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7 mai 2026seule rescapée du massacre de Thorigné-sur-Dué lorsqu’elle avait 2 ans, la nièce de Dany Leprince demande un nouveau procès
Analyse : Voici quelques points à considérer selon notre équipe éditoriale.
L'article « seule rescapée du massacre de Thorigné-sur-Dué lorsqu’elle avait 2 ans, la nièce de Dany Leprince demande un nouveau procès » a retenu l'attention de notre équipe.
Ce qu'il faut retenir
La cour de Cassation examine ce jeudi 7 mai la demande de révision du procès de Dany Leprince. Condamné à la perpétuité pour le quadruple meurtre de son frère, de sa belle-soeur et de ses deux nièces en 1994 dans la Sarthe, celui-ci clame son innocence. Solène Leprince, seule rescapée du massacre, a pris la parole à l’audience pour appuyer la demande de son oncle.
Elle a joué, bien malgré elle, un rôle déterminant dans l’enquête alors qu’elle n’avait que 2 ans. Solène Leprince, seule rescapée du quadruple meurtre de Thorigné-sur-Dué (Sarthe) lors duquel ses parents et ses deux soeurs ont été tués en 1994, se tenait ce jeudi 7 mai devant la cour de Cassation pour demander à ce que son oncle, Dany Leprince, condamné dans le dossier, ait droit à un nouveau procès.
Aujourd’hui âgée de 33 ans, elle estime que ses faits et gestes ont été « instrumentalisés » pour renforcer les soupçons autour de son oncle alors qu’elle n’était qu’un bébé.
« Je me présente aujourd’hui devant vous comme partie civile et victime de cette tragédie. Mais aussi victime des propos qu’on m’a prêtés et qui ont conduit à la condamnation d’un homme », déclame-t-elle devant la cour, s’exprimant publiquement pour la première fois.
Rapidement soupçonné du quadruple meurtre, le frère de Christian Leprince, Dany, avait formulé des aveux partiels en garde à vue avant de se rétracter, quelques jours plus tard. Depuis, il n’a cessé de clamer son innocence malgré sa condamnation à la perpétuité, en 1997. Libre depuis 2016, l’homme a déposé une demande de révision de son procès que la cour de Cassation examine ce jeudi. Réponse attendue le 2 juillet prochain.
Des souvenirs « construits »
Le 5 septembre 1994 au matin, les corps inanimés de Christian Leprince, de son épouse Brigitte et de leurs deux filles aînées Sandra, 10 ans et Audrey, 6 ans, sont découverts dans leur maison de Thorigné-sur-Dué. Seule rescapée de ce véritable carnage, la petite dernière, Solène, est retrouvée saine et sauve dans sa chambre.
Les soupçons se tournent bientôt vers Dany Leprince, frère et voisin direct de Christian. Placé en garde à vue et accusé par sa propre épouse et sa fille, ce dernier avoue avoir tué son frère avant de se rétracter. Pourtant, les enquêteurs vont retenir plusieurs éléments incriminant selon eux celui qui est devenu leur suspect numéro 1. Ils invoquent notamment le comportement de la petite Solène après le drame. Confiée à sa nourrice, elle aurait désigné son oncle comme étant le coupable à l’aide d’une photo. Or, souligne à présent son avocate, Me Meriem Khelladi-Reinaerts, la petite fille savait à peine parler.
« En réalité, Solène Leprince est restée dans sa chambre toute la nuit et n’a rien pu voir depuis sa chambre », plaide l’avocate. « Les souvenirs qu’elle pourrait avoir se sont construits au fil de l’instruction et des échafaudages de sa nourrice », convaincue de la culpabilité de Dany.
« Je refuse d’être un témoin-clé »
Ce jeudi, Solène elle-même abonde: elle n’a « aucun souvenir de cette nuit-là ». « Les seuls souvenirs qu’il me reste, c’est d’être dans les bras d’un homme le lendemain du crime, entourée de gyrophares », assure-t-elle, se tenant droite face à la cour. De cette époque, elle ne conserve que très peu de souvenirs. Mais l’un d’entre eux est parlant: la trentenaire dit se rappeler un épisode lors duquel sa nourrice lui montre des photos de ses parents et lui explique que son oncle Dany leur a fait du mal.
« Je refuse d’être un témoin-clé dans cette affaire », tance Solène Leprince. « Je ne suis victime d’aucun traumatisme. Si j’avais été témoin d’une telle scène de violence, je ne serais pas là aujourd’hui. »
A l’époque des investigations, plusieurs experts avaient examiné la petite fille et n’avaient décelé chez elle aucun trouble, relate Me Meriem Khelladi-Reinaerts: dans son enfance, « elle se développe très correctement, n’a pas de trouble alimentaire ni de problème de sommeil, pas de signes d’un stress post-traumatique. »
Pourtant, les enquêteurs ne retiendront que l’avis d’une psychiatre lyonnaise estimant, pour sa part, que le « témoignage » de l’enfant concernant son oncle est « crédible » et qu’elle pourrait avoir bel et bien assisté au quadruple meurtre de sa famille. Les autres rapports contredisant cette théorie ne seront pas retenus dans la procédure. « J’ai le sentiment qu’on a voulu me faire porter une responsabilité alors que je n’avais que 26 mois. On m’a instrumentalisée et ça n’a pas permis d’élargir les investigations à l’époque », réagit-elle.
De nombreuses zones d’ombre
Comme le rappelle Me Meriem Khelladi-Reinaerts au cours de sa plaidoirie, « il n’est pas commun pour une victime de venir se dresser aux côtés d’un condamné pour demander l’annulation de sa condamnation. » Si sa cliente s’engage dans la même démarche que Dany Leprince, c’est qu’elle estime que toutes les zones d’ombre du dossier n’ont pas été levées et que la culpabilité de son oncle n’est par conséquent pas avérée.
Elle demande donc un nouveau procès pour pouvoir « comprendre ce qu’il s’est véritablement passé cette nuit-là » et examiner notamment le rôle qu’a pu jouer Martine Compain, l’ex-épouse de son oncle, dans les faits.
« Comment un homme seul peut commettre quatre crimes dont deux sur des adultes? Pourquoi il n’y a pas eu de recherches au-delà de la cellule familiale? Pourquoi n’y a-t-il pas d’éléments sur la chronologie des faits? Pourquoi n’y a-t-il pas d’élément matériel contre Dany Leprince? », s’interroge-t-elle, trente-deux ans après les faits.
Cette « quête de vérité inlassable », elle l’entreprend pour elle-même, mais aussi pour les grands absents de l’audience: ses parents et ses grandes soeurs, Sandra et Audrey. Sa voix se brise lorsqu’elle parle d’eux, mais elle conclut avec un courage saisissant. « Ils sont malgré tout là avec nous, eux aussi attendent des éclaircissements sur cette histoire. Je suis déterminée à avoir des réponses à mes questions et à ce que la lumière soit faite sur cette tragédie. »
Source : www.bfmtv.com
Conclusion : Cette situation sera observée de près par nos journalistes.

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