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Notre équipe analyse l'article « L’Allemagne continue de vieillir | France Culture » pour en tirer les points essentiels.
Résumé pour le lecteur
En 2025, le nombre de décès, qui s’élevait à environ 1 million et 10 000 morts, a dépassé celui des naissances de 352 000. Il s’agit du plus grand déficit de natalité de la période d’après-guerre. Des repères que l’on doit au Süddeutsche ZeitungOuverture dans un nouvel onglet. D’autres affleurent dans les colonnes de la Frankfürter Allgemeine Zeitung.Ouverture dans un nouvel onglet
Les naissances, l’espérance de vie et l’immigration déterminent le phase de la population et de nouvelles projections montrent que le pays continue de vieillir – et que la population active diminue considérablement et sous toutes les variantes.
Dès 2035, environ un quart de la population allemande aura 67 ans et plus.
Et si en 2024, 51 millions de personnes âgées de 20 à 66 ans vivaient en Allemagne, ce nombre devrait tomber à 45 millions d’ici 2070, même avec une forte immigration nette !
Dix ans après la crise migratoire, l’Allemagne fait le bilan du « Wir schaffen das »
Le 31 août 2015, face à l’afflux de centaines de milliers de réfugiés venus de Syrie et d’Afghanistan, la chancelière allemande, Angela Merkel, prononçait sa formule devenue célèbre : « Wir schaffen das ». (« Nous y arriverons »). Une décennie plus tard, à Berlin, le débat ne porte plus sur l’intégration des Syriens, mais sur l’ampleur d’un éventuel rapatriement de ceux-ci vers leur pays d’origine.
Lors d’une visite du président syrien, Ahmed Al-Charaa, à Berlin, lundi 30 mars, le chancelier, Friedrich Merz (CDU), a en effet affirmé qu’ »au cours des trois prochaines années, « environ 80 % des Syriens qui se trouvent actuellement en Allemagne devraient retourner dans leur pays d’origine« , précisant que c’était là « le souhait du président Al-Charaa » afin de reconstruire le pays. Pour M. Merz, l’objectif serait « de rapatrier en priorité ceux qui ne disposent plus d’un titre de séjour valide en Allemagne« , mais aussi, à terme, tous ceux ayant fui la guerre, celle-ci étant désormais « terminée« .
Ses propos, ambigus, ont semblé plaider pour que « ceux qui vivent [en Allemagne] et souhaitent y rester soient bien intégrés », tout en soulignant que « beaucoup de ceux qui sont ici sont attendus chez eux« . À plusieurs reprises, le gouvernement allemand a indiqué souhaiter que les personnes arrivées en 2015 avec le statut de réfugié puissent retourner en Syrie, compte tenu de l’évolution de la situation.
Ce qui nourrit bien des débats ainsi que des controverses, en témoigne une tribune publiée par le Süddeutsche ZeitungOuverture dans un nouvel onglet, intitulée ‘ »Ainsi, l’Allemagne ne fait que se nuire à elle-même « .
Entretien avec Anne Salles, Maîtresse de conférence à l’université de la Sorbonne, spécialiste de civilisation contemporaine allemande, chercheuse associée à l’INED (Institut national d’études démographiques).
Diriez-vous que le constat qui est fait est alarmant ?
Il est évidemment préoccupant puisque cette baisse s’est fortement accélérée depuis 2022. Mais partant d’un niveau qui était plutôt comparativement élevé juste avant. Ce qui veut dire que nous sommes actuellement simplement dans des valeurs dans la moyenne. L’indicateur conjoncturel de fécondité s’élève en Allemagne en 2025 à 1,35 enfant par femme. C’est exactement la moyenne qu’a connue l’Allemagne de l’Ouest, en tout cas sur les cinquante dernières années.
Est-ce que la situation est homogène sur tout le territoire ou bien faut il faire état de disparités régionales ?
Elles sont relativement modérées. En Allemagne, on a eu un petit décrochage de l’Allemagne de l’Est en 2024, on est descendu à 1,27 à l’Est pour 1,38 à l’Ouest enfant par femme. Mais cela reste quand même des écarts qui sont vraiment faibles. En revanche, derrière ces écarts relativement faibles, donc une homogénéité, je dirais plutôt de façade, on a des comportements qui sont quand même assez différents puisque à l’Est, on a beaucoup moins de fécondité qu’à l’Ouest, mais on a moins de familles nombreuses qu’à l’Ouest, et c’est ce qui fait qu’on arrive finalement à des chiffres relativement comparables entre l’Est et l’Ouest.
Quels sont les facteurs qui ont mené à ce tableau de bord démographique ?
