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7 mai 2026Zack Polanski, l' »éco-populiste » à la tête des Verts qui veut « remplacer » les travaillistes
Analyse : L’équipe de rédaction a sélectionné les éléments clés à retenir.
Notre rédaction partage quelques remarques sur « Zack Polanski, l' »éco-populiste » à la tête des Verts qui veut « remplacer » les travaillistes ».
Résumé à retenir
Ce quarantenaire au profil atypique a pris la tête de la formation écologiste britannique en septembre dernier et entend en faire la première force de gauche du pays, quitte à parler de justice sociale et de Gaza avant de parler de crise climatique. Il espère tirer son épingle du jeu lors d’élections locales qui se tiennent ce jeudi 7 mai.
Il y a neuf mois, personne ne connaissait son nom. Depuis son élection en septembre dernier, il a réussi à quadrupler le nombre d’adhérents de son parti. Une chose est sûre, le chef de file des Verts au Royaume-Uni Zack Polanski a réussi un premier pari: attirer l’attention. Tous les regards seront braqués sur lui ce jeudi 7 mai, alors que des millions de Britanniques se rendent aux urnes pour les élections locales, qui s’annonçent périlleuses pour le Premier ministre Keir Starmer.
Selon les derniers sondages, ce scrutin pourrait acter la recomposition du paysage politique de l’autre côté de la Manche, avec de mauvais résultats pour les travaillistes et les conservateurs et la confirmation de la montée en puissance du parti anti-immigration Reform UK et de celle des Verts.
Zack Polanski l’avait annoncé. « Mon message pour le Labour est très clair (…), nous sommes ici pour vous remplacer », avait-il lancé après sa très large victoire (près de 85% des voix) pour prendre la tête des Verts. L’homme de 43 ans ambitionne de faire à gauche ce que Reform UK de Nigel Farage a fait de l’autre côté de l’échiquier politique.
« Les gens savent désormais que voter Verts est le meilleur moyen de vaincre Reform », estime-t-il ainsi.
Profitant de la perte de popularité de Keir Starmer, les Verts devraient gagner des centaines de conseillers, en particulier à Londres. En février, le parti de Zack Polanski avait déjà remporté une élection législative partielle, dérobant, là déjà, une circonscription aux travaillistes.
Profil singulier
Zack Polanski est né David Paulden en 1982. À sa majorité, il choisit de prendre le nom de ses grands-parents et de rendre ainsi hommage à ses origines juives. Il grandit dans la région de Manchester, dans le nord de l’Angleterre, et découvre la politique au début des années 2000 aux États-Unis, où il étudie le théâtre, notamment, raconte-t-il auprès du Guardian, « en constatant les inégalités, le racisme et l’homophobie ». Il a effectivement raconté à plusieurs reprises avoir été victime de harcèlement en raison de son homosexualité.
Cet acteur de théâtre amateur, qui a également exercé en tant qu’hypnothérapeute, a rejoint les Libéraux-démocrates en 2015 avant de bifurquer vers les Verts deux ans plus tard. Il est élu sous cette étiquette à l’Assemblée de Londres depuis 2021. C’est, dit-il, en voyant la progression la formation d’extrême droite Reform UK à travers le Royaume-Uni qu’il a fait le choix de se présenter à la tête des Verts, avant de remporter le scrutin avec la manière.
Mais si Zack Polanski est élu chez les Verts, qu’il est végan et porte des vêtements de second main et qu’il a milité pour Extinction Rebellion, l’identité écologiste du parti semble avoir quelque peu été mise de côté depuis son élection.
« Éco-populiste »
Pour s’adresser au plus grand nombre, le quarantenaire tient un discours centré sur la justice sociale. « Les gens se préoccupent d’abord de se nourrir et de se chauffer. Cela ne signifie pas qu’ils se désintéressent de la crise climatique, mais ils veulent que ce soient les groupes pétroliers et les multinationales qui financent la transition énergétique », expliquait-il au New Statesman en novembre dernier.
Zack Polanski s’autoproclame ainsi « éco-populiste ». Il s’agit là, selon lui, d' »améliorer les conditions matérielles des gens » et de « désigner les vrais responsables » des problèmes environnementaux et sociaux des classes populaires, à savoir les milliardaires et les grandes entreprises. Zack Polanski défend un programme très à gauche, plaidant notamment une hausse des impôts des plus riches ou le plafonnement des loyers, ce qui lui vaut d’être régulièrement qualifié de « Zohran Mamdani britannique », référence au maire démocrate de New-York.
