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7 mars 2026Discours de Marie-Anne Barbat-Layani, présidente de l’AMF – Vœux 2026 à la Place financière – Mardi 13 janvier 2026
Seul le prononcé fait foi
Mesdames et Messieurs en vos grades et qualités,
Mes chers collègues,
Mesdames et Messieurs,
Permettez-moi tout d’abord de vous adresser, ainsi qu’à vos proches et aux institutions que vous représentez et à leurs collaborateurs, mes vœux les plus chaleureux pour cette nouvelle année.
Je suis heureuse de vous retrouver pour ce rendez-vous traditionnel des vœux de l’AMF à la Place financière.
Nous vivons des temps d’incertitudes, pour certaines inédites depuis des décennies. Je crois plus que jamais, dans ce moment où les désordres de toute nature nous mettent face à nos vulnérabilités et inquiètent nos concitoyens, au rôle des institutions publiques, qui offrent un ancrage et une colonne vertébrale à nos sociétés.
Dans ce contexte, les règles et la régulation sont indispensables. L’AMF doit donc jouer son rôle de boussole et réguler la finance pour renforcer la confiance. Nous le ferons, forts de notre indépendance, dans un esprit de dialogue, d’innovation et de responsabilité. L’AMF, son Collège, sa Commission des sanctions et ses équipes, portent cet objectif avec un engagement sans faille, que je tiens à saluer.
En 2026, nous approfondirons le travail engagé sur la base de nos orientations stratégiques définies en 2023. Elles trouvent dans cette actualité une pertinence forte, et se déclinent dans les priorités d’action et de supervision publiées aujourd’hui. Je pense notamment à la montée en puissance du projet européen d’Union de l’épargne et de l’investissement que nous appelions de nos vœux. Je pense aussi à l’innovation, que nous soutenons sans relâche, fidèles à l’ADN de l’AMF, car cette année sera celle de notre feuille de route sur l’intelligence artificielle. Je pense enfin à l’intégrité de nos marchés financiers et à la protection des investisseurs, car j’espère que 2026 verra aboutir les projets législatifs renforçant les pouvoirs de l’AMF.
Ce rendez-vous est l’occasion de réaffirmer quatre engagements qui guideront notre action en 2026 :
- Favoriser le développement des marchés de capitaux européens et l’attractivité de la Place de Paris ;
- Offrir à la Place un cadre propice à une finance innovante, à l’heure de l’intelligence artificielle ;
- Créer les conditions pour une Place toujours plus sûre et plus résiliente ;
- Accélérer notre transformation pour rester le pilier de confiance de la Place.
Premier engagement : favoriser le développement des marchés de capitaux européens et l’attractivité de la Place de Paris.
L’an dernier, devant vous, je formais le vœu que l’Union de l’épargne et de l’investissement devienne une réalité.
Aujourd’hui, le projet a franchi des étapes décisives, grâce à une mobilisation politique sans faille. Sur la titrisation tout d’abord, mais aussi sur l’innovation, avec des propositions de simplification du régime Pilote particulièrement bienvenues.
Au-delà, la Commission européenne a présenté le 5 décembre dernier une proposition globale et ambitieuse, que nous soutenons.
Je me réjouis que le projet présenté reprenne très largement des propositions portées par l’AMF : je pense notamment à l’extension des pouvoirs de supervision directe de l’ESMA, ou à l’introduction de la notion de groupe européen de sociétés de gestion, et d’un statut pour les infrastructures de marché pan-européennes.
Je sais que la supervision sera largement discutée. Il est pourtant évident qu’une supervision européenne moins fragmentée est essentielle pour renforcer la compétitivité de nos marchés. C’est aussi une condition nécessaire à la simplification des règlementations, que nous appelons tous de nos vœux, tout en cherchant le bon mode d’emploi. Notre système est aujourd’hui trop faiblement convergent, il crée des incertitudes sur l’application des règles et incite le législateur européen à vouloir tout traiter par les textes.
L’AMF continuera à soutenir ces évolutions avec discernement et conviction.
J’ai déjà eu l’occasion de le dire, l’Union de l’épargne et de l’investissement est indispensable pour que l’Europe ait les moyens de ses choix politiques.
Il est existentiel pour la souveraineté financière de l’Europe, et plus indispensable que jamais dans le contexte géostratégique actuel. C’est le grand projet de notre génération en matière financière, comme le fut en son temps le passage à la monnaie unique.
