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21 mai 2026Analyse : Quelques observations de notre équipe sur cette actualité récente.
Notre rédaction partage son avis sur les points importants de « Comment la Chine pourrait tirer profit du malaise de Trump en Iran ».
Ce qu'il faut connaître
• La Chine, interlocuteur privilégié avec l’Iran, pourrait jouer un rôle clé dans la désescalade, renforçant sa position diplomatique.
• Malgré l’importance politique de la rencontre, peu d’annonces concrètes sont attendues selon les experts.
Donald Trump aurait préféré arriver à Pékin ce mercredi 13 mai en ayant déjà réglé la question de la guerre en Iran, mais les négociations piétinent. Si officiellement le sommet avec Xi Jinping prévu jusqu’au 15 mai doit porter sur les droits de douane, les tensions commerciales ou encore Taïwan, le conflit au Moyen-Orient sera sur toutes les lèvres. Cette fois, le président américain ne vient pas seulement en rival de la Chine, et cette dernière pourrait en tirer profit.
« Je m’attends à ce que le président fasse pression pour mettre fin à cette guerre en Iran », assure un responsable américain, selon BFMTV. Car Pékin, étant un interlocuteur privilégié entre les deux pays, est devenu un incontournable dans le dossier iranien. Comme l’avance le Washington Post, Donald Trump espère convaincre Xi Jinping d’utiliser son influence sur Téhéran afin de favoriser une désescalade régionale. Washington estime en effet que Pékin reste l’un des rares acteurs capables de parler directement au régime iranien, notamment en raison de ses liens économiques et énergétiques avec la République islamique.
« Trump se trouve dans une situation où il demande de l’aide au président chinois », a déclaré Dali Yang, professeur de sciences politiques à l’Université de Chicago, dans The Guardian. Exit la stratégie du rapport de force permanent : « Cela le place dans une position inhabituelle pour lui. »
Les droits de douane et Taïwan comme leviers ?
Cette dépendance américaine à une médiation chinoise pourrait donc offrir un levier inédit à Xi Jinping. Plusieurs observateurs estiment que Pékin pourrait chercher à utiliser le dossier iranien pour obtenir des concessions américaines sur d’autres sujets sensibles. Le commerce figure en tête de liste. Après des mois d’escalade douanière, les deux pays négocient actuellement une prolongation de leur fragile trêve commerciale.
Pékin tient à s’assurer que les droits de douane exorbitants annoncés par Trump l’an dernier, qui ont atteint jusqu’à 145 % avant que les deux parties ne concluent une trêve en octobre, ne soient pas rétablis. Reuters évoque notamment des discussions autour des achats chinois de produits agricoles américains et d’un possible allègement de certaines restrictions imposées par Washington.
Un autre sujet brûlant pourrait être mis sur la table : le cas de Taïwan. Pékin réclame depuis longtemps une réduction du soutien militaire américain à Taipei et critique régulièrement les ventes d’armes américaines à l’île. L’an dernier, le Congrès américain a approuvé un accord de vente d’armes d’une valeur de 11 milliards de dollars à Taïwan. Un projet bloqué par le département d’État avant le sommet Trump-Xi, mais que Pékin souhaiterait voir totalement annulé.
Lors d’un récent entretien téléphonique avec le secrétaire d’État américain Marco Rubio, le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi a déclaré que Taïwan représentait « le plus grand risque dans les relations sino-américaines », appelant à « ouvrir de nouvelles perspectives de coopération sino-américaine » concernant Taïwan. Xi Jinping pourrait donc demander un geste symbolique à Donald Trump, les décisions concrètes sur ce cas relevant du Congrès américain et non pas directement du président.
Peu de perspectives pour d’importants accords
Et le double discours tenu par Xi Jinping depuis le début de la guerre en Iran, entre tentatives d’apaisement et poursuite des ventes d’armes à l’Iran, ne rend pas la tâche facile aux Américains. En cas de compromis entre eux, il leur faudra donc espérer que l’un et l’autre tiennent parole.
La Chine cherche également à tirer profit de cette séquence sur le plan diplomatique. Pour Xi Jinping, le contexte actuel offre une occasion de renforcer cette image de puissance stabilisatrice qu’il tente de promouvoir depuis plusieurs années, au moment où les États-Unis apparaissent davantage absorbés par la gestion des crises successives au Moyen-Orient.
Cette dimension est d’autant plus importante que Pékin reste elle aussi vulnérable à une dégradation durable de la situation régionale. Car si « la Chine est bien mieux préparée que nombre d’alliés et de partenaires des États-Unis en Asie à faire face à une perturbation de courte durée du trafic commercial dans le détroit d’Ormuz, une perturbation prolongée s’avère bien plus problématique », assure Ali Wyne, conseiller principal à l’International Crisis Group.
Malgré l’importance politique de la rencontre, il y a peu d’espoirs de grandes annonces. « De part et d’autre, il existe un consensus sur l’importance de la stabilité des relations sino-américaines », a déclaré Henrietta Levin, chercheuse principale titulaire de la chaire Freeman d’études chinoises au Centre d’études stratégiques et internationales de Washington à Associated Press. « Une fois la question de la stabilité réglée, la perspective de l’avenir de cette relation se complexifie, et c’est pourquoi il est fort probable que cette réunion n’aboutisse à rien de concret. »
Si Donald Trump pourrait très probablement se féliciter d’un « échange constructif » sur ses réseaux sociaux à l’issue de cette réunion, comme à son habitude, ce rendez-vous ne pourrait finalement être qu’un début. À ce stade, les deux présidents doivent se revoir au G20 qui se tiendra en décembre à Miami.
Source : www.huffingtonpost.fr
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