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JEAN LOUIS DUZERT / AFP
Des policiers escortent le militant Georges Ibrahim Abdallah devant le tribunal de Pau le 18 février 2010.
JUSTICE – Sa remise en liberté ne s’annonce pas si tranquille que ça. Le parquet général de Paris a annoncé ce lundi 21 juillet se pourvoir en cassation pour faire annuler la libération conditionnelle de Georges Ibrahim Abdallah, condamné en 1987 pour complicité d’assassinats de diplomates américain et israélien, et considéré comme l’un des plus anciens détenus du pays.
Le 17 juillet dernier, la cour d’appel de Paris avait ordonné la remise en liberté du Libanais, ancien chef d’un groupuscule de chrétiens marxistes pro-palestiniens. Sa libération « sous condition de quitter le territoire national et n’y plus paraître » interviendra le 25 juillet, avait indiqué une source judiciaire à la fin de l’audience non publique au palais de Justice de Paris, en l’absence de Georges Ibrahim Abdallah, incarcéré à la prison de Lannemezan, dans les Hautes-Pyrénées.
Dans un communiqué ce lundi, le parquet général de Paris estime que cette décision « n’est pas conforme à la jurisprudence de la chambre criminelle de la cour de cassation selon laquelle une personne condamnée à la réclusion criminelle à perpétuité pour des faits de terrorisme ne peut bénéficier d’une libération conditionnelle sans mesure probatoire ».
De son côté, la cour d’appel de Paris rappelle que « cette voie de recours ne suspend pas l’exécution de la décision ». Ce qui signifie que Georges Ibrahim Abdallah devrait pouvoir rentrer au Liban, puisqu’il paraît improbable que le pourvoi en cassation soit examiné dans les tout prochains jours.
« Nous l’attendions depuis longtemps »
« S’ils ont accepté de me libérer, c’est grâce à cette mobilisation (de militants) qui est ascendante », avait réagi Georges Abdallah lors d’un échange avec la députée LFI Andrée Taurinya, à l’occasion d’une visite de la parlementaire à la prison. « C’est à la fois une victoire judiciaire et un scandale politique qu’il ne soit pas sorti plus tôt, à cause du comportement des États-Unis et de tous les présidents français » successifs, a déclaré son avocat, Me Jean-Louis Chalanset.
Les États-Unis, parties civiles, s’étaient toujours vigoureusement opposés à chacune des demandes de libération déposées par Georges Abdallah. Israël ne s’était pas manifesté pendant la procédure judiciaire, mais a « regretté », par la voix de son ambassade à Paris, sa libération. « De tels terroristes, ennemis du monde libre, devraient passer leur vie en prison », a écrit l’ambassade dans un communiqué.
Le Liban, qui réclame sa libération aux autorités françaises depuis des années, s’est dit via son chargé d’affaires à Paris « extrêmement satisfait ». « Nous l’attendions depuis longtemps », a déclaré Ziad Taan, ajoutant que « l’État libanais prend toutes les dispositions pour organiser son retour avec les autorités françaises » au Liban, où il est « le bienvenu ».
« Un symbole passé »
Selon l’AFP, sa sortie de prison interviendra bien vendredi. Il est ensuite prévu qu’il prenne un vol entre Roissy et Beyrouth.
Aujourd’hui tombé dans l’oubli, Georges Abdallah était dans les années 1980 l’ennemi public n° 1 et l’un des prisonniers les plus célèbres de France. Pas à cause de son affaire, mais parce qu’on l’a longtemps cru, à tort, à l’origine de la vague d’attentats de 1985-1986 qui a fait 13 morts dont sept au magasin Tati de la rue de Rennes.
Georges Abdallah n’a jamais reconnu son implication dans les assassinats des diplomates à Paris, mais les a toujours qualifiés d’« actes de résistance » contre « l’oppression israélienne et américaine », dans le contexte de la guerre civile libanaise et l’invasion israélienne au sud-Liban en 1978.
Son groupuscule des FARL (Fractions armées révolutionnaires libanaises), dissous depuis longtemps, « n’a pas commis d’action violente depuis 1984 », avait toutefois souligné la cour, estimant que Georges Abdallah « représente aujourd’hui un symbole passé de la lutte palestinienne ».

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