J’en appelle donc à la mobilisation de chacun, pour porter l’ambition de ce projet. Le chemin n’est pas simple. Il faut dépasser les craintes, affirmer nos convictions et prendre nos responsabilités.
En portant une vision ambitieuse de l’Union de l’épargne et de l’investissement, Paris peut conforter sa position de Place financière de référence en Europe. Car ne l’oublions jamais, nous sommes un très grand pays financier.
L’attractivité de la Place de Paris doit rester une priorité collective. C’est le vœu que j’exprimais déjà en 2025, et que je réaffirme aujourd’hui. Même si le contexte reste complexe et les signaux parfois contradictoires, nous devons continuer à soutenir le développement de la Place financière, qui est un moteur essentiel du financement de notre économie. N’oublions pas que cet enjeu a été porté depuis de nombreuses années, sur la base d’un large consensus politique, avec un grand succès.
Soyons lucides : 2025 n’a pas été une année simple pour nos marchés boursiers dont la performance est en retrait par rapport aux autres places, y compris européennes. Pour autant, la hausse du CAC40 a atteint plus de 10 %, ce qui reste très attractif.
Les investisseurs ne s’y trompent pas. Les intentions d’investissement en bourse sont plus élevées que jamais, et atteignent aujourd’hui 35 %, selon notre dernier baromètre de l’épargne et de l’investissement.
Les évolutions structurelles qui modifient profondément le financement des entreprises et la compétition entre marchés se poursuivent.
L’attrition de la cote se manifeste particulièrement en Europe et en France. Les États-Unis continuent de creuser l’écart.
Ces dernières années, l’AMF a démontré sa capacité à soutenir l’attractivité de la Place, qui est l’un de nos grands objectifs stratégiques. Nous le faisons en défendant la vision française d’une finance intègre, résiliente et compétitive, attentive aux investisseurs et utile au financement de l’économie réelle.
Nous tenons notre engagement de ne plus surtransposer les textes européens. Nous avons simplifié, modernisé et ouvert de nouveaux chantiers.
En matière de gestion d’actifs, nous poursuivrons en 2026 les travaux sur la modernisation de la gamme nationale de fonds d’investissement et la compétitivité du cadre des sociétés de gestion.
Pour les émetteurs, plusieurs mesures ont été prises en 2025 pour faciliter les introductions en bourse, sur la base des recommandations du Forum IPO de Paris Europlace. En 2026, nous conduirons une revue de notre doctrine pour intégrer les simplifications issues du Listing Act européen.
Notre ambition repose également sur un pilier fondamental de la Place de Paris : la finance durable.
Dans une période de simplification, indispensable, des normes européennes, notre approche est claire : simplifier, sans renoncer aux objectifs fondamentaux. C’est ce que nous avons fait en 2025, avec l’ACPR, en facilitant l’application des préférences de durabilité. Ce sera encore notre approche en 2026.
Nous nous étions engagés à accompagner avec pragmatisme et compréhension la mise en œuvre de CSRD par les grandes sociétés cotées. Je tiens à saluer leurs efforts.
La bonne gouvernance des sociétés cotées est un facteur clé de confiance et d’attractivité. Plus largement, la transparence, l’égalité de traitement des actionnaires et la prise en compte des intérêts des actionnaires minoritaires, constituent des objectifs forts pour l’AMF. C’est pourquoi nous plaidons pour que l’ensemble des parties prenantes soit consulté lors des modifications du code de gouvernement d’entreprise.
En 2026, l’AMF – qui est l’autorité compétente pour la mise en œuvre de la Directive « Women on Boards », publiera pour la 1ère fois son rapport sur la représentation des femmes et des hommes dans les conseils des sociétés cotées. Compte tenu de son impact démontré sur la performance des entreprises, la mixité des instances dirigeantes est un sujet sur lequel les investisseurs et les actionnaires doivent se pencher, et nous les y aiderons.
Partout où elle le peut, l’AMF questionne et modernise ses textes et pratiques. Mais beaucoup d’éléments relèvent du législateur, et la compétition est féroce en Europe. C’est pourquoi je forme le vœu que nous ayons l’opportunité de poursuivre la modernisation de notre droit financier. Nous ne devons pas nous interdire de réfléchir à une nouvelle loi favorisant son attractivité.
2ème engagement : Offrir à la Place un cadre propice à une finance innovante, à l’heure de l’intelligence artificielle.
Le rôle du régulateur est clair : offrir un cadre exigeant et lisible, protecteur, et favorable au développement des projets.
