contrariée dans l’ombre étouffante de Marine Le Pen ».
Résumé des éléments principaux
Le seul en scène va encore attendre. Pendant que la gauche et les syndicats défilent dans la rue pour la fête des travailleurs ce vendredi 1er mai, Jordan Bardella et Marine Le Pen tiennent un meeting à Mâcon, en Saône-et-Loire, pour célébrer la « fête de la nation. » Un rituel qui a remplacé, ces dernières années, leur défilé parisien en l’honneur de Jeanne D’Arc.
Les deux têtes du Rassemblement national ont donc l’occasion parfaite d’afficher une image d’union sacrée, trois mois avant la décision déterminante de la Cour d’appel de Paris. Le 7 juillet prochain, les magistrats décideront de la culpabilité, ou non, de la fille de Jean-Marie Le Pen dans l’affaire des assistants parlementaires. Si elle écope d’une peine d’inéligibilité de deux ans ou plus, elle ne pourra pas se présenter en 2027.
En attendant, cette épée de Damoclès contraint forcément la précampagne du parti d’extrême droite. Derrière les images reluisantes ce vendredi, et des sondages particulièrement flatteurs un an avant le premier tour de la présidentielle, de premières lézardes apparaissent au sein du tandem. Avec le risque qu’elles deviennent plus profondes au fil des mois, et finissent par dérouter leurs électeurs.
Friture sur la ligne
Ainsi, quelques heures avant de se retrouver à Mâcon, les deux dirigeants ont laissé voir leurs divergences sur un sujet majeur de justice sociale : la taxation des superprofits en temps de crise. Un débat relancé ces derniers jours avec l’annonce par TotalEnergies de l’envolée de ses bénéfices. Invité de BFMTV mercredi, Jordan Bardella s’est dit très mesuré à l’égard d’un tel mécanisme, expliquant, en résumé, qu’inventer « des taxes et des impôts dans un pays qui a 46 % de prélèvements obligatoires » n’était pas sa « priorité. »
Problème : moins de dix minutes plus tôt, Marine Le Pen affirmait à peu près le contraire. Pour elle, « il est normal » que les pétroliers « contribuent à l’effort national par une taxation exceptionnelle sur les surprofits » qu’ils ont réalisés. Il s’agit d’une « mesure de justice sociale, que nous défendons depuis des années », a-t-elle écrit sur les réseaux sociaux, en relayant une vidéo de 2024, dans laquelle elle exprime la même position.
Alors, que comprendre ? Et qui croire ? Malgré leurs dénégations tenaces, cette friture sur la ligne reflète à merveille les différences de vues qui séparent les deux dirigeants d’extrême droite. Lui, l’homme de droite revendiqué, tendance libérale et « pro-business », qui louche sur les autres chapelles au sein de son camp. Elle, populiste et défenseure d’une ligne souverainiste et étatiste, héritière du slogan paternel « ni gauche, ni droite. »
Des arbitrages cet été
Pour solder ces désaccords, réels, le parti se donne jusqu’à l’été. Au moment, donc, du couperet pour Marine Le Pen. En attendant, difficile de voir ce qui empêchera ce schéma néfaste de se reproduire dans les semaines à venir. Ni de dégager l’impression brumeuse qui plane autour du Rassemblement national et de ses représentants.
Illustration avec la réforme des retraites, et leur promesse de départ à 62 ans. Enjeu phare de ces dernières années, qui a permis au RN de solidifier sa base au sein de l’électorat populaire, le sujet embarrasse désormais clairement les dirigeants du parti nationaliste. Ainsi, le porte-parole Thomas Ménagé a fait moult circonvolutions mercredi dernier sur franceinfo pour expliquer que la position de son futur candidat pourrait changer dans les semaines à venir.
« Aujourd’hui nous tenons ce programme, nous pouvons l’équilibrer, ça tient encore. Après on est dans une situation d’une telle instabilité que les choses peuvent bouger très rapidement », a-t-il ainsi fini par lâcher. Une forme de fragilité, sur le fond, peu propice à répondre au déficit de crédibilité qui affecte déjà le parti, et son président, malgré une cote de popularité toujours très haute dans les sondages.
Opération de com ratée ?
Dans ce contexte, d’autres difficultés guettent. En coulisses, les relations sont notoirement difficiles entre les deux groupes composés autour de Marine Le Pen et Jordan Bardella (et leurs profils presque contraires). Selon Le Monde, le trentenaire n’a pas prévenu les cadres la fausse paparazzade parue dans Paris Match pour officialiser sa relation avec la princesse Maria Carolina de Bourbon, laissant libre cours à leur imagination au moment de faire le service après-vente de l’opération dans les médias.
C’est ainsi que le vice-président de l’Assemblée Sébastien Chenu, « mariniste » convaincu, a cru bon d’expliquer sur franceinfo (puis sur les réseaux sociaux) que « tout le monde n’a pas vocation à finir comme une prof de sociologie à Nanterre, moche, mal coiffée et aigrie ». Tollé général… Et campagne de communication manquée ?
Quelques jours après cette officialisation, le président du RN accusait un tout premier recul dans un sondage. Sa cote d’adhésion a effectivement baissé de trois points en un mois dans le baromètre d’Odoxa publié le 28 avril. « Afficher son bonheur privé avec une personne issue de la noblesse mondialisée, alors qu’on est censé représenter la France qui souffre, passe mal », commentait alors Gaël Slimani, président et cofondateur de l’institut. Un « signal faible » qui ne prédit en rien quelconque décrochage dans les intentions de vote. Il confirme néanmoins que le seul en scène de Jordan Bardella, s’il advient, ne sera pas sans chausse-trape.
Source : www.huffingtonpost.fr
Conclusion : Notre équipe vous tiendra informés des faits marquants.

9999999