L’Anglais cherche donc à tisser un lien étroit entre la crise climatique et les préoccupations quotidiennes des citoyens, avec l’objectif de ne pas laisser cet espace « populiste » à Nigel Farage et son parti Reform UK, en tête des intentions de vote. Selon Politico, le succès de Zack Polanski pousserait même la direction des Verts à réexaminer certaines de leurs propositions comme, par exemple, celle visant à abaisser la vitesse maximale sur les autoroutes à 90km/h.
À la question « Qu’est-ce qui vous rend malheureux? » posée par une chroniqueur du Guardian, Zack Polanski a répondu: « À grande échelle, l’injustice. À plus petite échelle, l’absence d’options végétales dans un café ». Il a également concédé ne jamais avoir terminé Le Grand livre du climat de la militante Greta Thunberg.
Positionnement propalestinien et accusations d’antisémitisme
Pour continuer à piquer des voix aux travaillistes, Zack Polanski mise sur son expérience d’acteur et investit massivement les réseaux sociaux. Sur Bluesky, Instagram, TikTok et X, il échange constamment avec ses sympathisants. Adepte des phrases choc, il ne cache d’ailleurs pas s’inspirer de la communication de Nigel Farage, pourtant à l’opposé sur l’échiquier politique.
Nationalisation des compagnies des eaux, fin de « la guerre contre la drogue »… Les Verts de Zack Polanski mettent sur la table des propositions parfois qualifiées de radicales, bien que beaucoup lui reprochent certaines lacunes sur des thématiques économiques ou internationales.
Mais le sujet qui le démarque particulièrement reste son positionnement ouvertement propalestinien. Régulièrement, l’élu londonien accuse Israël de commettre un « génocide » à l’encontre des Palestiniens de la bande de Gaza. Mais récemment, il s’est retrouvé au cœur d’une polémique lorsqu’il a s’est dit « préoccupé par la hausse des actes antisémites », mais a ajouté qu’il faudrait un « débat pour savoir s’il s’agit d’un sentiment d’insécurité ou d’une insécurité réelle ».
Des propos qui survenaient après une série d’incendies et tentatives d’incendie ciblant la communauté juive à Londres. Peu après, dans la foulée d’une attaque antisémite à Golders Green, où deux hommes juifs ont été blessés, il a dû s’excuser auprès des forces de l’ordre après une bulletin sur les réseaux sociaux dénonçant l’interpellation musclée du suspect.
Zack Polanski « n’est pas digne de diriger un parti politique », a alors réagit le Premier ministre Keir Starmer. « L’antisémitisme n’a pas une seule et unique origine. L’islamisme, l’extrême gauche et l’extrême droite s’en prennent aux communautés juives », a-t-il été dénoncé.
Scrutin-test
L’ascension rapide de Zack Polanski s’accompagne, en effet, déjà de quelques polémiques. Deux candidates de son parti ont été arrêtées par la police fin avril, soupçonnées d’incitation à la haine, en raison de messages publiés sur les réseaux sociaux. Toutes deux ont été suspendues.
Dans une enquête publiée le 28 avril, The Economist a révélé que le chef de file des Verts britanniques avait « aimé » plusieurs posts hostiles envers les médias et la presse sur les réseaux sociaux, certains visant explicitement des journalistes.
Mais ce qui colle le plus à la peau de Zack Polanski depuis qu’il est sous le feu des projecteurs reste un chronique paru en 2013 dans The Sun dans lequel une observateur racontait qu’il lui avait promis une poitrine plus généreuse uniquement par la force de son esprit, lorsqu’il exerçait en tant qu’hypnothérapeute.
Les élections locales de ce jeudi 7 mai constituent donc un premier test grandeur nature pour les Verts de Zack Polanski. Elles le sont également pour les travaillistes, qui avaient mis fin à 14 ans de gouvernements conservateurs lors de leur victoire écrasante aux législatives en juillet 2024. Selon des projections de The Independent, ils pourraient perdre près de 1.500 sièges des quelque 2.550 sièges qu’ils défendent ce jeudi.
Source : www.bfmtv.com
Conclusion : L’analyse sera enrichie dès que de nouvelles données seront disponibles.

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