- C’est notre objectif dans le domaine des crypto-actifs. Nous avons fait évoluer en 2025 notre doctrine sur les produits complexes, afin de permettre le développement en France des produits financiers indexés sur des crypto-actifs, dans un cadre sécurisé et protecteur pour les investisseurs. Nous accompagnons la mise en œuvre du règlement européen MiCA. En 2025, nous avons délivré 11 agréments et, à l’approche de la fin de la période transitoire, le 30 juin prochain, j’appelle l’ensemble des acteurs à l’anticiper activement.
A l’échelle européenne, malgré les efforts considérables de coordination de l’ESMA, l’instruction des premiers dossiers a révélé des possibilités de « shopping réglementaire » à haut risque pour les investisseurs. Nous avons donc appelé sans relâche à modifier MiCA pour donner à l’ESMA un rôle de supervision directe des acteurs globaux. Et je me félicite que cela figure dans les propositions de la Commission. - Après plusieurs années d’interrogations, il est de plus en plus clair que la tokenisation constitue un levier d’innovation majeure pour les marchés de capitaux. Il lui faut donc un cadre clair et propice. C’est vrai au niveau européen, et nous nous réjouissons que nos propositions d’amélioration du régime Pilote soient reprises par la Commission.
Mais nous devons aussi avancer au niveau national. A cet effet, un groupe de haut niveau sera prochainement constitué par la Banque de France, la Direction générale du Trésor et l’AMF. - Dans cet univers d’innovation, l’intelligence artificielle est évidement au cœur de notre stratégie. 2026 marquera une année clé pour l’AMF dans ce domaine.
- Notre feuille de route sur l’IA sera finalisée en 2026.
- Nous publierons très prochainement une étude sur l’usage de l’intelligence artificielle par les acteurs des marchés financiers français.
Elle révèle que 90% des acteurs utilisent déjà l’IA ou ont prévu de se doter de l’IA à court terme, sur de multiples cas d’usage. Ses enseignements guideront nos orientations en matière de supervision.
Quatre axes structurent au total notre action sur l’IA : la modernisation de nos outils de régulation, l’accompagnement de l’innovation, la stabilité financière et la protection de l’investisseur.
Ceci m’amène naturellement à notre 3ème engagement : Créer les conditions pour une Place toujours plus sûre et toujours plus résiliente.
Dans un contexte marqué par la forte croissance de la finance non bancaire, la stabilité financière est devenue une mission centrale pour les régulateurs de marché. Vous le savez, l’AMF est très impliquée dans les travaux internationaux.
J’ai eu le plaisir d’accueillir à Paris à l’automne dernier, les régulateurs des 20 plus gros marchés financiers mondiaux, pour une réunion dédiée à la stabilité financière, et d’organiser à cette occasion une conférence internationale sur les enjeux de l’IA et de l’informatique quantique.
Ces réflexions internationales nous inspirent dans notre action nationale. A l’été 2025, l’AMF a ainsi lancé, avec la Banque de France, le premier test de résistance trans-sectoriel. Je tiens à remercier les 25 institutions financières qui ont accepté d’y participer.
La cybersécurité figure, pour des raisons évidentes, au premier rang des risques identifiés par tous les régulateurs. L’entrée en vigueur, en janvier 2025, du règlement européen DORA a créé en Europe un cadre précurseur. En 2026, l’AMF accompagnera les acteurs dans sa mise en œuvre et mènera des premiers contrôles.
Les évolutions technologiques bouleversent les pratiques des investisseurs. 11 % des épargnants utilisent déjà l’IA pour s’informer et orienter leurs décisions d’investissement. Cela nous conduit à adapter notre action de protection des épargnants, première des priorités de l’AMF. S’y ajoute la profonde évolution du paysage de l’épargne – avec la montée en puissance de nouveaux acteurs comme les brokers en ligne, de nouveaux produits comme les ETF, comme de nouveaux profils d’investisseurs. Il y aurait beaucoup de choses à dire sur nos actions de protection des épargnants, car dans ce domaine nous sommes sur tous les fronts.
L’adoption de la Retail Investment Strategy sera structurante pour notre action de protection des épargnants ; nous aurons l’occasion d’en reparler au cours de l’année.
Je tiens à évoquer la lutte contre les arnaques. Selon notre dernier baromètre de l’épargne, ce sont 16 % des Français qui déclarent avoir été victimes d’une escroquerie financière. Face à ce phénomène de société massif et préoccupant, les autorités doivent apporter une réponse ferme et résolue.
