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9 mai 2026Après avoir quintuplé depuis l’entrée en Bourse, pourquoi l’action Duolingo tombe de son piédestal et chute de 80% sur un an
Analyse : L’équipe éditoriale a relevé les éléments importants à connaître.
Notre rédaction partage son avis sur les points importants de « Après avoir quintuplé depuis l’entrée en Bourse, pourquoi l’action Duolingo tombe de son piédestal et chute de 80% sur un an ».
Éléments essentiels
(BFM Bourse) – L’application d’apprentissage de langues la plus téléchargée au monde est violemment tombée de son piédestal boursier, plombée notamment par un virage dans l’IA qui a été source de violentes critiques.
En mai 2025, la rédaction de BFM Bourse s’était penchée sur le phénomène Duolingo. L’application d’apprentissage de langues la plus téléchargée au monde revendiquait une hausse de plus de 150% sur un an en Bourse et son action avait même quintuplé de valeur depuis son introduction en Bourse en 2021.
Ce parcours boursier ne nous avait alors pas laissés indifférents. Ni même le succès qui se cache derrière cette copieuse performance à la Bourse de New York, de cette entreprise qui propose depuis 2012 d’apprendre avec son application des langues courantes telles que l’anglais, l’espagnol, l’italien, l’allemand, le coréen, l’italien ou le chinois.
Ou plus confidentielles comme le navajo, langue amérindienne, voire fictives comme le klingon, le dialecte phare des extraterrestres de la planète Kronos dans la série Star Trek. Ou le Haut valyrien, la langue imaginaire de la série de livres « Le Trône de fer », plus connue sous le nom de « Game of Thrones ».
« Gamification »
Le modèle économique de Duolingo repose sur un accès « freemium », avec les fonctionnalités de base accessibles gratuitement aux utilisateurs, qui cohabite avec des abonnements payants.
L’accessibilité de Duolingo lui a permis de se hisser assez rapidement à la première place mondiale des applications d’apprentissage de langues, revendiquant plus de 40 millions d’utilisateurs quotidiens, et près de 100 millions en données mensuelles. En 2021, ils n’étaient que 40,5 millions d’utilisateurs mensuels.
La méthode d’apprentissage de Duolingo s’inspire de la « gamification ». L’utilisateur accumule des points au fur et à mesure de son parcours, ce qui lui permet de progresser et d’atteindre les niveaux suivants. Et même de débloquer des trésors en relevant des défis chronométrés. Comme un jeu vidéo. Cette application s’est transformée en un véritable rituel quotidien, jalonné de « streaks », qui correspondent à une série de jours consécutifs d’apprentissage.
À l’aube d’une parution stratosphérique au titre du premier trimestre, l’entreprise avait initié une mise à jour historique, faisant plus que doubler ses cours de langues étrangères pour les non-anglophones en l’espace d’un an, aidé par l’intelligence artificielle.
L’entreprise prévoyait alors d’atteindre un chiffre d’affaires frôlant le milliard de dollars, s’attendant plus exactement à ce que ses revenus soient compris entre 987 et 996 millions de dollars.
« Pire invention de tous les temps à mon avis »
On se demandait légitimement si Duolingo pouvait prétendre au statut de future star de Wall Street, aux cotés des géants américains de la tech. Un an plus tard, le bilan est beaucoup plus amer. Duolingo a totalement perdu son latin boursier.
La célèbre application d’apprentissage de langues lâche en effet près de 80% depuis son pic historique à 544,93 dollars, touché le 14 mai 2025. « Duolingo est vraiment devenu nul et je ne suis pas le seul à le dire… », titrait Jeuxvideo.com en décembre 2025, dans un papier peu élogieux, cinglant envers l’application incarnée par Duo, sa célèbre chouette, ou hibou, le débat reste entier.
Le réseau social foisonne de critiques plutôt acerbes à l’adresse de Duolingo et des changements radicaux opérés par l’application.
À l’été 2025, l’application a remplacé les cœurs par une jauge de batterie. Un changement qui peut paraître anodin pour le commun des mortels mais qui est devenu une véritable source de crispation pour les utilisateurs les plus assidus.
« Avec l’ancien système, chaque erreur faisait perdre 1 vie aux utilisateurs de la version gratuite. Ce n’était pas la façon la plus efficace de les soutenir dans leur apprentissage. C’était même particulièrement frustrant pour les débutants, qui découvraient tout juste la langue et étaient deux fois plus susceptibles d’avoir épuisé toutes leurs vies avant la fin de la leçon. Ce système pouvait être décourageant : après tout, c’est en faisant des erreurs qu’on apprend ! », se justifiait la société dans son blog.
Pour Duolingo, ce système de batterie devait pousser ses utilisateurs gratuits à adopter une version premium, donc payante. « Pire invention de tous les temps à mon avis », lance même un redditeur, un utilisateur de Reddit. « J’essaie d’apprendre une langue, pas de jouer à Candy Crush », persifle un autre redditeur.
« AI-first »
C’est aussi en 2025 que l’entreprise a entamé un virage radical dans sa stratégie. Dans un message sur LinkedIn, son dirigeant avait fièrement dévoilé sa stratégie « AI-first » pour Duolingo, expliquant que son entreprise allait « cesser progressivement de faire appel à des sous-traitants pour effectuer des tâches que l’IA est capable de prendre en charge ».
