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7 mars 2026Le Salon de l’agriculture suspendu à l’accord avec le Mercosur que la France ne peut plus arrêter
ALAIN JOCARD / AFP
Le Salon de l’agriculture suspendu à un accord que la France ne peut plus arrêter
Pas de vaches, mais bon nombre d’inquiétudes. Emmanuel Macron inaugure le Salon de l’agriculture ce samedi 21 février dans un climat encore difficile après la mobilisation des syndicats agricoles pour le troisième hiver d’affilée. « Par précaution et par solidarité » avec les éleveurs touchés par la dermatose, les bovins seront absents. Une première.
Pour cette avant-dernière visite comme président de la République, le locataire de l’Élysée ne devrait pas revivre le cauchemar de 2024. Il avait été chahuté comme aucun de ses prédécesseurs avant lui, par des organisations syndicales (les bonnets jaunes de la coordination rurale avant tout) particulièrement remontées. Les organisateurs avaient même dû retarder l’ouverture de l’événement au public.
Pour autant, Emmanuel Macron ne sera pas en terrain conquis porte de Versailles. La colère couve encore dans le monde paysan, après les nombreuses manifestations contre la gestion de l’épidémie de dermatose dans le Sud-Ouest. Et en attendant l’application du fameux accord conclu entre l’Union européenne et les pays du Mercosur.
Le traité bientôt appliqué ?
Ce dernier sujet reste particulièrement inflammable. Si l’opposition officielle de la France a été saluée par les différents représentants du monde agricole, elle n’a pas permis de faire dérailler le traité de son chemin escarpé. Il pourrait donc commencer à s’appliquer dans les prochains mois, sans que Paris n’ait de prise pour l’empêcher.
En théorie, la mise en œuvre de l’accord qui prévoit de supprimer les droits de douane sur plus de 90 % des échanges bilatéraux est suspendue à la décision de la Cour de Justice de l’Union européenne (CJUE). Saisie par le Parlement européen mi-janvier, au grand dam de la présidente de la Commission Ursula von der Leyen, l’instance doit vérifier d’ici 2027 si les deux textes en questions sont conformes aux règles communautaires. En fonction de cela, ils seront retoqués ou soumis à un vote serré au Parlement à Bruxelles.
Dans les faits, ce sursis pourrait être de bien plus courte durée. Nombreux opposants au texte redoutent effectivement que le volet commercial puisse s’appliquer dans les prochains mois, à titre provisoire. Il faudrait pour cela que la commission en fasse la demande, et qu’au moins un des pays du Mercosur ait ratifié l’accord. L’Argentine a fait un premier pas, le 13 février, avec la validation de ses députés. Le Sénat devrait suivre.
Dans ce contexte incertain, la France n’a plus la main. Emmanuel Macron, dont l’étoile pâlit à Bruxelles à mesure que sa fin de mandat approche, ne peut effectivement plus s’opposer à la mise en application du traité honni par la majorité des agriculteurs. Il aurait fallu qu’il réunisse une minorité de blocage parmi les 27, ce qui n’a pas été le cas.
Opération déminage risquée
Charge maintenant au chef de l’État de rassurer les agriculteurs, qui ne manqueront pas de l’interpeller ce samedi sur les inquiétudes que ce traité libre-échange fait peser sur certaines filières. Avec des droits de douane réduits sur 99 000 tonnes de viande bovine, par exemple, ils craignent l’importation massive de produits moins chers et pas forcément respectueux des normes de l’UE, faute de contrôles suffisants.
Le président devrait mettre en avant les mesures de sauvegarde et de protection que les détracteurs du projet ont réussi à arracher. Elles permettront par exemple des enquêtes plus rapides en cas de concurrence déloyale. « Il faut n’avoir aucune naïveté, nous avons besoin de protéger notre agriculture », a plaidé le chef de l’État dès son arrivée porte de Versailles.
Emmanuel Macron devrait également déplacer la pression sur Ursula von der Leyen, à l’heure où la commission semble hésiter quant à l’application provisoire du texte. En ce sens, la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon a déjà expliqué fin janvier qu’il s’agirait aux yeux de la France d’« une forme de viol démocratique » inacceptable. « Je n’imagine pas que ça puisse être le cas », avait-elle anticipé, sans parvenir à masquer l’impuissance de Paris dans le dossier.
En attendant, le monde agricole commence à s’inquiéter d’un autre sujet, du même ordre : les discussions avancées entre la commission européenne et l’Australie, pour un autre traité de libre-échange. À la clef, de nouveaux quotas détaxés sur les secteurs sensibles de la viande ovine et bovine, le sucre ou encore le riz. De quoi alimenter la déambulation du chef de l’État.

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