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7 mars 2026Municipales 2026 : « Cette élection compte double », avoue Juan Martinez, maire de Bellegarde et président de la communauté de communes Beaucaire Terre d’Argence
Entre la ville de Bellegarde et le devenir de la communauté de communes de Beaucaire Terre d’Argence, Juan Martinez joue les dimanches 15 et 22 mars une élection aux multiples enjeux.
Nous sommes à un peu plus d’une semaine du premier tour du scrutin. Comment vivez-vous cette nouvelle campagne ?
La campagne se passe bien. Nous avons constitué une liste assez renouvelée pour y intégrer des personnes jeunes. Le programme a été diffusé, la liste acceptée par la préfecture. On est carré et fin prêts.
Il n’y a pas seulement la mairie de Bellegarde que vous jouez, mais aussi la présidence de la communauté de communes Beaucaire Terre d’Argence que visent clairement le maire de Beaucaire Nelson Chaudon et le Rassemblement national.
Ce n’est pas une nouveauté… Ils l’avaient déjà ans le viseur la dernière fois. Et c’est vrai que gérer la communauté de communes, c’est important pour l’ensemble du territoire, y compris Beaucaire, même s’ils aiment parce qu’ils aiment bien se victimiser. Quand on installe des entreprises, notamment comme Lidl, dans nos zones d’activités économiques, quand on vend du foncier, ce sont eux qui reçoivent la taxe foncière. Sur nos mandats, ils ont entre 600 et 800 000 euros tous les ans, en plus de ce qu’ils avaient. C’est plutôt pas mal. Mais la Comcom, elle se décide aussi dans toutes les communes, pas seulement Beaucaire. C’est ce que je trouve un peu déplorable dans cette campagne municipale, c’est que ce n’est pas Beaucaire contre le reste du monde. Juste le choix des électeurs. Mais bien sûr, il faut que chaque commune imagine que cette élection compte double.
Est-ce qu’aujourd’hui, une communauté de communes à cinq villes reste viable ou avez-vous une volonté d’agrandissement ?
Bien sûr qu’elle est viable. Et pour cause : après les agglomérations de Nîmes, Alès et Bagnols, on est la communauté de communes la plus peuplée. Et une de celles qui a le plus de ressources. Aujourd’hui, a une viabilité qui est une viabilité à long terme. Et on porte des compétences supplémentaires à celles obligatoires des communautés de communes, comme sur la santé et le numérique. On a par exemple fibré toutes nos zones d’activité et toutes nos entreprises en créant une fibre communautaire bien avant que la fibre départementale n’arrive jusque chez nous. Et ça ne nous empêche pas d’avoir des discussions avec les autres agglo, notamment sur les déchets où on veut créer un syndicat d’entente. Quant à nous agrandir, il faut que toutes les communes le souhaitent. Pour l’instant, on est gâté quand même. On a une dotation de solidarité communautaire de près de 2 millions d’euros qu’on reverse aux communes pour qu’elles puissent fonctionner et investir. Mon objectif premier, c’est de stabiliser la communauté de communes. Sans guerres inutiles. Parce que l’intérêt, c’est de porter des politiques publiques, de faire des aménagements et de créer de l’emploi.
« Je n’ai pas de lassitude. Bien au contraire, je suis déterminé »
Il y a au moins un sujet qui vous réunit avec le maire de Beaucaire Nelson Chaudon, c’est la lutte contre le projet de ligne à très haute tension entre Jonquières-Saint-Vincent et Fos-sur-Mer. Où en est-on ?
C’est porté par la préfecture de la région Paca. Aujourd’hui, ce dossier, avec les 50 ou 55 projets d’installation dans la zone de Fos-sur-Mer, était englobé dans ce qu’on appelle une Concertation nationale du débat public. Qui est terminée et a donné des résultats. Elle a dit d’ailleurs que cette ligne, chez nous en tout cas, allait apporter des difficultés majeures et qu’il fallait peut-être imaginer faire différemment. On attend aujourd’hui la décision du préfet Paca. C’est-à-dire qu’il signe la déclaration d’utilité publique. D’après ce que je sais, l’État veut aller vite dans ce dossier, parce qu’ils voulaient le concrétiser pour 2028. Mais ils se trompent, car même si la déclaration d’utilité publique est signée, on aura une opposition farouche là-dessus et on s’est préparé pour ça. On n’est pas contre la décarbonation, la réindustrialisation du site de Fos-sur-Mer. Mais ça ne peut pas se faire au détriment des territoires, notamment du Gard. On ne peut pas demander aux gens qui ne vont rien avoir de supporter tous les désagréments. On ira tous au combat.
Vous ne lâchez également collectivement le plan Rhône.
C’est un deuxième combat qui est important, la finalisation du plan Rhône. Dans ce plan Rhône qui a été écrit, qui a été adopté par tout le monde dans nos deux Régions Occitanie et Paca, on a fait les digues du Grand Rhône, ce qui est très bien, mais maintenant qu’il nous reste à faire les 16 kilomètres de chaque côté pour sécuriser le petit Rhône, l’État vient et nous dit qu’on en fera que 8. C’est scandaleux car on laisse 19 000 personnes sans protection. Cette sécurisation de tout le linéaire des 16 kilomètres de la rive droite est absolument indispensable. On ne peut pas entendre que l’État renie encore sa parole là-dessus. Et on est solidaires avec la rive gauche.
Quels autres projets portez-vous pour la CCBTA ?
D’intégration et d’installation économique. Pour l’instant, il y a deux zones d’activité qui sont en cours de réalisation sur Bellegarde. Sur Beaucaire, il nous reste un ou deux parcelles par là. On a un litige avec TotalEnergie qui, dès qu’il sera réglé, verra des entreprises s’installer. On a aussi un gros projet à Fourques, avec un le port, mais qui est lié à la digue du Petit Rhône. Car on faisait là une mutualisation entre les matériaux qu’on sortait pour créer le port et qui étaient en partie réutilisés pour faire les soubassements des digues. On attend plus que la signature du préfet et on est prêts à commencer. On a ensuite fait un gros travail sur les voies vertes avec 45 kilomètres réalisés sur ce dernier mandat. Mais on a d’autres projets, notamment sur l’itinéraire de la Voie domitienne. Ensuite, on poursuit le soutien à l’installation de médecins et professionnels de santé sur le territoire : on a été l’une des premières communautés communes à contractualiser, depuis déjà quatre ans, avec des étudiants en médecine dont on a financé les études. Deux se sont installés chez nous et deux autres sont en phase d’installation, dont un sur Beaucaire.
On parle beaucoup en ce moment de la désaffection de la fonction de maire, ce couteau suisse de la politique. C’est quelque chose que vous entendez ?
Je dis souvent que je suis un passionné, sinon je m’arrêterais. Je suis d’ailleurs admiratif des élus des petites communes. Ce sont des grands élus qui sacrifient leur famille, leur temps libre, et qui font souvent tout dans leur commune. C’est ceux qui vont ouvrir l’eau, balayer quand il y a quelque chose qui est tombé, ramasser les déchets sauvages que des barbares jettent dans la nature. Nous, on est des communes un peu plus structurées, on a tous les services en régie, du personnel. C’est pour ça aussi que je préfère une communauté de communes qui a une approche plus fine de son territoire qu’une grosse agglomération où un petit va disparaître dans la métropole. Donc non, je n’ai pas de lassitude. Bien au contraire, je suis déterminé.

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