Cette stratégie a été source d’une importante controverse, avec son lot de réactions virulentes. Les réseaux sociaux ont été submergés de critiques et de nombreux utilisateurs fidèles ont menacé de supprimer l’application, rappelle « Museum of Failure » ou le Musée des flops, des échecs.
Ce désamour pour Duo et ses enseignements linguistiques ont commencé à être sanctionnés en Bourse. Fin février dernier, l’action avait même chuté de 20% sur une seule séance au lendemain de la numéro de ses résultats du quatrième trimestre.
Si les performances du quatrième trimestre sont ressortis supérieures aux attentes, la croissance du nombre d’utilisateurs actifs quotidiens a été la plus faible depuis quatre ans, pourtant de 30% sur un an. Le coup de grâce étant l’annonce de Duolingo qui avait alors indiqué sacrifier la rentabilité à court terme sur l’autel d’un renforcement de sa base d’utilisateurs.
« De plus, comme nous proposerons des fonctionnalités d’IA à un plus grand nombre d’utilisateurs et que nos dépenses marketing seront légèrement plus élevées, nous prévoyons que notre marge d’exploitation ajustée baissera pour s’établir à environ 25% », a-t-il ajouté. Elle culminait à près de 30% au quatrième trimestre 2025.
Les perspectives chiffrées pour 2026 ont déplu au marché. « À court terme, cela signifie que cette année [2026] sera marquée par une croissance plus modérée des utilisateurs et une baisse de la rentabilité », avait déclaré Luis von Ahn, directeur général, dans une précédente lettre adressée aux actionnaires.
« Nous prévoyons une croissance des utilisateurs d’environ 11% en 2026, contre près de 20% que nous estimons pouvoir atteindre si nous fonctionnions comme ces dernières années », a détaillé Luis von Ahn.
Alors quid des trois premiers mois de 2026? La société a annoncé ce lundi 4 mai ses performances sur les trois premiers mois de l’année. Encore une fois, le groupe a dévoilé un chiffre d’affaires au premier trimestre supérieur aux prévisions et un nombre d’utilisateurs en hausse par rapport à l’année dernière.
Duolingo a cependant manqué les attentes en matière de nombre d’utilisateurs actifs quotidiens et mensuels. Le cofondateur et PDG de Duolingo Luis von Ahn a déclaré poursuivre le déroulement de sa stratégie visant à atteindre 100 millions d’utilisateurs actifs quotidiens en 2028. Selon lui, il est « encore trop tôt pour en voir l’impact sur nos indicateurs, mais nos résultats jusqu’à présent sont conformes à nos prévisions », a-t-il écrit dans sa missive aux actionnaires.
« Les revenus, les marges sont au-dessus des attentes mais la véritable déception, c’est la croissance future jugée trop molle par les investisseurs », a rappelé John Plassard, associé gérant chez Cité Gestion, dans l’émission BFM Bourse, mardi 5 mai.
Cité par Barron’s, les analystes de William Blair ont expliqué que la chute du cours de l’action en réaction à la bulletin, était principalement due à la prévision de Duolingo d’une croissance des abonnements de 6% au deuxième trimestre, alors que les investisseurs s’attendaient à une croissance à deux chiffres.
La stratégie de Duolingo pèse à court terme sur le titre, signale John Plassard, qui rappelle que le groupe a pris le tournant de l’intelligence artificielle. Une stratégie qui est selon lui, à double tranchant, avec d’un côté une amélioration de la proposition de service, et qui de l’autre entraîne des coûts plus importants et vient comprimer les marges.
Une belle histoire qui doit retrouver un nouveau souffle
Pour le spécialiste de marché, « Duolingo reste une belle histoire de croissance, mais elle décélère et doit trouver un nouveau souffle », signale-t-il.
Le dossier Duolingo « soulève beaucoup de questionnements », notamment avec l’arrivée de l’IA qui peut offrir des solutions alternatives à ce que propose l’application, a avancé pour sa part Aymeric Diday, directeur de la gestion chez Pergam, dans l’émission BFM Bourse, mardi 5 mai.
Le pessimisme d’Aymeric Diday n’est pas partagé par les analystes de William Blair, qui recommandent l’action Duolingo avec une recommandation à « Surperformer » et un objectif de cours de 95,51 dollars. Cette cible est cependant inférieure au cours actuel de Duolingo, qui évolue encore au-dessus des 100 dollars l’action.
« Même s’il est souvent difficile pour les sociétés cotées en Bourse de traverser des années de transition, nous sommes prêts à miser sur cette entreprise dirigée par son fondateur, qui procède actuellement à une refonte de ses produits afin de stimuler la croissance de son nombre d’utilisateurs quotidiens actifs (DAU) dans le but d’atteindre les 100 millions de DAU en 2028 », ont-ils écrit.
L’objectif de cours moyen des analystes compilé par investing.com extériorise un léger potentiel baissier sur la valeur (104,25 dollars) par rapport au cours actuel (104,56 dollars au 7 mai), avec 18 des 23 analystes couvrant la valeur à « conserver », quand quatre sont à « acheter » et un à « vendre ».
Sabrina Sadgui – ©2026 BFM Bourse
Source : www.tradingsat.com
Conclusion : Notre équipe restera attentive aux prochains développements.

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