
Emmanuel Macron dénonce une « attaque inacceptable » contre une position de l’ONU au Liban
7 mars 2026
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7 mars 2026Lorsque, samedi matin, les missiles israéliens et américains ont commencé à pleuvoir sur l’Iran, une dirigeante de premier plan de la scène politique française est restée très discrète : Marine Le Pen. “La leader de facto du RN s’est d’abord limitée à prendre note des frappes, relève Politico. Ce n’est que dimanche qu’elle a publié une déclaration officielle sur X, exprimant sa solidarité avec les pays du Golfe, alliés de la France dans la région, touchés par les contre-frappes iraniennes.” Une prise de position quelque peu tiède au vu de l’importance des événements. Et son dauphin n’a pas pris plus de risques.
Jordan Bardella a en effet bel et bien évoqué la possibilité d’un changement de régime (à condition qu’il émane du “soulèvement du peuple iranien”), mais pour ensuite se concentrer sur les conséquences possibles, sécuritaires et économiques, pour les citoyens français. Finalement, le seul membre du RN à prendre une position géopolitique de principe claire (même si loin d’être virulente) a été le vice-président du parti, Sébastien Chenu, qui s’est dit, “solidaire des manœuvres engagées par les États-Unis, même si, sur la forme, ce côté unilatéral ne nous plaît pas”.
Embarras général
C’est évident, le Rassemblement national patauge dans ce dossier, alors qu’il avait condamné sans réserve le comportement de Trump au Venezuela. Un malaise face à cette situation qui n’est pas sans rappeler ce qui se passe outre-Rhin au sein de l’AfD (Alternative pour l’Allemagne), note le site d’information européen.
“Les codirigeant du parti, Alice Weidel et Tino Chrupalla, ont exprimé leur ‘grande inquiétude’ face aux attaques du week-end, avertissant qu’une ‘nouvelle déstabilisation du Moyen-Orient’ n’était ‘pas dans l’intérêt de l’Allemagne’ et ‘devait cesser’”, détaille le site d’information anglophone. Problème : “Cette position n’a pas été bien accueillie par les hauts responsables du parti, qui estiment que l’offensive contre le régime islamiste iranien doit être soutenue.”
Anti-impérialisme versus anti-islamisme
Dans le cas du parti d’extrême droite allemand aussi, on le sent bien, l’embarras est palpable. Et c’est bien normal, argumente le média établi à Bruxelles : “À travers le continent, les dirigeants alignés sur le programme Maga [‘Make America great again’, le slogan de Trump] sont contraints de choisir entre leur instinct anti-interventionniste et contre l’impérialisme américain et leur opposition à l’islamisme.” Qui plus est, complète Politico, ces partis “craignent qu’un nouveau conflit au Moyen-Orient ne déstabilise la région et ne déclenche de nouveaux flux migratoires”.
Cas particulier, celui des partis de l’extrême droite italienne, évidemment très opposés au régime iranien (et alliés de Trump), mais en même temps très attentifs à ne pas apparaître va-t-en-guerre, car l’opinion publique transalpine voit historiquement d’un mauvais œil l’interventionnisme. Ainsi, après “s’être enfermée dans le silence pendant trois jours”, rapporte Il Manifesto, “Giorgia Meloni a parlé, mais en faisant très attention à ne pas dire un mot qui puisse sonner comme un soutien ouvert à l’attaque”.
Pour Meloni, c’est la faute de Poutine
En même temps, “elle a aussi pris bien soin de ne pas prononcer une syllabe qui puisse sonner critique envers Trump ou Israël”, préférant “rejeter la faute sur Poutine”, critique le quotidien italien d’opposition. Une référence à une partie d’un discours de la Première ministre italienne, dans lequel elle a affirmé que cette situation serait “la conséquence de la guerre en Ukraine” et de la crise du droit international engendrée par celle-ci.
La prudence de Meloni est évidemment aussi dictée par son rôle gouvernemental, tout comme celle du RN dépend (au moins partiellement) d’une ambition de ce parti à prendre le pouvoir prochainement.
Mais tous les souverainistes ne sont pas dans ce cas. Geert Wilders, le trublion d’extrême droite des Pays-Bas, n’a, lui, pas ce problème, et n’a donc pas hésité à se réjouir de la mort du guide suprême iranien, Ali Khamenei, en le qualifiant de “diable islamique”. La preuve que certains leaders populistes n’ont pas encore renoncé à faire campagne avec des phrases chocs.

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