Ukraine : retrouver les corps des soldats, une mission presque impossible avec les drones
7 mai 2026La revue de presse internationale, émission du jeudi 07 mai 2026
7 mai 2026Analyse : Notre équipe propose une synthèse des points importants.
L'équipe éditoriale a étudié « Tunisie: rassemblement de soutien à la Ligue tunisienne des droits de l’homme » et partage son avis.
À ne pas oublier
En Tunisie, une centaine de personnes se sont rassemblées devant le tribunal de Tunis, hier mercredi, en soutien à la Ligue tunisienne des droits de l’homme. Cette association historique a été suspendue pour un mois par les autorités fin avril. Mardi, l’ONG Avocats sans frontières annonçait aussi une notification de suspension des activités.
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de notre correspondante à Tunis,
Devant le tribunal, les slogans expriment la colère et le ras le bol. La Ligue tunisienne des droits de l’homme est venue pour le recours en justice contre sa suspension par les autorités, du jamais vu en cinquante ans d’existence de cette association selon Mongi Souab, ancien membre de la Ligue. « On a mené des luttes contre le pouvoir de Bourguiba, de Ben Ali et encore maintenant… La Ligue tunisienne des droits de l’homme a toujours été là pour ceux qui n’ont pas accès à un droit de défense. La Ligue a défendu tous les courants politiques sans aucune exclusion. C’est ça la force de la Ligue tunisienne des droits de l’homme ! » En plus des militants de la société civile, 180 avocats se sont mobilisés pour soutenir la LTDH.
Les autorités justifient cette mesure de suspension par le action que la LTDH aurait dépassé la date limite fixée pour la tenue de son assemblée générale ordinaire. Mais elle a été aussi privée ces derniers mois d’accès à des lieux de détention alors qu’elle y est autorisée depuis 2015 comme le rappelle un communiqué de la Fédération internationale des droits de l’homme. « L’Observatoire rappelle que la suspension des activités de la LTDH s’inscrit dans un contexte plus large de recul démocratique, d’attaque grave contre l’indépendance de la justice, de suppression de la dissidence et de répression de la société civile en Tunisie, sous la présidence de Kaïs Saïed. »
Les associations dans le viseur des autorités
Depuis la fin 2025, près d’une trentaine d’associations ont vu leurs activités suspendues pour un mois en Tunisie, et 600 font l’objet d’enquête. Officiellement il s’agit de régulariser leur situation fiscale et administrative mais de nombreuses ONG dénoncent des tentatives d’intimidation via la bureaucratie dans un contexte de restriction de l’espace civique en Tunisie.
La LTDH, outre son ancrage historique, a joué un rôle important en 2014 lors d’une des crises politiques post-révolution, elle avait fait partie du quartet d’organisations qui avait poussé vers une sortie de crise, lauréat du prix Nobel de la paix en 2015. Pour Mediha Charfeddine, membre de la Ligue à Nabeul, à 60 kilomètres de Tunis, la suspension est « incompréhensible. La Ligue est un pillier du militantisme en Tunisie, si on se tait sur ce qui se passe avec la Ligue, ce sont toutes les libertés qui sont menacées », ajoute-t-elle.
L’Union européenne, via une déclaration de son porte parole, le 30 avril, a exprimé une profonde préoccupation suite à la décision de cette suspension. Plusieurs associations telles que l’Ordre des avocats, l’Association des magistrats ou encore la centrale syndicale l’UGTT ont dénoncé une atteinte à la liberté associative.
Dans la foulée de du gel des activités de la LTDH, l’ONG Avocats sans frontières a publié un communiqué dans lequel elle condamne sa propre suspension annoncée cette semaine. « L’organisation la considère comme une atteinte injustifiée à la liberté d’action de la société civile et comme un ciblage clair des espaces indépendants qui œuvrent au service de l’intérêt public et à la promotion des valeurs de solidarité, de justice et d’État de droit. » Ce ciblage touche aussi les journalistes, le 7 mai, un verdict sera rendu pour le observateur Zied el-Heni incarcéré depuis avril et accusé d’atteinte à autrui.
« Il faut continuer le combat »
Mercredi, la justice a finalement reporté l’examen du recours mais pour Tahar Chekrouche, membre de la LTDH, il faut continuer le combat : « Je ne m’attendais pas à trouver autant de monde, autant de figures ici aujourd’hui. Et nous n’avons pas peur, nous avons appris à ne pas avoir peur. »
Source : www.rfi.fr
Conclusion : Un suivi attentif permettra de compléter notre point de vue.

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