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7 mai 2026Analyse : Quelques observations de notre équipe pour mieux comprendre les enjeux.
Voici quelques observations de notre rédaction sur « Comment la famille régnante des Émirats arabes unis capte les subventions de la PAC ».
Points clés à retenir
Alors que les États membres de l’Union européenne tentent actuellement de déterminer les orientations de la prochaine politique agricole commune (PAC), une enquête révèle que la famille de Mohammed ben Zayed, l’homme qui est à la tête des Émirats arabes unis, a largement bénéficié des subventions attribuées ces dernières années au titre des dizaines de milliers d’hectares de terres agricoles qu’elle contrôle en Espagne, en Italie et en Roumanie.
Conduite en partenariat avec le site d’information espagnol Eldiario.es, le quotidien britannique The Guardian et le site roumain G4Media, l’enquête du collectif international de journalistes DeSmog a passé au peigne fin les données concernant les milliers de bénéficiaires de la PAC entre 2019 et 2024.
Les journalistes ont notamment comptabilisé 110 versements à une myriade de sociétés et de filiales détenues par la famille Al Nahyane – l’une des plus riches du monde – pour un montant supérieur à 71 millions d’euros.
“En un peu plus de quinze ans, la dynastie émiratie s’est imposée comme un acteur majeur de l’agriculture mondiale”, explique DeSmog. Elle a acquis de vastes surfaces de terres agricoles ainsi que des entreprises agroalimentaires en Afrique, en Amérique du Sud et en Europe.
Le tout par le biais d’une myriade de sociétés en réalité détenues plus ou moins directement par des membres de la famille de Mohammed ben Zayed. Car aux Émirats, “il n’existe pas de frontière nette entre les finances de l’État et celles des familles au pouvoir”, explique Marc Valeri, qui enseigne l’économie politique du Moyen-Orient à l’université d’Exeter.
57 000 hectares en Roumanie
Les Émiratis contrôleraient aujourd’hui environ 960 000 hectares de terres agricoles à travers le monde. En Europe, une politique d’acquisition agressive a permis à trois sociétés, principalement, de mettre la main sur quelque 65 000 hectares.
En Roumanie, la société Agricost, à la tête de 57 000 hectares (soit cinq fois la superficie de Paris, précise G4Media), a été rachetée en 2018 par le groupe agroalimentaire émirati Al-Dahra, fondé par un frère de Mohammed ben Zayed. Elle est aujourd’hui détenue à 50 % par le fonds souverain d’Abou Dhabi ADQ.
Rien qu’en 2024, Agricost aurait reçu 10,5 millions d’euros de subventions au titre de la PAC. Soit plus de 1 600 fois le montant perçu par une exploitation agricole moyenne dans l’UE, indique le Guardian.
Les montants annuels perçus sont nettement moindres en Espagne, où Al-Dahra est propriétaire de quelque 8 000 hectares de terres, et en Italie, où ADQ a racheté en 2022 le producteur de fruits Unifrutti pour un montant estimé à plus de 700 millions d’euros.
Selon Eldiario.es, Al-Dahra et ses filiales auraient perçu plus de 2 millions d’euros de fonds européens au cours de la période analysée, un montant auquel il faut ajouter 1 million d’euros apporté par le gouvernement catalan. Quant aux sociétés qui appartiennent à Unifrutti en Italie, elles auraient bénéficié d’au moins 186 000 euros entre 2023 et 2025.
Les agriculteurs locaux lourdement touchés
En Espagne comme en Roumanie, les exploitations en question cultivent de la luzerne et d’autres céréales destinées à l’alimentation animale, et la majeure partie de la production est exportée vers les pays du Golfe. “Al-Dahra a un contrat à long terme avec le gouvernement émirati pour la fourniture d’aliments pour animaux. Aux Émirats, ces cultures sont soumises à des restrictions en raison de leur forte consommation d’eau”, explique ElDiario.es.
La situation affecte fortement les conditions de travail et les revenus des agriculteurs locaux. “Ici, au village, ils ont beaucoup de pouvoir. Nous finissons tous par avoir affaire à Al-Dahra. Ce sont eux qui fixent le prix, et c’est à prendre ou à laisser. J’étais bien mieux loti avant leur arrivée”, témoigne Josep Ripoll, un agriculteur de Fondarella, en Catalogne.
En Roumanie, les conséquences du transfert massif de ressources agricoles à des investisseurs étrangers sont particulièrement lourdes. “Alors que sur place l’inflation est un problème et que la pauvreté sévit, la majeure partie de la production part immédiatement à l’étranger”, explique Christian Henderson, spécialiste du Moyen-Orient à l’université de Leyde, au Pays-Bas.
Pour Morgan Ody, coordinatrice générale du syndicat des petits exploitants agricoles La Via Campesina, “cette façon scandaleuse de dépenser les fonds européens démontre l’échec du système actuel de la PAC”, dont les subventions sont calculées en fonction de la superficie des exploitations. Selon elle, “il faut recentrer la PAC sur les travailleurs agricoles, sur ceux qui cultivent la terre et produisent des denrées alimentaires”.
“La PAC n’aide pas les agriculteurs européens, elle continue d’enrichir les propriétaires fonciers les plus fortunés, réagit Faustine Bas-Defossez, du Bureau européen de l’environnement, à Bruxelles. Pis encore, elle bénéficie à des régimes autocratiques.”
Source : www.courrierinternational.com
Conclusion : L’équipe éditoriale continuera à analyser les faits.

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