En soi, en Allemagne de l’Ouest, c’est quand même une évolution qui date. Cela a commencé dès la fin du baby-boom, au milieu des années 70. On se situe entre un trois et un quatre enfants par femme, et on est resté à ce niveau, donc une remarquable stabilité. On est simplement sur un pays qui a évolué vers d’autres valeurs et en particulier effectivement une valeur de l’enfant qui n’est plus celle qu’elle était avant. Voilà ce qui explique effectivement ces changements qu’on a en Allemagne mais qu’on a dans beaucoup d’autres pays. Un élément qui a été pointé effectivement aussi, c’est le donnée de pouvoir moins bien concilier travail et famille en Allemagne que dans d’autres pays, et qui expliquerait le cas qu’on ait eu plus de fécondité, notamment en RFA. Il est évident qu’il est plus difficile effectivement de rester en travail à temps plein en Allemagne en ayant des enfants. À partir du moment où vous avez une offre de garde qui est relativement limitée. L’Allemagne s’est efforcée de développer cette offre de garde, mais ce sont des réformes récentes qui datent de 2005. Donc, depuis 2005, on développe effectivement les crèches en Allemagne. Ce qui veut dire que tant que vous deviez choisir entre travail et famille, on a une part non négligeable des femmes qui ont fait le choix, pour des raisons économiques ou pour des raisons de carrière, de ne pas avoir d’enfant pour se maintenir dans l’emploi. Donc ça, ça a joué un rôle. Et le deuxième facteur qui est le facteur le plus important, c’est le recul des familles nombreuses.
À quelles évolutions s’attendre ?
A priori, il n’y a guère de raisons de penser que ça va beaucoup changer puisque cela s’inscrit dans une grande stabilité. Il y a eu beaucoup d’espoirs en Allemagne quand on a vu la fécondité remonter. Elle est montée entre 2016 et 2021, on a atteint 1,6 enfants par femme et ça, c’était une situation vraiment exceptionnelle. Donc là, effectivement, on a tout de suite eu des voix qui se sont élevées en Allemagne pour dire ‘ça y est, nos réformes de politique familiale, font effet. le action qu’il y ait plus de crèches, qu’on ait à améliorer les conditions de conciliation. Et puis patatras! Depuis 2022, ça redescend. Mais on est finalement aujourd’hui en Allemagne, au niveau que l’Allemagne connaissait avant sa période avec ce pic. Et donc finalement, dans une situation qui est comparativement plutôt meilleure que d’autres pays où la fécondité s’effondre à des niveaux beaucoup plus bas que ce que ces pays la connaissaient avant, notamment en Europe du Nord et même en France.
Quel rôle joue l’immigration dans la démographie allemande ?
L’immigration est importante pour stabiliser la population. Donc là, effectivement, en Allemagne, on est sur un déficit des naissances d’environ 350 zéro zéro zéro en 2025. C’est le déficit le plus élevé que l’Allemagne ait connu depuis sa fondation. C’est donc absolument considérable. Et jusqu’à présent, ce déficit était compensé par l’immigration. Mais le gouvernement a mis un tour de vis, ce qui fait que nous n’avons plus qu’un solde migratoire de 9 000, ce qui est excessivement faible. Et ce qui veut dire que la population diminue pour la première fois depuis une quinzaine d’années. Donc c’est quand même une évolution notable. Et là, l’immigration peut effectivement jouer un rôle de stabilisateur. En revanche, l’immigration ne joue quasiment pas de rôle, un rôle vraiment très très faible dans le vieillissement. Le vieillissement est avant tout déterminé par le nombre de naissances. Nous sommes donc finalement sur une évolution très prédictible et on sait que donc on est en pleine période de fort vieillissement en Allemagne, de manière totalement comparable à la France. On va avoir le même vieillissement en Allemagne qu’en France. Cet indicateur vise à cerner à peu près la charge qui pèse sur les actifs, ou du moins les personnes en âge d’activité. Et là, l’immigration n’a pratiquement pas d’impact. Donc le vieillissement est inéluctable et il va bel et bien falloir trouver des solutions pour répondre à cette évolution.
Anne Salles, 2024, « La politique familiale en Allemagne : une politique volontariste aux effets démographiques et sociaux réels, mais limitésOuverture dans un nouvel onglet« , Informations sociales, CNAF, n°211, 88-97.
Anne Salles, 2023, « Pénurie de main d’œuvre en Allemagne ? Entre réalité démographique et besoins du marché du travailOuverture dans un nouvel onglet« , Études de l’Ifri, Comité d’études des relations franco-allemandes (Cerfa), septembre, 34 p.
Anne Salles, 2017, « Entre vieillissement et migrations : la difficile équation allemandeOuverture dans un nouvel onglet« , les Notes du Cerfa, n°138, Ifri.
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