En 2026, en s’appuyant notamment sur le protocole signé fin 2025 avec la DGCCRF, l’AMF définira un plan d’actions renforcé contre les contenus illicites en ligne. C’est un axe difficile, qui ne concerne d’ailleurs pas que le monde financier, mais nous en faisons une de nos priorités clés pour 2026.
C’est pourquoi nous nous réjouissons des travaux engagés par le Gouvernement et des propositions de la mission Delaporte-Vojetta rendues publiques ce matin pour améliorer l’efficacité de l’action des autorités publiques contre les contenus illicites en ligne.
Nous avons aussi fait évoluer profondément nos actions d’éducation financière. Les enjeux liés à la « gamification » ou à l’exploitation des biais cognitifs ont été au cœur d’une campagne innovante, que nous avons lancée cette année à destination des jeunes investisseurs, et qui a rencontré une visibilité sans précédent, avec 43 millions d’impressions.
Enfin, dernier engagement : Accélérer notre propre transformation pour jouer tout notre rôle de pilier de confiance.
Cette transformation, nous l’avons engagée avec méthode et détermination. Elle a d’abord porté sur notre gestion interne. Dès mon arrivée à l’AMF, je me suis attachée à restaurer une trajectoire budgétaire saine, et à mettre en place une organisation interne plus résiliente.
Notre feuille de route, portée avec détermination par le Secrétaire général, Sébastien Raspiller, se fonde sur le rapport de la Cour des comptes dont je salue l’action.
Cette transformation est aussi celle de nos outils et d’un régulateur pragmatique et réactif.
Ainsi, au printemps 2025, dès le lancement des travaux gouvernementaux sur le financement de la base industrielle et technologique de défense, l’AMF a mis en place une procédure accélérée d’agrément des fonds d’investissement « défense », et renforcé sa coopération avec la Direction générale de l’armement. C’est cette capacité de réaction, fondée sur l’expertise et la responsabilité, que nous souhaitons renforcer.
La transformation de l’AMF est enfin celle de sa relation avec ses parties prenantes. Je m’y étais engagée devant vous dès ma prise de fonctions. L’enquête de perception, que nous menons désormais tous les ans, auprès des professionnels régulés – avec une note globale de 4,1 sur 5 cette année – montre une institution reconnue, respectée et utile. C’est également un engagement vis-à-vis des équipes : l’AMF se doit d’être un employeur attractif et nous mettons tout en œuvre pour nous améliorer, y compris en poursuivant la modernisation de nos outils au travers de la feuille de route sur l’IA.
Notre ambition se traduit aussi par une volonté de renforcer la transparence et la prévisibilité de notre action. Nous rendrons plus visibles nos décisions et positions structurantes. Nous serons également attentifs à bien articuler la clarification de nos attentes sur la mise en œuvre des réglementations et nos différents moyens d’action, dont l’action répressive.
Pour assumer pleinement son rôle, l’AMF doit disposer de moyens à la hauteur de ses missions.
Sur proposition du Gouvernement, le législateur a renforcé nos moyens budgétaires et humains en 2025, reconnaissant ainsi notre rôle, nos efforts et nos besoins. Je leur exprime encore une fois toute ma reconnaissance.
Nous appelons désormais de nos vœux la définition d’un cadre budgétaire pluriannuel pérenne et adapté au rattrapage de nos moyens, conformément aux recommandations de la Cour des comptes.
Je souhaite pour finir évoquer nos outils juridiques. Depuis plusieurs années, nous travaillons à renforcer l’efficacité de notre politique répressive afin de mieux lutter contre les arnaques financières et les réseaux d’initiés. Ces réflexions ont permis de nourrir la proposition de loi visant à lutter contre la fraude financière et à renforcer la sécurité financière, déposée en septembre dernier, par le député Daniel Labaronne.
Je tiens à saluer l’écoute attentive des parlementaires et forme le vœu que l’ensemble de ces propositions puisse être adopté rapidement.
En conclusion, je voudrais tous nous inciter à être optimistes et volontaristes.
Nous ne devons nous résigner ni à la morosité, ni à la critique permanente, ni au déclinisme. La France est une grande puissance financière. C’est un élément essentiel de sa souveraineté. C’est le moment, pour nous tous, de nous engager pour la faire progresser et continuer à construire une Europe forte et libre. C’est ce à quoi l’AMF s’attachera à son niveau. Je forme le vœu que chacun reparte avec le même objectif.
Je vous souhaite à tous une très bonne année et vous remercie pour votre attention.

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