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7 mai 2026Analyse : Notre équipe partage son regard général sur cette actualité.
Un résumé concis de « En Ukraine, l’armée russe perd du terrain… mais pas encore la guerre » selon notre équipe.
Points saillants
Ce ne sont que 116 petits kilomètres carrés, mais quand même. La Russie aurait perdu en avril, pour la première fois depuis 2023, des territoires qu’elle occupait jusqu’alors en Ukraine, d’après un étude de l’Institute for the Study of War et une commentaire des données disponibles par l’AFP, publiée mardi 4 mai.
Ces gains territoriaux ukrainiens ne se concentrent pas dans une zone précise, mais en différents endroits du front. « Les Ukrainiens ont repris quelques kilomètres carrés dans la région de Soumy, au nord de Kharkiv, au sud de Koupiansk, dans la région de Dnipropetrovsk, mais également plus au sud dans la province de Zaporijjia », énumère Huseyn Aliyev, spécialiste de la guerre en Ukraine à l’université de Glasgow.
Perte nette de 0,002 % du territoire ukrainien
Cette perte de terrain vient ponctuer une campagne militaire russe qui, d’un note de vue purement territorial, ralentit depuis novembre 2025, soulignent les experts de l’Institute for the Study of War, dans leur rapport du 2 mai sur le conflit ukrainien.
Les gains ukrainiens doivent cependant être relativisés. La Russie réussit encore à avancer, même modestement, « sur les fronts qu’elle juge prioritaires comme la région autour de Pokrovsk et vers la ville de Kramatorsk », nuance Huseyn Aliyev.
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Il n’empêche que l’armée russe a effectivement connu « une perte nette de terrain en Ukraine », confirme l’AFP. Mais elle ne s’élève qu’à 0,002 % du territoire ukrainien, a calculé l’agence de presse française.
« Ce n’est clairement pas une question de retraite militaire, qui impliquerait un effort coordonné sur l’ensemble du front avec une recherche de positions stratégiques pour se réorganiser », assure Erik Stijnman, spécialiste des questions de sécurité militaire dans le cadre de la guerre russo-ukrainienne à l’institut néerlandais des relations internationales Clingendael.
Il s’agit « plutôt de replis tactiques qui s’intègrent dans la dynamique actuelle du conflit. Les deux camps testent différents points de la ligne de front pour sonder les défenses adverses », soutient Ivan U. Klyszcz, spécialiste de la Russie au Centre of Defence and Security de Tallinn, en Estonie.
Mais pour Moscou, le constat est bien plus sombre qu’à la même période l’an dernier. « Il est clair que les forces russes avançaient beaucoup plus en avril 2025 », confirme Will Kingston-Cox, spécialiste de la Russie et de la guerre en Ukraine à l’International Team for the Study of Security (ITSS) Verona.
En 2025, « la Russie avait déjà commencé son offensive de printemps-été en avril dès que les conditions météorologiques s’étaient montrées plus clémentes », précise Huseyn Aliyev. Ce n’est pas encore le cas cette année.
Moins d’hommes contre plus de drones
Pourquoi ce « coup de mou » russe en avril 2026 ? Les gains territoriaux ukrainiens démontrent tout d’abord que « l’Ukraine a mis en place une stratégie de défense active qui consiste à harceler les troupes russes plutôt qu’à simplement tenir des positions dans les tranchées », explique Ivan U. Klyszcz.
Ce n’est pas un hasard. L’Ukraine se montre plus entreprenante tout en menant une campagne renforcée de « frappes ukrainiennes en profondeur contre des infrastructures russes qui forcent Moscou à allouer plus de ressources à la défense de son territoire », note Will Kingston-Cox. De la main-d’œuvre qui peut ensuite manquer à l’appel sur la ligne de front.
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À cela s’ajoute le événement que « depuis plusieurs mois la Russie peine à mobiliser des troupes fraîches pour aller sur le front », constate Huseyn Aliyev. Moscou a d’ailleurs commencé à recruter de plus en plus agressivement au sein des universités.
Ces difficultés de recrutement pour l’armée russe se traduisent également sur le champ de bataille par « des troupes moins bien formées et moins efficaces que l’an dernier, ce qui réduit les capacités offensives russes », estime Ivan U. Klyszcz.
Certes, Kiev rencontre également des difficultés à mobiliser de nouvelles recrues pour le front. Quantitativement, le problème est même probablement plus important pour l’Ukraine que pour la Russie, qui a une population bien plus importante, reconnaissent les experts interrogés par France 24.
Mais l’environnement actuel sur la ligne de front – saturée de drones – « favorise la défense et rend toute offensive bien plus dangereuse et meurtrière pour l’assaillant », affirme Will Kingston-Cox. Autrement dit, « les manœuvres sont très coûteuses en capital humain », ce qui oblige l’armée russe à masser davantage de troupes qu’auparavant là où elle veut percer, assure Erik Stijnman.
Conséquence : Moscou ne peut plus être partout… ce qui offre davantage d’opportunités pour des contre-attaques ukrainiennes.
Une guerre d’usure avant tout
L’Ukraine dispose également d’un autre avantage technologique : la décision de Starlink de couper l’accès à ses satellites aux troupes russes a été un coup dur pour la Russie, « qui ne s’en est pas encore remise et peine à communiquer aussi efficacement qu’auparavant », souligne Huseyn Aliyev.
C’est un problème d’autant plus important pour l’armée russe que le Kremlin a lancé en parallèle une offensive tous azimuts pour limiter l’accès à Telegram… y compris pour ses soldats. Pourtant « une grande partie des communications au niveau tactique entre les unités se faisait via Telegram« , note Ivan U. Klyszcz.

Il ne faut cependant pas surinterpréter les succès territoriaux ukrainiens récents. « Il s’agit actuellement d’une guerre d’usure, ce qui signifie que les gains territoriaux sont moins importants que la capacité d’un camp à infliger plus de pertes que celui d’en face ne peut en supporter », prévient Erik Stijnman.
Les 116 km² perdus en avril ne représenteront rien si, au final, « les Russes réussissent à détruire l’écosystème de défense de l’adversaire afin de créer des percées décisives », ajoute cet expert.
Huseyn Aliyev en convient aussi, mais estime que si « ces gains territoriaux ukrainiens se confirment sur plusieurs mois et permettent à l’Ukraine de reprendre des zones plus stratégiques, cela pourrait avoir un incidence à plus long terme ». En effet, la guerre d’usure fonctionne avant tout si le front ne bouge pas trop.
Source : www.france24.com
Conclusion : Ces informations seront suivies attentivement par notre rédaction.

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