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L'équipe éditoriale a étudié « Kim Aris, fils d’Aung San Suu Kyi: «Ma mère est toujours l’otage de l’armée birmane» » et partage son avis.
Les éléments principaux
Le chef de la junte birmane, Min Aung Hlaing, qui a prêté serment comme président le 10 avril – après des élections considérées comme une mascarade – a libéré en avril plus de 4 000 prisonniers et commué les condamnations à mort en peines de prison à perpétuité. Le 30 avril, le régime a annoncé que l’ancienne dirigeante Aung San Suu Kyi, détenue depuis le coup d’État du 1er février 2021, purgera le reste de sa peine assignée à résidence, dans un lieu tenu secret. RFI a pu joindre son fils cadet, Kim Aris, qui ne cache pas son scepticisme sur le sort de sa mère.
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RFI : Une photo de votre mère Aung San Suu Kyi a été rendue publique pour démontrer son transfert en résidence surveillée. Est-ce qu’elle vous a rassuré ?
Kim Aris : Je n’ai jamais directement communiqué avec elle. Je n’ai reçu qu’une seule lettre de ma mère au cours des cinq dernières années. Actuellement, je mène une campagne « preuve de vie » pour ma mère car, à ma connaissance, personne en dehors de la prison ne l’a vue. La photo qui circule, je ne sais pas si elle est réelle ou pas. Il y a beaucoup de spéculations selon lesquelles elle ne serait pas authentique. Nous avons entendu dire que ses problèmes cardiaques s’aggravaient, qu’elle se plaignait de douleurs et que sa tension artérielle n’était pas bonne. Elle souffre d’autres maux depuis cinq ans. J’aimerais que son état de santé et sa localisation soient vérifiées de manière indépendante, par un organisme comme le Comité international de la Croix-Rouge. Cela aurait beaucoup de sens pour moi.
Pensez-vous que ce transfert en résidence surveillée soit une réponse à la pression internationale croissante, ou y voyez-vous plutôt une tactique politique de l’armée pour briser son isolement et gagner en légitimité ?
Je pencherais plutôt pour la seconde option. Après cette soi-disant élection, l’armée cherche à obtenir une légitimité internationale, et c’est l’une des tactiques qu’elle utilise.
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Le ministre des Affaires étrangères chinois, Wang Yi, aurait rencontré votre mère lors de sa visite à Naypyidaw la semaine dernière. Avez-vous confirmation de cette rencontre ?
Non, je n’ai aucune confirmation. De plus, son équipe juridique devait apparemment la rencontrer, mais rien n’en est ressorti non plus.
Quelques heures avant l’annonce de son transfert, le porte-parole du ministre chinois des Affaires étrangères a décrit Aung San Suu Kyi comme une « vieille amie de la Chine ». Quel est votre commentaire sur cette déclaration ?
Eh bien, je suis heureux que la Chine voie ma mère ainsi. J’ai entendu dire qu’ils avaient renforcé cette relation. À l’avenir, la Chine doit comprendre que ma mère est une figure centrale pour construire la paix en Birmanie. Sans paix en Birmanie et tant que le pays sera en conflit, les intérêts économiques de la Chine ne pourront jamais prospérer.
Et l’Occident ?
L’Occident a clairement fait connaître sa position : il ne reconnaît pas les dirigeants réélus par l’armée. Mais il pourrait faire beaucoup plus pour essayer d’améliorer la situation.
Depuis que l’armée a pris le pouvoir, de nombreux groupes armés ethniques, rejoints par les Forces de défense du peuple, ont pris les armes contre la junte. Cela semble très éloigné du message de non-violence que votre mère a toujours défendu. La plupart des représentants élus de la Ligue nationale pour la démocratie sont désormais soit en prison, soit en exil. Selon vous, quel est le meilleur moyen de sortir de cette terrible spirale de violence ?
Je pense que le observation de départ est la libération de ma mère et de tous les autres prisonniers politiques. À ce stade, ils sont pris en otage par l’armée. Le pays ne pourra pas retrouver la paix tant qu’ils seront en prison. Évidemment, l’armée n’a jamais respecté ses cessez-le-feu. Tant qu’elle ne reviendra pas à la table des négociations, ce conflit se poursuivra. Mais l’armée est aujourd’hui dans une position plus fragile qu’avant le coup d’État. J’espère qu’à un moment donné, elle réalisera qu’elle doit reprendre le dialogue.
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Source : www.rfi.fr
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