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7 mars 2026Guerre au Moyen-Orient : l’expertise des drones contre une médiation avec Moscou, des intercepteurs contre des missiles Patriot… La proposition de l’Ukraine aux pays du Golfe
L’expertise ukrainienne en interception de drones iraniens pourrait devenir un atout stratégique. Kyiv propose son savoir-faire aux pays du Moyen-Orient, face à une menace persistante. L’Ukraine espère en retour la négociation d’une trêve et des missiles PAC-3 pour renforcer sa défense.
L’Ukraine propose son expertise dans les technologies d’interception des drones iraniens Shahed-136, très utilisés par la Russie qui a même conçu son propre modèle, le Geran-2.
Dans le conflit au Moyen-Orient, ces drones kamikazes capables d’atteindre une portée de 2 500 km, ont été massivement utilisés par l’Iran. Pour les contrer, les États-Unis, Israël et les pays du Golfe s’appuient sur des missiles intercepteurs bien plus perfectionnés mais qui valent jusqu’à 50 fois plus cher. Des ressources qui pourraient même s’affaiblir face à un État iranien prêt à inscrire son action dans la durée.
Avec la guerre d’usure en Ukraine, Kyiv a de son côté trouvé une parade qui lui permet d’en intercepter plus de 80 % : des groupes mobiles de chasse, un système de défense aérienne anti-drones à plusieurs niveaux, un brouillage électronique mais aussi de nouveaux drones intercepteurs.
« Nous possédons l’expertise nécessaire pour comprendre de quelle direction, quand et à quelle heure ils lancent les missiles Shahed, et quel itinéraire ils suivent. C’est l’expérience pratique de nos forces armées en matière d’interception », a déclaré Vadym Skibitsky, chef adjoint de la Direction principale du renseignement du ministère ukrainien de la Défense, cité par RBC-Ukraine.
Il souligne que l’Ukraine offre à ses partenaires une ressource intellectuelle : les leçons tirées d’une guerre qui est récemment entrée dans sa cinquième année.
« Nous ne disons pas que nous allons participer concrètement (à des missions à l’étranger NDLR), mais nous proposons une expérience commune, car cette menace reste d’actualité pour tous », a-t-il dit.
Un cessez-le-feu souhaité par Kyiv
Le 1er mars, le Premier ministre britannique Keir Starmer déclarait que son pays ferait appel à des experts ukrainiens pour aider les pays du Golfe persique à abattre les drones de combat iraniens.
Dans une interview accordée à Bloomberg le lendemain, le président ukrainien Volodymyr Zelensky suggérait aux dirigeants du Moyen-Orient, qui « entretiennent de bonnes relations avec les Russes », de demander à ces derniers d’instaurer un cessez-le-feu de deux semaines, un mois ou deux.
Après quoi, l’Ukraine enverrait « les meilleurs opérateurs de systèmes d’interception de drones aux pays du Moyen-Orient ». L’envoi de troupes n’a pas été mentionnée.
Il expliquait par ailleurs n’avoir reçu aucune demande visant à impliquer des experts ukrainiens dans la lutte contre les drones iraniens, en référence aux déclarations de Starmer.
Le média ukrainien rapporte que Zelensky a également proposé aux pays du Golfe des drones intercepteurs ukrainiens, disant espérer recevoir en échange des missiles PAC-3 pour les systèmes de défense aérienne Patriot, dont l’Ukraine a urgemment besoin.

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