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6 mars 2026Volodymyr Zelensky exhorte Donald Trump à « rester » du côté de l’Ukraine au quatrième anniversaire de l’invasion russe
GENYA SAVILOV / AFP
Au quatrième anniversaire de l’invasion russe, dans une interview sur la chaîne CNN, Volodymyr Zelensky (ici le 20 février 2026) presse Donald Trump de rester engagé aux côtés de l’Ukraine.
Quatre ans jour pour jour après le 24 février 2022, Volodymyr Zelensky choisit le symbole pour faire passer son message. À l’heure où l’Ukraine entre dans sa cinquième année de guerre, le président ukrainien appelle Donald Trump à ne pas changer de camp.
Dans un entretien accordé à CNN depuis le palais présidentiel de Kiev, il insiste sur l’enjeu politique du moment. Les États-Unis « doivent rester du côté (…) d’un pays démocratique qui lutte contre une seule personne », affirme-t-il, visant Vladimir Poutine. « Cette personne, c’est la guerre. Poutine est la guerre. Tout est centré sur lui. »
Et lorsque la question devient plus directe à savoir si Donald Trump met suffisamment de pression sur Vladimir Poutine pour mettre fin au conflit, la réponse est sans détour : « Non. »
Pour le président ukrainien, l’Amérique est « trop forte » pour se contenter d’une posture d’observateur. « S’ils veulent vraiment arrêter Poutine, l’Amérique est si forte », insiste-t-il, suggérant que Washington a les moyens d’influer sur l’issue du conflit.
Ne « pas donner le pays sur un plateau »
Dans cet entretien parfois chargé d’émotion, le président ukrainien reconnaît que son pays est épuisé. Mais céder aux exigences russes n’est pas envisageable. « On ne peut pas juste lui donner tout ce qu’il veut. Parce qu’il veut nous occuper. »
Puis il enchaîne, plus grave encore : « Si nous lui donnons tout ce qu’il veut, nous allons tout perdre et tous autant que nous sommes, nous devrons fuir ou devenir Russes. »
Les discussions trilatérales entre Kiev, Moscou et Washington n’ont pour l’instant débouché sur aucune avancée décisive. Le principal point de blocage concerne les garanties de sécurité. Zelensky dit entendre que la Russie ne relancerait pas une guerre à l’avenir. « Ce n’est pas une réponse pour moi. Je suis désolé », tranche-t-il. Ce qu’il veut, explique-t-il, c’est « une réponse très précise » : que feront concrètement les alliés si « Poutine revient » ?
Autre divergence avec Donald Trump : la séquence diplomatique. Le président américain souhaiterait un accord global signé en une seule étape. Zelensky, lui, exige que les garanties de sécurité soient d’abord validées formellement, notamment par le Congrès américain. L’Ukraine se dit prête à geler la ligne de front actuelle, mais refuse de retirer ses troupes des zones encore sous son contrôle dans l’Est. « Nous ne pouvons pas être, désolé, des types stupides », lance-t-il. « Nous ne pouvons pas donner le pays sur un plateau. »
Quelques heures avant l’interview, Zelensky remettait des décorations aux familles de soldats tombés au combat. « C’est un honneur (…) mais c’est très douloureux », confie-t-il. Une manière de rappeler qu’au-delà des tractations diplomatiques, la guerre continue de coûter des vies.

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