Nathalie Delbreuve – Directrice financière
20 mai 2026
Cuba a obtenu son indépendance le 20 mai 1902, mais l’île ne la célèbre pas. Voici pourquoi
20 mai 2026Analyse : Voici l'avis général de notre rédaction sur les faits présentés.
Un résumé concis de « comment les réseaux criminels préparent-ils leurs rapts ? – franceinfo » selon notre équipe.
Les éléments principaux
Publié
Mis à jour
Temps de lecture : 3min – vidéo : 3min
L’enquête du « 20 Heures » est consacrée à l’affaire d’enlèvement sur fond de cryptomonnaies, qui avait fait la une il y a un mois. Une mère et son fils avaient été enlevés à leur domicile dans l’Yonne, et retrouvés dans une chambre d’hôtel en région parisienne. Les six suspects, âgés de 17 à 20 ans, ont été arrêtés et mis en examen. Nous avons pu remonter toute la filière, qui nous emmène vers des commanditaires basés à l’étranger.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.
Une intervention du GIGN, à l’aube, dans un hôtel de Boissy-Saint-Léger (Val-de-Marne), en banlieue parisienne, en avril. C’est la fin de 24 heures de traque et la libération des otages. L’enquête du « 20 Heures » de France 2 vous dévoile, mercredi 20 mai, à travers des documents exclusifs, pourquoi le nombre de ces enlèvements liés à la cryptomonnaie explose, et pourquoi ils sont de plus en plus violents.
Dans cette affaire, on compte six ravisseurs, âgés de 17 à 20 ans, recrutés sur les réseaux sociaux. Leur cible se situe à Quarré-les-Tombes, un petit village perdu au cœur de l’Yonne. Il s’agit d’un couple avec un enfant qui vit dans une maison discrètement, comme l’a expliqué la victime aux enquêteurs. « J’étais maçon à mon compte. Il y a deux ans, je me suis lancé dans la cryptomonnaie. Je vis désormais des revenus de ma cryptomonnaie », a déclaré Franck T., victime de « cryptorapt ».
Le matin du 13 avril, les malfaiteurs passent à l’action. Cagoulés, armés, ils font irruption au domicile familial. Le père est neutralisé. Les agresseurs exigent 400 000 dollars en cryptomonnaie, mais l’argent n’est pas disponible dans l’immédiat. Alors, ils improvisent et décident d’enlever la femme et le fils de l’entrepreneur. Deux heures après, sur l’autoroute, le véhicule emprunté à la mère d’un des suspects tombe en panne d’essence. Ils appellent un dépanneur, qui les emmène jusqu’à une station-service.
Nous nous sommes procuré leurs images de vidéosurveillance : on voit l’un des ravisseurs en chasuble, et l’enfant de 11 ans à ses côtés. Il l’accompagne même jusqu’à la caisse de la station-service. La mère, elle, est enfermée dans le coffre de la voiture. « On est très loin de professionnels aguerris de la grande délinquance. En réalité, ce sont des amateurs, des tout jeunes, qui vont obéir à des directives plus ou moins fluctuantes qu’on leur donne. On tente de s’adapter aux situations totalement imprévues, et évidemment, on s’adapte très mal, on fait très mal les choses », explique Sarah Mauger-Poliak, avocate d’un suspect.
Deux cents kilomètres plus loin, ils enferment la mère et l’enfant dans une chambre d’hôtel. Le père recevra une photo envoyée depuis le téléphone d’un ravisseur, suivi du message : « T’en fais pas, ils vont bien ». C’est précisément ce numéro qui va permettre aux enquêteurs de les identifier. Le commanditaire, lui, a été localisé à Tanger, au Maroc, mais il est alors impossible de savoir qui se cache derrière son pseudonyme, « Pur-Sang ». Aucun des suspects ne l’a jamais rencontré : « J’ai été recruté par une annonce sur un groupe Telegram appelée ‘Travailler pour gagner de l’argent’, celui qui m’a proposé la mission se faisait appeler ‘Pur-Sang' », affirme un suspect.
Comment, depuis le Maroc, le commanditaire a-t-il pu identifier sa cible ? Selon nos informations, le nom de l’entrepreneur est apparu dans plusieurs fuites de données issues des sites de cryptomonnaies. Pour un expert, c’est souvent cette faille qu’utilisent les ravisseurs : « Les informations de cryptomonnaies sont finalement assez visibles sur internet. On va savoir le montant qu’il y a sur tel ou tel compte. Ce qu’on ne sait pas, c’est l’identité de la personne associée à ce compte. Mais en faisant des recoupements, en utilisant une fuite précédente, en regardant ce qu’il se passe sur les réseaux sociaux, les groupes criminels arrivent à recoller ces informations », précise Gérome Billois, expert en cybersécurité.
Les six suspects ont été incarcérés et mis en examen pour enlèvement et séquestration en bande organisée, et pour vol et extorsion avec arme. Des faits passibles de la réclusion à perpétuité.
Source : www.franceinfo.fr
Conclusion : Notre équipe continuera à suivre l'évolution de cette actualité.

9999999/2026/05/20/6a0e12910ab76170278349.jpg?w=1200&resize=1200,480&ssl=1)
